L’actualité numérique des industries de santé

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    Etudes

    Une étude pointe des lacunes dans les stratégies digitales des laboratoires

    PARIS (TICpharma) - Une étude réalisée par la société de conseil Roland Berger, présentée à la presse le 24 novembre, détaille les lacunes des stratégies digitales de l'industrie pharmaceutique, encore trop souvent focalisées sur la vente et le marketing.

    Intitulée "Comment les entreprises pharmaceutiques peuvent-elles prospérer dans un monde de la santé numérisé?", cette étude sonde le marché de la santé digitale, ses acteurs et leurs stratégies.

    Elle fait le constat d'une évolution du marché, initialement orienté BtoC (Business to Consumer) avec la commercialisation auprès du grand public d'objets connectés et d'applications mobiles de santé, vers le BtoB (Business to Business) et des partenariats "clés" noués entre acteurs de santé et entreprises spécialisées dans la technologie.

    Les services proposés se sont progressivement déplacés du bien-être vers la santé. Pour le cabinet Roland Berger, le secteur est ainsi en train de dépasser l'un des grands paradoxes de l'e-santé, qui s'est initialement adressée à un public technophile de digital natives attirés par les montres connectées et autres traqueurs d'activité, plutôt que de se concentrer sur les populations les plus à risque, dont les malades chroniques ou les personnes âgées, beaucoup moins enclines à utiliser ces nouvelles technologies.

    Sur ce marché marqué par la montée en puissance de nouveaux acteurs, GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft) et fournisseurs d'infrastructures informatiques en tête, les stratégies digitales des laboratoires pharmaceutiques souffrent selon le cabinet Roland Berger de "deux lacunes majeures".

    "La première est un manque de compréhension des objectifs numériques de l'entreprise, et la deuxième un échec à identifier et à quantifier la valeur des actions spécifiques menées grâce au digital", détaille l'étude.

    Pour le moment, la transformation numérique des laboratoires "concerne surtout le marketing et les ventes, car la technologie offre de nouveaux éléments de communication avec les patients et les prescripteurs, et qu'il existe de fortes contraintes sur les forces de vente", a souligné Julien Gautier, consultant chez Roland Berger.

    "Les laboratoires ont encore du mal à voir les enjeux sur d'autre partie de leur chaîne de valeur comme la supply chain et la logistique", a-t-il poursuivi.

    Organisation interne Ă  structurer

    "Pour certains, le digital se résume à donner des tablettes aux visiteurs médicaux", a regretté Patrick Biecheler, associé en charge du pôle Industrie pharmaceutique & Santé du cabinet.

    Interrogé sur les conseils donnés aux laboratoires pharmaceutiques pour mener à bien cette transformation, Patrick Biecheler a rappelé que "le digital [devait] être au service d'un objectif stratégique" et qu'il fallait appliquer les méthodes et outils du numérique "aux priorités fixées par le conseil d'administration", notamment pour résoudre des "irritants", ou "pain points".

    Il a également appelé à "être attentif à l'apport du digital en terme d'efficacité interne" du laboratoire.

    Remarquant que tous les laboratoires ne s'étaient pas encore dotés d'un Chief digital officer (CDO, directeur du numérique en français), Patrick Biecheler a mis l'accent sur l'impératif de "structurer son organisation pour répondre aux enjeux de la transformation numérique". Parmi les laboratoires les plus en avance sur leur stratégie digitale, il a cité MSD, Pfizer et Novartis.

    Marché porteur

    L'étude du cabinet Roland Berger évalue à 206 milliards de dollars le marché de la santé digitale en 2020, contre 79 milliards en 2015. Les revenus du secteur devraient progresser de 21% par an, soit sensiblement la même croissance que celle évaluée par Berg Insight sur la période 2009-2015.

    Les trois quarts de ces revenus seront absorbés par les fournisseurs d'équipements et de réseaux de communications, a estimé Patrick Biecheler.

    Evoquant les obstacles à la croissance du marché, il a cité le modèle économique des solutions de santé digitale, la multiplication des standards technologiques, le "scepticisme" des professionnels de santé qui s'inquiètent d'engager leur responsabilité avec ces nouveaux outils, et la réglementation "inadaptée".

    Il a toutefois noté parmi les éléments positifs le soutien de plus en plus affirmé des politiques pour soutenir la croissance de l'e-santé, notamment à travers le remboursement de certaines solutions, ou le lancement d'initiatives publiques à l'instar du programme de télésanté "3 millions lives" au Royaume-Uni.

    L'étude du cabinet de conseil stratégique Roland Berger (en anglais)

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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    Vos réactions

    • A

      Alain

      Il faudrait que les laboratoires se mettent sérieusement au digital.
      [Une page->http://www.magicien-magie.com/alsace.html] intéréssante à lire.
      Merci.

      07/02/2017 Ă  11:20

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