L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Acteurs

    Novartis prédit une transformation du secteur pharmaceutique "dans les 10 ans" grâce à la blockchain

    VIENNE (TICpharma) - Alors que l'engouement pour la blockchain de la part des laboratoires pharmaceutiques ne fait plus aucun doute, Pascal Bouquet, directeur monde en charge de la technologie, de l’architecture et du numérique du laboratoire suisse Novartis, a jugé que la technologie "transformera le secteur pharmaceutique dans les 10 ans".

    Invité à s'exprimer lors des journées de la Drug Information Association (DIA), qui se sont tenues du 5 au 7 février à Vienne, Pascal Bouquet a vanté "l'architecture blockchain pour le stockage et les transactions de données".

    "La technologie présente des avantages pour de nombreux aspects du secteur de la santé, notamment pour la chaîne logistique, le développement clinique ou les données des patients", a plaidé le dirigeant de Novartis, cité par APM Health Europe (site d'information du groupe APM International, dont fait partie TICpharma).

    Il a néanmoins déploré "beaucoup de battage médiatique à propos de la blockchain", mieux connue jusqu'à présent pour ses apports dans le développement et le fonctionnement des crypto-monnaies telles que le Bitcoin, mais il a prédit une maturité de la technologie et de son utilisation "à grande échelle" dans "quatre ou cinq ans".

    "Je pense que nous sommes ou avons toujours été trop optimistes lorsque nous parlons de nouvelles technologies, mais nous minimisons probablement aussi leurs impacts finaux", a-t-il déclaré le 6 février face au public de la DIA à Vienne.

    "Nous commencerons à voir vraiment ce que signifie la blockchain et ses implications d'ici 2022 et dans 10 ans, nous aurons un modèle économique très différent. J'en suis convaincu."

    La blockchain: "un sport d'équipe"

    Expliquant le concept de blockchain, Pascal Bouquet a insisté sur le fait qu'il permettait aux systèmes d'intégrer des données provenant de sources disparates "sans créer de charge administrative supplémentaire", tout en assurant des transactions fiables et vérifiables entre les parties grâce au principe d'inaltérabilité et d'intégrité des données.

    Pour rappel, la blockchain consiste à inscrire dans une chaîne de blocs informatiques inaltérable toute transaction d'un objet numérique, et à la faire approuver de façon traçable et décentralisée par l'ensemble des acteurs membres de la chaîne, partout dans le monde.

    Alors que les investissements actuels s'élèveraient à environ 1,5 milliard de dollars et devraient atteindre 12 milliards de dollars d'ici 2022, "la blockchain en est encore à ses balbutiements", a souligné le responsable de Novartis.

    "Cela ne signifie pas que la technologie ne fonctionne pas, mais qu'elle n'est pas prête pour une utilisation massive", a-t-il expliqué. "Il est également difficile actuellement d'effectuer certaines opérations, telles que des demandes de modification et certaines mises à jour."

    Malgré ce manque de maturité, les industriels se sont emparés de la technologie et certains mettent en place des consortiums autour de la blockchain.

    "Neuf laboratoires pharmaceutiques se sont penchés sur la question: Bayer, Novartis, Novo Nordisk, AbbVie, UCB, Pfizer, Sanofi, Johnson & Johnson (J&J) et AstraZeneca se sont, par exemple, associés à des start-up, des régulateurs et des institutions pour créer un consortium autour de la blockchain en santé", a rappelé Pascal Bouquet.

    "Cette collaboration est nécessaire pour que le secteur puisse tirer le meilleur parti de la technologie. La blockchain est un sport d’équipe."

    "J'ai évoqué la dimension confiance et transparence de nos métiers et je pense, qu'aujourd'hui, nous y parvenons avec la blockchain. Elle pourrait aussi permettre des améliorations tout au long de la chaîne d'approvisionnement, notamment dans la gestion de la chaîne du froid, le suivi des produits et l'identification des contrefaçons", a souligné le dirigeant de Novartis.

    Les données en vie réelle et la progression de l'IA

    L’autre grand intérêt des sociétés pharmaceutiques pour la blockchain réside dans le potentiel qu'elle offre pour le stockage et l’accès aux données en vie réelle des patients.

    "La technologie pourrait éliminer les intermédiaires actuellement nécessaires", selon Pascal Bouquet, qui évoque même la création d'un "marché des données patients" qui permettrait de "fournir une solution sûre et sécurisée aux patients" et qui leur offrirait la possibilité de "monétiser leurs données" en les vendant aux laboratoires ou aux instituts de recherche afin d'accélérer la recherche médicale.

    Pour rappel, les données de santé sont des données à caractère personnel considérées comme sensibles. Elles font à ce titre l’objet d’une protection particulière par les textes réglementaires, qui interdisent en France toute "cession contre rémunération" des données de santé.

    Autre technologie favorable à l'essor de la blockchain: la progression de l'intelligence artificielle (IA).

    "L'IA va aussi stimuler le développement de la blockchain", a expliqué le dirigeant de Novartis, qui a aussi noté que les nouvelles solutions "ont tendance à être créées par une association de technologies".

    La puissance d'analyse de l'IA sera particulièrement utile compte tenu de "l'explosion de données" à venir. Ces données pourraient alors être stockées "en toute sécurité via la blockchain".

    La Rédaction
    redaction@ticpharma.com

    À suivre

    Sérialisation du médicament: une mise en œuvre "progressive" aux nombreux enjeux techniques

    Innovations

    CES 2019: les chatbots de WeFight s'étendent à la migraine, l'asthme et la dépression

    PARIS (TICpharma) - Après avoir développé Vik sein, un chatbot (ou agent conversationnel) qui répond aux questions des patientes atteintes d'un cancer du sein, la start-up WeFight annoncera en janvier au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas la sortie d'une version anglaise de l'outil, et son extension prochaine à d'autres pathologies comme la migraine, l'asthme et la dépression, a annoncé à TICpharma son directeur, Benoît Brouard.

    0 594

    Acteurs

    Coup d'arrêt pour la lentille mesurant la glycémie d'Alcon et Verily

    SAN FRANCISCO (TICpharma) - Verily (groupe Alphabet) a annoncé le 16 novembre sur son blog qu'il avait décidé de suspendre le développement d'une lentille de contact capable de mesurer la glycémie développée avec Alcon (groupe Novartis).

    0 428

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    4 + 8 =