L’actualité numérique des industries de santé

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    Comment Janssen investit dans l’IA pour accélérer sa transformation numérique

    PARIS (TICpharma) - Datathon, chatbot, intelligence artificielle (IA), réalité virtuelle... Janssen France (groupe Johnson & Johnson) prend le virage de la transformation numérique avec l’objectif de "créer de la valeur en partant des besoins des professionnels et des patients", ont expliqué à TICpharma Céline Chevrier, directrice du centre d’excellence data et digital du laboratoire, et Vincent Perrin, directeur de la stratégie clients.

    Ce virage a tout particulièrement été mis en avant le 19 mars à l'occasion de la présentation à Paris de Janssen Window, un programme qui propose de visiter "les coulisses du circuit d’un médicament", de sa conception à sa distribution, via un casque de réalité virtuelle (VR) Oculus Go.

    Si l’objectif affiché de la filiale de Johnson & Johnson (J&J) spécialisée dans la pharma est "de faire preuve de plus transparence", a expliqué Céline Chevrier, il s’agit aussi de "de faire prendre conscience de la complexité du parcours d’un médicament et de répondre aux questions des professionnels et pharmaciens", a complété Vincent Perrin.

    C’est la deuxième fois que Janssen utilise la VR, après le lancement en novembre 2016 de son SchizoLab.

    L’expérience de réalité virtuelle consistait alors à aider les professionnels de santé et les personnels soignants en leur proposant de s'immerger dans le quotidien des patients atteints de schizophrénie et de mieux comprendre leurs symptômes. Une deuxième version de ce "lab" a d’ailleurs vu le jour début mars 2019.

    Selon Céline Chevrier, Janssen a amorcé son virage numérique "il y a trois ans". "Ce virage a été suivi d’une réflexion assez intense pour définir la feuille de route. Concrètement, la transformation au sein des équipes se fait, elle, depuis un an", a-t-elle indiqué.

    Preuve de l’intérêt de la société pour le numérique, les équipes dédiées aux questions digitales ont été triplées en peu de temps. "Il y a un an, le comité de direction de Janssen a choisi d’accélérer et d’investir davantage, en termes de moyens et de ressources humaines. Par exemple, en un an et demi, l’équipe de Céline Chevrier est passée de 4 à 17 personnes", a illustré Vincent Perrin.

    La transformation numérique de l’entreprise a ainsi mené à "une intégration de compétences digitales au sein de toutes les équipes: marketing, business units, médicales ou encore réglementaires", a complété le directeur de la stratégie clients.

    Une offensive sur l’IA

    Pour mener à bien son projet de digitalisation, le laboratoire pharmaceutique mise largement sur l’IA.

    "Chez Janssen France, nous travaillons sur l’intégration des données pour faire, à terme, de la data science. Nous discutons avec plusieurs partenaires pour initier des projets embarquant de l’IA et nous organisons des événements sur le sujet", a énuméré Céline Chevrier.

    Plusieurs projets ont déjà été initiés. Ainsi, les 3 et 4 avril prochains, le laboratoire organise un datathon (marathon de la donnée, ndlr) "sur les parcours de soin", a précisé la directrice du centre d’excellence data et digital.

    Menée en partenariat avec le fonds Patient autonome de la banque publique Bpifrance, l’initiative doit permettre de mieux "évaluer et comprendre le potentiel du digital en termes d’acquisition de données". Pour cela, les participants -étudiants, patients, start-up, data scientists, ingénieurs etc.- devront répondre à des défis articulés autour de trois axes: data, objets connectés et algorithmes.

    L’IA se retrouve au cœur d’autres projets de Janssen.

    Ce dernier est notamment impliqué dans le projet de plateforme de données en oncologie mené par l'Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de la santé (Ariis) et l'Institut national du cancer (Inca) dans le cadre du nouveau contrat stratégique de filière industries et technologies de santé signé le 4 février.

    "200% d’augmentation" pour l’enveloppe digitale

    En attendant que l’IA maison de Janssen se développe, "les professionnels veulent des réponses immédiates à leurs questions", a rappelé Vincent Perrin.

    Pour cela, le laboratoire ne lésine pas sur les budgets. "Je ne peux pas communiquer les sommes allouées mais nous avons augmenter notre enveloppe digitale de 200% entre 2017 et 2019", a-t-il confié.

    Une explosion des budgets qui contribue notamment à boucler certains projets numériques déjà initiés. Un chatbot à destination des professionnels et pharmaciens est, par exemple, prévu "pour juin 2019", ont précisé Céline Chevrier et Vincent Perrin.

    Doté de machine learning (ou apprentissage automatique), l’assistant robotisé est développé avec la start-up Posos et doit permettre de répondre "le plus précisément possible aux questions posées par les professionnels sur les médicaments, à partir de sources de données fournies par Janssen", a expliqué la directrice du centre d’excellence data et digital.

    Par ailleurs, en octobre dernier, Janssen et la start-up Nouveal e-santé, spécialisée dans l’édition de logiciels en santé, se sont associés pour lancer Léa santé, une solution de télésurveillance à destination des patients atteints d’hémopathie maligne.

    Outre les développements numériques destinés aux professionnels, en interne, les lignes de production et la supply chain de Janssen connaissent aussi une digitalisation galopante, ont souligné les deux responsables de la société.

    "Il ne s’agit pas de faire du digital pour faire du digital ou de sortir la plus belle application mobile mais de partir des besoins des professionnels de santé pour créer de la valeur", a conclu Vincent Perrin.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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