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L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    CES 2019: les dispositifs de la sleep tech en plein boom

    LAS VEGAS (Nevada) (TICpharma) - Les dispositifs promettant de résoudre les troubles du sommeil, ou sleep tech, ont occupé une place importante au Consumer Electronics Show (CES), portés par la miniaturisation des technologies, l'intelligence artificielle (IA) et les potentiels débouchés économiques.

    Qu'il s'agisse de grandes entreprises internationales comme Fitbit et Philips, ou de jeunes pousses françaises comme Dreem, UrgoTech et Dreaminzzz, les sociétés technologiques espérant capter une part du marché des troubles du sommeil étaient nombreuses à exposer leurs dispositifs au CES, qui s'est tenu du 8 au 11 janvier à Las Vegas.

    Pour Charline Massari, responsable communication de Dreaminzzz, cela s'explique d'abord par la "taille immense" de ce marché.

    Selon l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), 1 Français sur 3 est concerné par un trouble du sommeil et 45% des 25-45 ans estiment qu'ils dorment moins que ce dont ils ont besoin.

    Fondé en 2015 par Guillaume Gautier, hypnothérapeute, Dreaminzzz propose un masque d'hypnose connecté à une application mobile pour aider à s'endormir, mais aussi adresser des problématiques de gestion du stress, de la douleur ou de l'anxiété. La société a commencé à commercialiser Hypnos il y a un an à un tarif de 199 euros, et revendique déjà plus de 10.000 utilisateurs.

    "Les gens commencent à prendre conscience du danger des médicaments pour répondre à ces problèmes. Ils ont souvent tout testé avant d'arriver à nos dispositifs, et sont contents de voir qu'il existe des solutions technologiques", a rapporté Charline Massari, pointant également un aspect "générationnel et culturel", avec des nouvelles générations "très intéressées par la high tech".

    Interrogé par TICpharma, Damien du Chéné, directeur marketing de Dreem, première entreprise française à avoir commercialisé un bandeau connecté pour les troubles du sommeil en 2017, a aussi évoqué un "changement culturel".

    "Il n'y a encore pas très longtemps, cela pouvait être socialement bien vu de dormir peu, le sommeil étant considéré comme du temps perdu, mais la baisse moyenne du temps de sommeil dans le monde est telle que l'on commence à s'apercevoir des désavantages, notamment en termes d'impact sur la santé", a-t-il observé.

    Lauréat du Concours mondial d'innovation en 2017, Dreem a développé un bandeau connecté du même nom, truffé de capteurs, d'électrodes pour réaliser des électro-encéphalogrammes (EEG) et d'émetteurs audio qui permettent de surveiller l'activité cérébrale du dormeur et de le relaxer avec des sons pour améliorer la qualité du sommeil.

    Le dispositif transmet les données collectées par bluetooth à une application mobile. Il est vendu au grand public au prix de 499 euros.

    Démocratisation des outils technologiques

    Les raisons de l'essor de la sleep tech sont aussi technologiques. Car c'est la miniaturisation des composants électroniques qui a permis à Dreem de reproduire les fonctionnalités d'un polysomnographe, dispositif coûteux et lourd à installer, dans un bandeau qui s'appose sur la tête de l'utilisateur et peut être utilisé au domicile, a expliqué Damien du Chéné.

    La start-up a d'ailleurs démontré dans deux études cliniques, réalisées aux Etats-Unis et en France à l'Hotel-Dieu (Paris, AP-HP), que son bandeau évaluait la qualité du sommeil avec la même précision qu'une polysomnographie.

    Damien du Chéné a également cité les progrès réalisés en matière de traitement des données et d'IA afin de "classifier les phases de sommeil en temps réel".

    Pour Guirec Le Lous, directeur général d'UrgoTech (start-up du groupe Urgo), c'est bien la miniaturisation et le développement des algorithmes d'IA qui ont permis de "démocratiser" le neurofeedback et l'entraînement cérébral, processus sur lesquels reposent le casque UrgoNight, qui devrait être commercialisé à partir de 2020 au prix de 500 euros.

    "Ces techniques d'entraînement cérébral sont utilisées depuis les années 2000 dans les centres du sommeil et ont démontré leur efficacité. La miniaturisation et l'IA ont permis de rendre les outils beaucoup plus simple d'utilisation", a-t-il noté.

    Le casque UrgoNight est doté de capteurs EEG qui renvoient en temps réel à l'utilisateur, sur une application mobile, les ondes cérébrales favorables au sommeil qu'il émet. Des séances d'entraînement du cerveau pour générer ces ondes sont proposées sur smartphone, et doivent être réalisées pendant 20 minutes, trois fois par semaine et pendant au moins trois mois.

    A boire et à manger

    Selon Guirec Le Lous, l'avantage d'UrgoNight est qu'il s'utilise en journée et sur une période restreinte. "On ne veut pas perturber votre sommeil en vous faisant porter un casque la nuit, et l'objectif est de vous faire regagner en capacité de sommeil, et donc qu'à terme, vous n'ayez plus besoin du casque", a-t-il mis en avant.

    Les représentants de Dreaminzzz, Dreem et UrgoTech ont tous souligné le processus de validation scientifique dans lesquels ils sont engagés afin de démontrer l'efficacité de leurs dispositifs, auprès des patients comme des professionnels de santé.

    Car face à ce boom des sleep tech, on peut être en mesure de se demander ce qui relève du gadget, et ce qui va réellement agir sur la qualité ou la durée du sommeil. "Les sleep tech sont clairement sur-représentées au CES, il va y avoir des déçus dans les prochaines années", a ainsi constaté auprès de TICpharma un autre dirigeant de start-up, qui a souhaité rester anonyme.

    Un des critères qui peut aider à faire le tri entre ces innovations, au-delà de leur évaluation scientifique, est l'endroit où doit être porté le dispositif.

    "Si vous voulez comprendre le sommeil, ça se passe au niveau du cerveau, pas au niveau du poignet. Il y a une vraie différence entre ce qui agit à la source, au niveau de la tête, et tout ce qui consiste plutôt à interpréter les mouvements, ou l'absence de mouvement, ou encore les évolutions du rythme cardiaque", a expliqué Damien du Chéné.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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