L’actualité numérique des industries de santé

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    L'e-santé considérée comme une "priorité stratégique" par une majorité d'industriels

    PARIS (TICpharma) - Une étude internationale publiée le 28 janvier et menée par le cabinet d'avocats Simmons & Simmons révèle que 64% des décideurs et investisseurs des secteurs des technologies, de la santé et des sciences de la vie voient l'e-santé comme une "priorité stratégique".

    Cette étude conduite en octobre et novembre 2018 auprès de 441 représentants d'entreprises et investisseurs met en avant les principaux leviers stratégiques que ces acteurs souhaitent mettre en place pour "anticiper la révolution digitale de la santé et capitaliser sur sa valeur économique", détaille le cabinet Simmons & Simmons dans un communiqué.

    Son premier constat est celui d'un important intérêt des entreprises pour l'e-santé. Ainsi, 61% des répondants estiment que le numérique en santé va permettre de consolider l'industrie, et 52% pensent qu'elle va redéfinir les parts des marchés des grandes entreprises de la santé et des sciences de la vie. Une part un peu plus faible (40%) juge que ces technologies vont aussi avoir des impacts sur les modèles économiques.

    "On ne peut pas revenir sur l'essor du numérique. Ces technologies sont là et nous avons déjà vu dans d'autres secteurs ce qui arrive à ceux qui ne sont pas prêts à s'adapter", a observé Salah Mostafa, directeur juridique de Novartis Afrique du Nord-Moyen Orient, cité dans l'étude.

    Pour la grande majorité des personnes interrogées (83%), l'accent mis sur l'e-santé doit passer par des collaborations (partenariats, co-entreprises, alliances) pour "capter les opportunités de croissance".

    Elles citent également les investissements minoritaires (79%), les opérations de fusions-acquisitions (78%), le recrutement d'experts digitaux (70%) et le développement de capacités en interne (65%). Près de 63% des répondants indiquent vouloir augmenter leurs investissements dans l'e-santé d'ici trois ans.

    L'étude de Simmons & Simmons pointe toutefois la complexité grandissante des structures de collaboration entre différentes entreprises et acteurs du domaine de la santé et des technologies.

    Près des trois quarts des organisations interrogées (71%) ont déclaré qu'elles allaient augmenter leurs investissements dans des accords multipartites dans les trois prochaines années, et 64% sont à la recherche d'"opportunités intersectorielles". Cette proportion est particulièrement forte aux Pays-Bas (94%), en France (91%) et en Allemagne (74%).

    "La consolidation des partenariats intersectoriels et transfrontaliers ouvrira des perspectives importantes mais elle entraînera aussi de nouveaux défis et engendrera de nouveaux risques", a prévenu Alexandre Regniault, associé chez Simmons & Simmons.

    "Les organisations devront appliquer des stratégies adaptées et définir des processus clairs quand elles feront face aux matrices internationales de conformité et aux aspects critiques d'interculturalité. Ceux qui sauront relever ces défis seront les grands gagnants de l'e-santé", a-t-il observé.

    Plusieurs freins réglementaires et culturels

    Reste que ce type de collaborations se sont déjà développées ces dernières années, et que peu d'entre elles ont été réellement satisfaisantes. Selon l'étude du cabinet d'avocats, seuls 34% de ces partenariats ont atteint les objectifs fixés.

    Les freins identifiés par les personnes sondées sont le manque d'identification claire des technologies cibles du projet (24%), des informations caduques concernant les entreprises cibles (22%) et les problèmes de propriété intellectuelle (22%).

    "La gestion des données représente un frein majeur, car les entreprises ne trouvent de terrain d'entente ni quant à leur propriété, ni quant aux niveaux de protection qui doivent leur être accordés. Notre étude montre que 68% d'entre elles ne trouvent pas de partenaire à la hauteur de leurs exigences en termes de cybersécurité par exemple", a noté Christophe Fichet, associé chez Simmons & Simmons.

    Pour le cabinet d'avocats, la compréhension des enjeux liés à la réglementation sur la protection des données, à la responsabilité du fait des produits, à la propriété intellectuelle, à la gouvernance et aux problématiques culturelles sera essentielle à la réussite des collaborations, et donc aux retours sur investissement.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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