L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    L'"immobilisme étatique" en matière de numérique en santé pointé du doigt

    PARIS (TICpharma) - L'économiste Frédéric Bizard a fustigé "l'immobilisme étatique" en terme d'intégration du numérique dans le système de santé français à l'occasion des 4èmes assises de l'innovation thérapeutique organisées à Paris le 9 novembre.

    Intervenant sur le thème de l'"uberisation" de la santé, Frédéric Bizard, enseignant à Sciences Po Paris et à l'université Paris Descartes, a dressé un état des lieux très critique de la transformation numérique du système de santé.

    Il a introduit son propos en rappelant qu'un des impacts des technologies de l'information et de la communication (TIC) était l'avènement d'une "nouvelle nature du pouvoir", passant d'un pouvoir vertical et hiérarchisé à un pouvoir horizontal fonctionnant grâce à la force des réseaux.

    "L'indice de puissance de ce nouveau monde est la connectivité", a-t-il assuré, avant de pointer la "faiblesse" dans ce contexte d'un système de santé "compartimenté".

    Estimant qu'il y a "un cri d'alarme à tirer", Frédéric Bizard a pointé le retard pris par la France dans différents domaines du numérique en santé. A propos de la télémédecine, il a regretté que l'assurance maladie en soit encore au financement d'expérimentations "à l'heure de la généralisation et de la diffusion à outrance de cette technologie".

    Il a expliqué ce retard par l'absence d'un modèle de financement pérenne de la télémédecine dans le système de soins.

    L'économiste a déploré l'"archaïsme" des établissements de santé en matière d'équipement informatique, évoquant le cas d'un système d'information hospitalier (SIH) comprenant 200 logiciels différents dont aucun n'est interopérable. "Les services informatiques des soins de ville ne sont pas mieux", a-t-il ajouté.

    Concernant la numérisation des données de santé, Frédéric Bizard a pointé la lenteur de déploiement du dossier médical personnel (DMP), devenu partagé. "Notre capacité à récolter des données, à suivre nos performances, nos consommations de soins, est loin de ce qu'elle devrait être", a-t-il déclaré.

    Reconnaissant que les pôles d'excellence en numérique et en santé existent bel et bien sur le territoire français, il a relevé la difficulté à "rendre cette innovation systémique" et le risque de voir partir les pépites françaises à l'étranger en l'absence de modèle économique viable en France.

    "On étatise le soin là où il faudrait laisser les acteurs locaux agir. On étatise la santé publique mais on ne lui donne pas une vision. A mon avis, on fait exactement l'inverse de ce qu'il faut", a-t-il martelé.

    Sur l'"uberisation" des acteurs de santé, Frédéric Bizard a estimé que le risque de voir son activité captée par d'autres acteurs était plus fort "pour les professionnels dont l'activité n'est pas concentrée sur leur vraie valeur ajoutée". Il a cité les pharmaciens et les assureurs comme étant "en haut de la liste" des professions risquant d'être "uberisées".

    "Tant que le pharmacien aura son activité concentrée sur la distribution de boîtes de médicaments derrière un comptoir, ce que peut très bien faire Amazon, il n'y a pas de raison qu'il reste dans le système", a-t-il expliqué.

    "S'il devient avant tout un professionnel de santé prestataire de services qui s'occupe du maintien en bonne santé, de l'accompagnement des maladies chroniques, là il aura toute sa place", a-t-il poursuivi.

    Suivant cette même logique, Frédéric Bizard a reconnu l'existence de "sérieuses limites à la fois médicales et économiques" à l'"uberisation" des médecins.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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