L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2019: les technologies de neuromodulation comme réponse à la crise des opioïdes

    LAS VEGAS (Nevada) (TICpharma) - Des représentants d'Abbott, Medtronic et Boston Scientific ont pointé les progrès réalisés par les technologies de neuromodulation et leur intérêt pour répondre à la crise des opioïdes aux Etats-Unis, à l'occasion d'une conférence organisée dans le cadre du Consumer Electronics Show (CES), qui s'est tenu début janvier à Las Vegas.

    La North American Neuromodulation Society (Nans), association américaine contribuant à promouvoir les techniques de neuromodulation dans le traitement de plusieurs pathologies, a organisé mercredi 9 janvier un débat entre des représentants d'industriels de santé lors du Digital Health Summit, qui a eu lieu au sein du CES (lire dépêche du 21 décembre 2018).

    Le Dr Steven Falowski, neurochirurgien et secrétaire général de l'association, s'est dit "désarmé" de voir que les techniques de neuromodulation ne sont pas encore largement connues et répandues, alors qu'elles existent "depuis près de 50 ans". Il a toutefois constaté que plusieurs innovations technologiques récentes ont contribué à amorcer une nouvelle dynamique.

    Il a mis en avant l'intérêt de ces implants qui peuvent être greffés au niveau du cerveau ou de la moelle épinière et qui stimulent ou inhibent le système nerveux central (SNC), afin d'agir sur certaines pathologies comme les douleurs chroniques, les addictions ou la maladie de Parkinson.

    Un intérêt qu'il a mis en regard, dans le domaine des douleurs chroniques, à la crise américaine du mésusage des opioïdes, qui entraîne "près de 80.000 morts par an".

    "Les douleurs chroniques sont plus communément répandues que les maladies cardiovasculaires, les cancers et le diabète réunis", a-t-il observé.

    "Les opioïdes ont pendant trop longtemps constitué la solution rapide et largement prescrite pour répondre à la douleur", a poursuivi Matthew F.Thomas, vice-président de Medtronic, invité à débattre lors du Digital Health Summit.

    Interrogé sur les raisons de ce fossé entre la prescription d'opioïdes et le recours à la neuromodulation dans les douleurs chroniques, il l'a expliqué par "le manque de mesures objectives" de la douleur. Il a notamment souligné qu'un des principaux étalons utilisé pour évaluer la douleur, l'échelle visuelle analogique (EVA), est "très subjectif".

    "Ce manque de mesures objectives crée un fossé entre la façon dont vous qualifiez la sévérité de la douleur et l'évaluation de l'impact que pourrait avoir un dispositif de neurostimulation", a-t-il jugé. Il a incité à faire appel à d'autres mesures comme le niveau de stress et d'activité du patient, ou la qualité de son sommeil, pour mieux évaluer l'effet des différentes thérapies.

    Manque d'essais cliniques rigoureux

    Le Dr Caraway, directeur médical de la société américaine Nevro, spécialisée en neuromodulation, a également pointé la nécessité de construire des "essais cliniques randomisés à grande échelle" respectant les règles de l'art sur ces dispositifs, et de ne pas se contenter d'"essais marketing".

    Ces essais cliniques sont "difficiles à mettre en place, coûteux mais absolument nécessaires", a-t-il insisté.

    En comparant l'efficacité de la neurostimulation par rapport au médicament, ces essais "rigoureux" permettront d'"embarquer plus de professionnels de santé", a-t-il noté, rappelant que les dispositifs médicaux dans ce domaine étaient "réversibles et évolutifs" et permettaient d'agir en amont d'une addiction aux opioïdes.

    Il a déclaré avoir entamé avec sa société "le plus important essai clinique au monde" pour évaluer la neuromodulation dans les neuropathies à petites fibres, en particulier la neuropathie diabétique.

    "Parler le langage du cerveau"

    Pour Ryan Lakin, vice-président de la R&D d'Abbott, "nous n'en sommes qu'au début de la neuromodulation", dans laquelle il a vu "une occasion d'avoir un impact significatif" sur la qualité de vie des patients. Contrairement aux opioïdes, elle constitue une thérapie "soutenable sur le long terme", a-t-il observé.

    Il a noté que les implants cérébraux permettaient d'accéder à des données sur l'activité cérébrale du patient et pouvaient "complètement changer la communication avec les professionnels de santé", en leur fournissant des informations pour adapter en temps réel l'activité des implants.

    Intervenant également lors de la conférence, Rafael Carbunaru, vice-président R&D de Boston Scientific Neuromodulation, a présenté les implants de neuromodulation comme "des interfaces pour se connecter aux autoroutes de l'information de nos propres corps".

    Il a expliqué développer les recherches pour mieux comprendre les effets des stimulations de la moelle épinière et "améliorer notre capacité à parler le langage du cerveau".

    Alors que les wearables (dispositifs connectés que l'on peut porter sur soi) ont occupé une place importante lors de l'édition 2019 du CES, Rafael Carbunaru a décrit les neurostimulateurs comme "les wearables ultimes", suffisamment miniaturisés pour être apposés directement dans le corps du patient, pour des durées de cinq ans en moyenne, avec la possibilité d'ajuster en temps réel les stimulations émises par le dispositif.

    La différence avec un wearable classique, soulignée par le Dr Steven Falowski de la Nans, est que le développement et la commercialisation d'un implant médical sont soumis à "beaucoup de régulation" et se font donc sur "un temps plus long".

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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