L’actualité numérique des industries de santé

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    Télésurveillance: plus de 21.000 patients inclus dans les expérimentations de financement

    PARIS (TICpharma) - "Plus de 21.000 patients" ont été inclus dans les expérimentations de financement des actes de télésurveillance du programme Etapes, dont "un peu plus de 18.000" pour le télésuivi des patients porteurs de prothèses cardiaques implantables, a indiqué la direction générale de l'offre de soins (DGOS) le 21 mai à l'occasion de la Paris Healthcare Week.

    Pour rappel, l’article 54 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2018 a reconduit le programme Etapes (Expérimentations de financement de la télémédecine pour l'amélioration des parcours en santé) pour une durée de quatre ans (2018-2022). Ces expérimentations portent sur cinq pathologies: l'insuffisance cardiaque, l'insuffisance rénale, l'insuffisance respiratoire, le diabète et la télésurveillance des prothèses cardiaques implantables.

    Leurs cahiers des charges ont été republiés au Journal officiel le 27 octobre 2018 . Ils précisent le cadre des expérimentations et les rémunérations prévues pour les professionnels de santé et les fournisseurs de solutions techniques de télésurveillance.

    Les inclusions de patients ont, elles, débuté au printemps 2018. Au mois de mai de la même année, la DGOS faisait état de "près de 1.000 patients" inclus.

    Un an après, "il y a plus de 21.000 patients télésurveillés dans le cadre du programme Etapes et plus de 60 fournisseurs de solutions techniques pour la télésurveillance ont été déclarés conformes par la DGOS", a indiqué le Dr Yann-Mael Le Douarin, conseiller médical télémédecine à la DGOS.

    Parmi ces patients, "plus de 18.000 sont porteurs de prothèses cardiaques implantables", a-t-il précisé.

    "Ces chiffres s'expliquent en partie par le fait que ces patients bénéficiaient déjà d'une télésurveillance par leur cardiologue avant la mise en place de ce programme. Leurs médecins n’ont eu qu’à les faire basculer dans le programme Etapes et se faire rémunérer pour une télésurveillance qu'ils réalisaient jusqu'alors gracieusement."

    "Les patients éligibles aux expérimentations dans cette catégorie sont ceux qui portent un défibrillateur automatique implantable ayant une fonction de télésurveillance ou un stimulateur cardiaque ayant également une fonction de télésurveillance", a rappelé le conseiller télémédecine de la DGOS.

    Dans le détail, les patients télésurveillés sont répartis de la façon suivante:

    • "une centaine" de patients dans la pathologie insuffisance rénale
    • "entre 150 et 200 patients" dans la pathologie insuffisance respiratoire
    • 400 patients télésurveillés dans la pathologie diabète
    • 1.500 patients inclus dans le programme dans la pathologie insuffisance cardiaque
    • "plus de 18.000 patients" télésurveillés sont porteurs d'une prothèse cardiaque implantable.

    "Les chiffres pour la télésurveillance dans l'insuffisance rénale peuvent paraître faibles mais ils s'expliquent: nous sommes face à des cas cliniques lourds, des patients dialysés, donc la mise en place de la télésurveillance pour cette pathologie prend nécessairement plus de temps. Concernant l'insuffisance respiratoire, les chiffres s'expliquent, eux, par la complexité de composer avec un autre acteur: le prestataire de soins à domicile qui installe les équipements. Là encore, cela demande plus de temps et une autre organisation", a justifié le Dr Le Douarin.

    Pas de nouveaux cahiers des charges d'ici 2022

    Interrogé sur la possibilité d'inclure de nouvelles pathologies au programme et la publication de nouveaux cahiers des charges d'ici la fin de l'expérimentation, en 2022, Yann-Maël Le Douarin a répondu par la négative.

    "Non, il n'y aura pas de nouveaux cahiers des charges car leur élaboration demande en moyenne un an et demi de travail. Cela n'aurait aucun sens puisque les expérimentations prennent fin en 2022", a-t-il précisé.

    "Tout notre investissement doit être mis dans le travail de sortie du programme pour préparer au mieux sa généralisation", a-t-il complété, soulignant que "plusieurs pistes sont déjà sur la table".

    "Nous avons plusieurs comités qui nous permettent de suivre la télémédecine de façon plus large, avec des fédérations, des ordres professionnels, des médecins, et nous avons également un comité stratégique de filière avec les industriels qui nous font remonter certaines questions et avec lesquels nous travaillons sur certains blocages qui peuvent poser problème."

    Pour développer la télésurveillance, le Dr Le Douarin a rappelé que "les acteurs doivent comprendre l’intérêt d’y participer". "Comme toute évolution, tant que nous n'y sommes pas acculturés [au numérique, ndlr], nous n'y allons pas. Il faut également travailler sur la coordination des différents acteurs."

    Cette coordination passe notamment par l'interopérabilité des systèmes d'information.

    "C'est aussi une des raisons pour lesquelles nous avons prolongé le programme Etapes. L'interopérabilité peut permettre au médecin d'être un acteur-clé de la télésurveillance. Elle permettrait déjà aux professionnels de se parler plus facilement et d'avoir accès aux informations qu'ils recherchent", a conclu le conseiller télémédecine de la DGOS.

    "Besoin d'accompagnement" des établissements

    Au 27 mai 2019, plus de 70 solutions techniques avaient été déclarées conformes au cadre réglementaire de la télésurveillance par la DGOS.

    Le programme Chronic Care Connect d'Air Liquide Healthcare a été choisi par "plus de 100 médecins libéraux et établissements de santé" pour la télésurveillance de l'insuffisance cardiaque, de l'insuffisance respiratoire et du diabète, a indiqué l'entreprise lors de la Paris Healthcare Week.

    Ce programme fait appel à des algorithmes analysant en temps réel les données issues de plusieurs dispositifs connectés, comme une balance ou un glucomètre, ainsi que les réponses des patients à des questionnaires de santé pour générer des alertes auprès des infirmiers chargés du télésuivi.

    Il est aujourd'hui utilisé par "plus de 1.000 patients" dans les trois pathologies couvertes, a précisé Air Liquide.

    La société Satelia, spécialisée dans le télésuivi en cardiologie, a pour sa part indiqué à TICpharma avoir atteint "une cinquantaine" de centres de santé équipés (CHU, centres hospitaliers -CH-, cliniques et cabinets), et "400 patients" inclus dans le programme.

    L'éditeur TMM Software, qui fournit l'outil apTeleCare dans quatre pathologies (insuffisance cardiaque, respiratoire, rénale et diabète), a notamment signé des conventions avec les CHU de Saint-Etienne et de Reims et l'hôpital Henri-Mondor (AP-HP, Paris), et permet actuellement le télésuivi de 190 patients, avec un objectif d'atteindre 8.400 en 2019.

    Dans une étude présentée à la Paris Healthcare Week, l'éditeur constate plusieurs freins au déploiement de la télésurveillance, dont un "manque de connaissance" du programme Etapes par les équipes hospitalières, une crainte de déploiements techniques "chronophages" et "un besoin d'accompagnement pour le volet administratif".

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com
    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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