L’actualité numérique des industries de santé

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    Bayer fait sa "révolution numérique"

    BERLIN (TICpharma) - Bayer est en pleine "révolution numérique", a déclaré à APM Health Europe (site du groupe d'information APM International, dont fait partie TICpharma) Sebastian Guth, directeur marketing du laboratoire pharmaceutique allemand.

    "Bayer s'est fixé un agenda numérique assez ambitieux et nous sommes en train de le suivre", a expliqué Sebastian Guth en marge de la sixième édition du programme d'accélération de start-up "G4A" (anciennement Grants4Apps), le 31 août.

    "Le numérique est un secteur fortement réglementé et soumis à des exigences très strictes. Il s’agit donc d'y entrer pas à pas", a-t-il ajouté. "En comparaison avec d'autres laboratoires pharmaceutiques et entreprises de biotech, je suis très satisfait des progrès réalisés par Bayer et je suis convaincu que nous continuerons à évoluer vers plus de numérique."

    "La prochaine vague d’innovation se situera à la croisée de la biologie, de la chimie, de l’ingénierie et du big data. Il nous faut désormais savoir comment rendre les nouveaux médicaments plus efficaces et d'action plus rapide, comment mettre la technologie au service de la médecine de précision et comment aider les médecins à anticiper les diagnostics", a-t-il indiqué.

    Si Bayer voit poindre des "succès potentiels" grâce au numérique, le laboratoire ne mise pas sur de nouveaux produits. Pour le responsable marketing, de premiers changements "tangibles" sont observés dans la conception et le diagnostic des essais cliniques.

    Par exemple, grâce à sa collaboration avec la start-up Turbine spécialisée dans la simulation numérique, "le travail historiquement réalisé in vitro est désormais réalisé in silico", a-t-il complété.

    Dans le domaine de l'insuffisance cardiaque, Bayer a également pour objectif de mettre en place des essais cliniques virtuels capables de "réduire la durée des essais cliniques d'environ 40%" et, à terme, de faire réaliser des économies à l'entreprise.

    Pour le laboratoire, l'utilisation des technologies de surveillance à distance, par exemple, permettrait aux patients de participer plus facilement aux essais cliniques avec "moins d'interférences" dans leur vie quotidienne. "Nous pensons pouvoir attirer un plus grand nombre de patients", a d'ailleurs souligné Sebastian Guth.

    Bayer entend aussi déployer "prochainement" un outil pour le diagnostic de l'hypertension pulmonaire thromboembolique chronique (HPTC). Basé sur un algorithme d'analyse d'images, il doit permettre "d'aider les médecins à reconnaître les patients susceptibles d'être atteints de HPTC, en amont" de l'aggravation de la maladie.

    Dans le domaine de la fourniture de produits, le laboratoire met également le cap sur le digital et prévoit l'ouverture d'usines pilotes utilisant les technologies numériques "comme la maintenance prédictive". "Par rapport aux autres acteurs du secteur, nous sommes très avancés", a assuré le directeur marketing du laboratoire.

    La "culture du futur"

    Outre sa propre entrée dans l'ère numérique, Bayer mène un programme de soutien aux start-up de la healthtech qui sont intégrées dans son "parcours numérique" et contribuent à "construire une culture du futur" au sein du groupe.

    Pour 2018, Bayer a reçu plus de 1.800 candidatures de start-up intéressées par un coaching et un accompagnement par les équipes du laboratoire.

    Concrètement, durant l'édition berlinoise du G4A, le laboratoire sélectionne plusieurs start-up. Celles-ci se voient accorder, selon leur projet, jusqu'à 50.000 euros de financement et sont incubées au siège de Bayer, à Berlin, pendant 100 jours.

    Eugene Borukhovich, responsable du programme G4A, a expliqué que, sur les 18 start-up choisies par Bayer depuis 2013, 13 sont toujours actives et cinq ont conclu des accords avec le laboratoire pharmaceutique.

    Le retour sur investissement est "beaucoup plus large que les seules relations commerciales", s'est également félicité Sebastian Guth.

    "Nous ne regardons pas seulement la valeur des entreprises ou le nombre d’entreprises avec lesquelles nous concluons des accords commerciaux après ce programme d’accélération. Travailler avec des start-up nous expose à de nouvelles idées, à de nouvelles compétences et à une approche très différente de notre secteur", a-t-il complété.

    Hélène Mauduit

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