L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Politique

    Mounir Mahjoubi quitte le gouvernement

    PARIS (TICpharma) - Secrétaire d'Etat chargé du numérique depuis mai 2017, Mounir Mahjoubi a quitté le gouvernement le 27 mars, a annoncé l'Elysée dans un communiqué.

    "Sur proposition du premier ministre, le président de la République, Emmanuel Macron, a mis fin aux fonctions de Nathalie Loiseau, ministre chargée des affaires européennes, de Benjamin Griveaux, secrétaire d'Etat auprès du premier ministre, porte-parole du gouvernement et de Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l’économie et des finances et du ministre de l’action et des comptes publics, chargé du numérique", peut-on lire dans le communiqué de l'Elysée.

    Nathalie Loiseau va piloter la liste La République en marche (LREM) pour les élections européennes du 26 mai prochain, tandis que Benjamin Griveaux et Mounir Mahjoubi sont tous deux candidats à l’investiture LREM pour briguer la mairie de Paris lors des élections municipales du printemps 2020.

    Agé de 35 ans, Mounir Mahjoubi avait été nommé secrétaire d’Etat chargé du numérique lors de l’alternance gouvernementale de mai 2017. Il était d'abord rattaché au premier ministre, Edouard Philippe, avant de rejoindre Bercy lors du remaniement d'octobre 2018.

    A la tête du secrétariat d’Etat au numérique, il a notamment bouclé un "tour de France des start-up" pour accompagner la croissance des jeunes pousses et favoriser le rayonnement de la French Tech. Aux côtés de Cédric Villani, député LREM de l’Essonne (et également candidat déclaré à l’investiture pour la mairie de Paris) et du ministre de l’économies et des finances, Bruno Le Maire, il a aussi porté la stratégie tricolore pour "faire de la France, un champion de l’IA", un domaine dans lequel la santé est en pole position.

    Un profil de startupper

    Diplômé en droit des affaires à l'université Paris-I et de finance à l'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, l’ex-secrétaire d’Etat a notamment été technicien à Club Internet les fins de semaine entre 2002 -soit à 16 ans- et 2007 et a souvent confié aux journaliste qu'il y passait ses "nuits à coder".

    De 2006 à 2007, il a été directeur général de FairSense, une société spécialisée dans la vente en ligne d'autocollants qui a été, selon son propre commentaire, sa "première start-up ratée". Après quelques mois chez L'Oréal, il a cofondé l'agence de communication et d'innovation Mounir & Simon, à la tête de laquelle il est resté de 2009 à 2012.

    En 2010, Mounir Mahjoubi a cofondé "La Ruche qui dit oui!", un réseau de communautés d'achat direct aux producteurs locaux de produits alimentaires. Il a rejoint l'agence de publicité BETC Digital en 2012 et en est devenu directeur général adjoint en 2014. Deux ans plus tard, il a été nommé président du Conseil national du numérique (CNNum), qu'il a quitté en février 2017 pour piloter la campagne numérique d’Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence de la République.

    Il a été élu député du XIXème arrondissement de Paris en juin 2017.

    Selon Le Journal du dimanche (JDD), Mounir Mahjoubi s'était attiré les foudres de l'Elysée, de Matignon et de Bercy en contredisant la ligne politique du gouvernement sur la taxation des géants du numérique. Il lui aurait également été reproché de consacrer trop de temps à la mairie de Paris et pas assez à ses dossiers.

    Deux noms sont évoqués pour lui succéder: Aurélie Jean, docteur en sciences, experte en mathématiques appliquées et en code informatique et entrepreneure, et Paula Forteza, députée LREM de la 2ème circonscription des Français à l’étranger et chantre de l’open data.

    Le remaniement est attendu "d’ici à lundi [1er avril]", d’après l’exécutif.

    Un dernier tour de piste au forum Data & Santé

    Mounir Mahjoubi s'est exprimé une dernière fois sur la santé numérique le 26 mars lors de la première édition du forum Data & Santé, à Paris.

    L'événement a réuni à la Maison de la Chimie des parlementaires, institutionnels, experts et représentants d'entreprises, autour de plusieurs débats sur les enjeux des grandes plateformes de données de santé et de l'utilisation de ces données pour la médecine.

    Dans son allocution, Mounir Mahjoubi a rappelé que les données de santé étaient un élément "crucial" du plan national pour l'intelligence artificielle (IA), présenté par l'exécutif en mars 2018 avec pour objectif de faire de l'Hexagone "un pays leader sur l'IA".

    Dans le domaine de la santé, "la France doit être à l'avant-garde" car ces données représentent "des opportunités d'innovations radicales", a appuyé le désormais ex-secrétaire d'Etat, tout en reconnaissant des "freins organisationnels et culturels très complexes" autour de leur utilisation.

    "Il s'agit de trouver le bon équilibre entre des données qui doivent être mises au service du plus grand nombre et le respect absolu et essentiel de l'éthique", a-t-il poursuivi.

    Il a fait référence aux dispositions du projet de loi relatif à l'organisation et à la transformation du système de santé, et à son "grand volet numérique" qui crée notamment le Health Data Hub.

    Cet "écosystème dynamique et innovant autour de la donnée de santé doit nous permettre de nous positionner sur le devant de la scène mondiale en la matière", a appuyé Mounir Mahjoubi.

    "Il s'agit de permettre à tous les acteurs de mutualiser des données dans des conditions de sécurité maximales, et de les rendre accessibles aux experts médicaux et scientifiques français" pour mener des missions de sécurité sanitaire et développer "une médecine de plus en plus personnalisée" a-t-il expliqué.

    Il a alerté sur le fait que "ne pas utiliser ce patrimoine collectif" revient à "amoindrir l'offre de soins pour les patients" et à "nous empêcher d'innover et d'aller vers le progrès".

    Pour celui qui était alors encore secrétaire d'Etat, les acteurs privés ont "un rôle central à jouer" dans l'accès aux données de santé.

    La mutualisation des données "n'est pas une perte de valeur pour l'entreprise, bien au contraire", a-t-il relevé. Il a cité l'exemple des secteurs de l'environnement, de l'énergie et des transports, dont les données, lorsqu'elles sont partagées, "créent plus de valeur collective".

    "Que les acteurs soient publics ou privés, si le cadre de confiance et de responsabilité est respecté, alors c'est plus de services pour les citoyens, plus d'innovations pour la France. Si chaque acteur fait cet effort, nous aurons rapidement des champions dans le domaine de l'e-santé", a-t-il noté.

    Soulignant que le niveau européen est le "bon échelon" pour déployer une stratégie "ambitieuse" d'innovation par la donnée, Mounir Mahjoubi a formulé trois propositions afin d'y parvenir: "permettre le partage et la mutualisation de données dites d'intérêt général" en Europe, "créer une véritable économie européenne de la donnée en aidant les entreprises à s'orienter vers de nouveaux modèles d'affaires" et "encourager l'interopérabilité des services pour éviter le verrouillage des marchés".

    Des propositions qui vont finir sur le bureau de son successeur?

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com
    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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    Politique

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