L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    Boehringer Ingelheim France dresse un "bilan positif" de son accélérateur de start-up

    LYON (TICpharma) - Le président de Boehringer Ingelheim France, Jean Scheftsik de Szolnok, a dressé le 25 juin un premier "bilan positif" du programme d'accélération en e-santé du laboratoire, et annoncé le recrutement d'une nouvelle promotion de start-up dans le domaine de la santé humaine et animale.

    Le groupe pharmaceutique allemand a installé en janvier le programme d’accélération en santé digitale Synapse dans ses locaux lyonnais au sein du Biodistrict de Gerland, en partenariat avec le réseau d'incubateurs de start-up 1Kubator.

    L'objectif est de "ne pas se laisser surprendre par les disruptions de l'extérieur, mais de les accueillir" dans une perspective d'"acculturation" de l'entreprise à l'innovation en matière de numérique, d'accompagnement des jeunes pousses par des experts internes et du réseau 1Kubator, et de "codéveloppement de nouveaux écosystèmes", a expliqué le président de Boehringer Ingelheim France.

    Il s'agit aussi d'envisager des partenariats et d'aider les jeunes pousses à "accéder à des opportunités commerciales" en France et à l'international, a-t-il ajouté. Il a toutefois précisé que le groupe pharmaceutique n'a "pas vocation à acquérir les start-up accélérées".

    Le projet s'inscrit dans la stratégie de transformation digitale du groupe, qui s'est déjà concrétisée en 2017 à travers la création du laboratoire d'innovation "BI X" et par le fléchage de 50 millions d'euros d'investissement de son fonds Boehringer Ingelheim Venture Fund dans le digital.

    Depuis janvier, le programme Synapse a accueilli trois start-up des nouvelles technologies de la santé au sein d'un espace de 150 m² dans ses locaux lyonnais: Medeo, qui a développé un navigateur internet pour les professionnels de santé agrégeant différents outils numériques utilisés dans la pratique médicale, Lili Smart, spécialisée dans les outils d'assistance aux personnes accompagnant un proche en perte d'autonomie, et Tibot, conceptrice de robots d'assistance pour l'aviculture.

    "Le modèle fonctionne", s'est félicité Jean Scheftsik de Szolnok à l'occasion d'une conférence de presse sur le bilan des six premiers mois du programme. Il a pointé une "collaboration efficace" entre les porteurs de projet des start-up et la trentaine d'experts internes volontaires qui ont pu leur faire profiter d'expertises dans le domaine de la santé, du juridique, des ressources humaines ou de la gestion de projet.

    Il a également fait part de "l'expertise nécessaire" pour identifier les start-up à accélérer, qui doit "continuer à grandir" avec la poursuite du programme.
    Il a cité parmi les "points d'amélioration" de Synapse "l'identification plus rapide" d'experts en interne pour accompagner les jeunes pousses. "Chacun a besoin de comprendre quelle est la valeur ajoutée respective", ce qui nécessite de "se projeter dans l'avenir et dans des modes de développements qui ne sont pas les standards et les process classiques des entreprises de grande taille, assez structurées", a-t-il observé.

    Face à ces premiers constats, Boehringer Ingelheim a décidé de prolonger l'accompagnement des trois premières start-up de Synapse jusqu'en octobre. "Nous avons besoin d'un peu plus de temps pour mettre en place des projets et arriver à des objectifs réellement réalisés", a expliqué Jean Scheftsik de Szolnok.

    Nouvelle promotion

    Interrogé par TICpharma sur les critères de sélection des start-up, Alexandre Fourtoy, CEO et fondateur d'1Kubator, a expliqué que les candidats devaient "en général" disposer d'une preuve de concept (PoC), d'une preuve de marché, d'un "embryon de chiffre d'affaires" et "souvent d'un premier financement d'amorçage". "On est vraiment dans des objectifs de marché", a-t-il insisté.

    Après avoir été sélectionnées, les jeunes pousses signent avec le groupe pharmaceutique une "convention d'accélération" d'une période de six mois qui peut être prolongée jusqu'à six mois supplémentaires. L'objectif de Boehringer Ingelheim est d'accueillir six start-up par an au sein du programme Synapse. "On veut que Synapse devienne une référence en matière d'e-santé, et un réflexe de candidature pour toutes les start-up de la santé", a insisté Alexandre Fourtoy.

    En retour, les start-up s'engagent à respecter une "période d'exclusivité d'accord commercial" avec Boehringer Ingelheim, permettant au groupe d'avoir un "droit de préférence" en cas de discussions entre la jeune entreprise et un autre industriel, a précisé à TICpharma Frédéric Dimur, directeur digital open innovation chez Boehringer Ingelheim France.

    Une nouvelle promotion de trois start-up a déjà été sélectionnée pour intégrer le programme à compter de septembre. Il s'agit de Life Medical Control, société issue du CHU de Saint-Etienne ayant développé l'outil NeuroCoach pour le dépistage primaire de risque d'accident vasculaire cérébral (AVC), de SameSame, conceptrice de la solution de communication pour personnes aphasiques Gong, et d'Arioneo, spécialisée dans le développement d'outils d'analyse de la performance et de la santé des chevaux athlètes.

    Plus d'une centaine de candidatures avaient été reçues par le laboratoire allemand pour cette deuxième promotion.

    Réflexions sur un outil de financement

    Parmi les perspectives de développement de Synapse, Jean Scheftsik de Szolnok a cité l'ouverture du programme à l'international et la création d'un "réseau d'experts internationaux".

    Il a noté que pour certains projets, "la question du financement et de la poursuite de la coopération après l'accélération se pose".

    En matière de financement, Boehringer Ingelheim réfléchit actuellement à créer des "outils adaptés à la taille et à la maturité des start-up", en complément de son fonds d'investissement international. "On cherche à construire un outil qui puisse avoir une capacité d'accompagnement des partenaires avec des tickets entre 500.000 et 2 millions d'euros", a-t-il précisé.

    Boehringer Ingelheim a également créé un volet interne au programme Synapse intitulé "Synapse Challenge", proposant aux collaborateurs internes de proposer leurs idées d'innovation digitale. Un premier appel à projets a permis de recenser 94 idées, dont 3 seront accompagnées.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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