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    Innovations

    Janssen utilise la réalité virtuelle pour sensibiliser aux symptômes de la schizophrénie

    PARIS (TICpharma) - Les laboratoires Janssen (groupe Johnson & Johnson) ont développé avec l'aide de psychiatres une expérience de réalité virtuelle afin d'aider les professionnels de santé et les personnels soignants à s'immerger dans le quotidien des patients atteints de schizophrénie et de mieux comprendre leurs symptômes.

    La simulation fonctionne avec le casque de réalité virtuelle Oculus Gear, un casque audio et une application mobile contenant trois scènes de la vie quotidienne imaginées par les psychiatres pour se mettre dans la peau d'une personne schizophrène.

    D'une durée totale d'un peu plus de cinq minutes, l'expérience immerge l'utilisateur au domicile du patient, dans un bus puis au guichet d'une médiathèque.

    Pour chacune de ces situations, des indices visuels et sonores permettent d'appréhender les symptômes de la maladie.

    A son domicile, le patient peine à ranger le bazar qui traîne dans son salon et le présentateur du journal à la télévision semble s'adresser à lui pour le culpabiliser. Dans les transports en commun, le regard des autres passagers est oppressant et des hallucinations auditives donnent l'impression d'être jugé en permanence. A la médiathèque, ce sont des difficultés de communication avec la personne à l'accueil, et toujours l'impression d'être observé, qui traduisent les effets de la maladie psychique.

    Images de la simulation développée par Janssen

    "En écrivant ces trois scénarios je voulais faire de la pédagogie sur quelques éléments cardinaux de la maladie: la désorganisation de la pensée, la difficulté d'interaction sociale, les phénomènes de surinterprétation qui font naître la paranoïa", a expliqué à TICpharma le Dr David Travers, psychiatre au CHU de Rennes ayant travaillé avec Janssen sur le projet.

    Si la technologie a permis d'appuyer l'aspect immersif de l'expérience, elle est aussi arrivée avec son lot de contraintes. Le Dr David Travers explique ainsi avoir dû "s'adapter au casque de réalité virtuelle", notamment en limitant les déplacements du personnage qui peuvent "entraîner une sensation de mal au cœur" chez le porteur du casque.

    Reste que la réalité virtuelle est un outil supplémentaire pour "déstigmatiser la schizophrénie", comme l'a souligné Sophie Bouju, directrice médicale neurosciences chez Janssen.

    "La technologie immersive est un plus qui nous permet d'approcher au plus près le quotidien de certains patients", a-t-elle soutenu, faisant la comparaison avec des outils plus datés comme l'enregistrement d'exemples d'hallucinations auditives sur des cassettes audio.

    Un apport pour les aidants

    "Le premier objectif était de sensibiliser les professionnels de santé sur les symptômes les plus saillants de la schizophrénie. Nous avons fait plusieurs démonstrations à l'occasion de la dernière journée mondiale de la santé mentale, et lors de congrès de psychiatres, d'infirmiers et de personnels soignants au sens large", a détaillé Sophie Bouju.

    Au-delà des professionnels, l'expérience de la réalité virtuelle a provoqué l'intérêt des associations de patients et d'aidants comme l'Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam).

    "Une famille n'est jamais préparée à être confrontée à la maladie psychique qui est un handicap invisible, donc difficile à appréhender. Elle vit la plupart du temps la schizophrénie à travers des moments de crise. C'est là que l'expérience de réalité virtuelle permet d'apporter un autre regard sur le malade que celui de la violence", a témoigné Marie-Jeanne Richard, membre du comité scientifique de l'Unafam.

    "Cela peut permettre de sortir du déni ou de la colère parfois provoquée par la maladie chez les proches et de surmonter les problèmes de communication", a-t-elle ajouté.

    "Grille de lecture médicale"

    Cette sensibilisation est un aspect essentiel dans l'accompagnement des patients car l'incompréhension de l'entourage "contribue à leur exclusion et les maintient dans un cercle vicieux où le malaise social alimente le stress, l'angoisse et les difficultés à communiquer", a abondé le Dr David Travers.

    Tout comme Sophie Bouju du laboratoire Janssen et l'Unafam, ce dernier insiste sur la nécessaire présence d'un professionnel de santé lors de la simulation pour "mettre en perspective" l'expérience permise par la réalité virtuelle.

    "Il faut donner une grille de lecture médicale, expliquer que ces scènes de vie ne sont pas forcément le quotidien des patients mais qu'elles représentent les principaux symptômes vécus dans les phases aiguës de la maladie", a-t-il soutenu.

    Développé en collaboration avec la société Serious Factory, éditrice de simulateurs 3D immersifs, la simulation de Janssen complète une série d'outils consacrés à la prise en charge de la schizophrénie tel que le serious game "E-schizophrénia" permettant de simuler une consultation virtuelle afin de former les psychiatres.

    Les laboratoires Janssen ont aussi ouvert un site internet à destination des patients schizophrènes et de leur entourage, une page Facebook et un DVD pédagogique a été édité pour aider les jeunes patients à comprendre la maladie.

    On estime à 600.000 le nombre de personnes atteintes de schizophrénie en France. Les neurosciences font partie des cinq domaines thérapeutiques couverts par Janssen avec l'immunologie, les maladies cardiovasculaires et troubles métaboliques, les maladies infectieuses et les vaccins, et l'onco-hématologie.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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    Vos réactions

    • l

      linda

      c'estde vouloir faire comprendre aux gens ce qu'est la schizophrénie mais les famille ont besoin d'aide aux soins et surtout de vrais suivies soignons les malades avant de vouloir expliqué ce qu'ils ressentent

      02/12/2016 à 09:24

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