L’actualité numérique des industries de santé

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    L'Ariis et l'Inca s’allient pour créer une plateforme de données en oncologie

    PARIS (TICpharma) - Dans le cadre du nouveau contrat stratégique de filière industries et technologies de santé signé le 4 février, l'Alliance pour la recherche et l’innovation des industries de la santé (Ariis) et l'Institut national du cancer (Inca) mènent conjointement un projet visant à créer une plateforme de données en oncologie, "futur outil de recherche publique et privée, compatible avec le Health Data Hub (HDH)", a expliqué à TICpharma Marco Fiorini, porteur du projet et secrétaire général de l’Ariis.

    Le nouveau contrat comprend 6 projets "structurants" pour le secteur, dont un volet entier est consacré à l’intelligence artificielle (IA).

    L'objectif est de créer et fédérer un écosystème autour de l’IA pour la recherche et la valorisation des données de santé.

    Pour cela, deux cas d’usage des données pour la médecine personnalisée et de précision ont été identifiés dans les domaines de l’oncologie et des maladies immuno-inflammatoires.

    Ils sont portés par les industriels et des institutionnels qui ont pour objectif de "créer des plateformes de convergence, pour la création de valeur à partir de données partagées".

    Le projet consacré à l’oncologie, porté par l’Ariis et l’Inca, vise à favoriser l’émergence d’une plateforme de données en oncologie "unique au monde, afin d’en faire un outil de recherche publique et privée, pour l’industrie et le soin", est-il précisé dans le CSF.

    "L’Inca mène un travail d’harmonisation de données de typologies diverses (données moléculaires, annotations cliniques, parcours de soins) depuis plus de dix ans. Cette diversité et ce volume de données joints sont une opportunité inégalée", s’est félicité Marco Fiorini.

    Pour valoriser ces données, plusieurs projets pilotes vont être initiés.

    Dans un premier temps, ces pilotes auront probablement des finalités simples: ils concerneront le suivi en vie réelle des patients, le chaînage de données pour affiner la personnalisation des traitements, l’enrichissement de cette plateforme par des données industrielles.

    Dans un second temps, des projets plus "complexes" verront le jour, notamment autour de la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques grâce à des biomarqueurs.

    "Dès son origine, cet outil est pensé comme un projet qui sera harmonisé à la démarche portée par le Health Data Hub", est-il rappelé dans le CSF.

    Un très large consortium

    Pour mener à bien ce projet, l’Ariis et l’Inca ont constitué un consortium large, composé de membres privés fondateurs, à savoir les laboratoires pharmaceutiques AbbVie, Amgen, Astra Zeneca, Boehringer Ingelheim, Bristol Myers Squibb (BMS), Guerbet, Institut Roche, Roche et Roche Diagnostics, Ipsen, Janssen (groupe Johnson & Johnson), Merck Sharp & Dohme, Merck KGaA, Novartis, Pfizer, Pierre Fabre, Sanofi et Servier.

    Le consortium est également formé d’industriels du numérique ou des données de santé, Dassault Systèmes, IQvia, Orange HealthCare, et de la mutuelle Malakoff Médéric Humanis.

    "Pour la valorisation des données produites à l’avenir, la qualité du dialogue entre l’industrie et l’Inca est aussi importante que la qualité des données. Je me félicite de ce consortium qui se met au service de la recherche en oncologie. Le cancer est le premier secteur dans le monde en termes d’investissements en recherche et développement (R&D)", a complété Marco Fiorini.

    Concrètement, les laboratoires pharmaceutiques partenaires de l’alliance vont "apporter leurs données, leur vision internationale, leur expertise et leurs questions".

    Une plateforme "livrable" d’ici 2021

    Le premier projet à "livrer", contenu dans le CSF, est la création d’une plateforme de données en oncologie compatible avec le Health Data Hub "entre 2019 et 2021".

    "Il s’agit de rendre effective la capacité de mener des analyses à travers une interface sécurisée. Ces analyses vont s’appuyer sur des sets de données progressivement disponibles", a indiqué le comité dans sa communication. La priorisation de projets pilotes et de la mise à disposition de sets de données qui en constituent l’assise analytique, sont à déterminer conjointement.

    Une première estimation des besoins financiers pour cette étape a été réalisée. Elle nécessiterait 7 millions € pour construire l’outil puis 2 millions € par an pour le fonctionnement de la plateforme.

    "Ces coûts seront ajustés en fonction des possibles mutualisations de moyens avec le deuxième use-case et l’initiative du Health Data Hub", est-il précisé.

    Pour le troisième trimestre 2020, le projet doit permettre de "faire émerger d’autres projets innovants permettant de converger vers l’environnement cible", précise le contrat de filière.

    Concrètement, des acteurs industriels pharmaceutiques, des technologies de l'information et des mutuelles vont proposer dans le cadre de la plateforme, des projets "preuve de concept". "Ces projets vont émerger, à travers un dialogue étroit entre les équipes de l’Inca et les industriels membres de l’initiative, puis priorisés à travers une gouvernance commune mise en place au niveau de l’Ariis et l’Inca", est-il indiqué dans le contrat.

    Le montant de ces projets doit encore être défini durant cette phase, avec le concours de l’Ariis.

    Valoriser la démarche à l’international

    A terme, le but affiché du projet et de "renforcer la cohérence et valoriser l’ensemble de cette démarche, en particulier à l’international", stipule le contrat.

    Pour y parvenir, les porteurs du projet ont imaginé d’abord "disposer, en routine, d’une option de versement des données industrielles à l’environnement Inca grâce à une clause acceptée par l’industrie pharmaceutique", et promouvoir l’utilisation des référentiels Inca auprès de l’industrie pour disposer des données publiques et privées interopérables.

    Enfin, l’objectif "à maturité" est de travailler à la promotion de cet environnement à l’international.

    "C’est un objectif réaliste grâce aux réseaux de l’ensemble des membres industriels impliqués, dont l’une des fonctions est de faire remonter aux centres de décisions globaux les opportunités d’investissement", est-il souligné dans le contrat.

    "C’est une initiative inégalée", a fait observer Marco Fiorini, qui voit également la possibilité d’y amener d’autres technologies comme la blockchain, en particulier autour des questions de consentement du patient.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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