L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    La start-up Ad Scientiam met à disposition une application mobile de suivi de la SEP

    PARIS (TICpharma) - La start-up Ad Scientiam, hébergée par l'incubateur de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), a mis en ligne en novembre l'application mobile MSCopilot pour assurer le suivi de l'évolution de la sclérose en plaques (SEP) sur smartphone.

    Classée dispositif médical de classe I, cette application vise à "combler les trous" entre les rendez-vous chez le neurologue, en permettant au patient de réaliser plusieurs tests d'évaluation de la pathologie sur son smartphone, et d'enregistrer ses résultats pour les montrer au professionnel de santé lors de sa consultation suivante, a expliqué à TICpharma le Dr Elisabeth Maillard, neurologue et chercheuse à l'ICM impliquée dans le développement de l'application.

    "Il s'agit d'utiliser le téléphone comme un outil de dialogue avec le professionnel de santé", a appuyé Dr Saad Zinaï, directeur médical d'Ad Scientiam.

    MSCopilot comprend quatre tests évaluant le périmètre de marche, la cognition, la dextérité, et l'acuité visuelle à bas contraste du patient.
    Ces tests adaptent à l'outil digital l'échelle MSFC (Multiple Sclerosis Functional Composite) qui permet d'élaborer un score à partir d'une évaluation du temps de marche, d'une mesure de la dextérité des membres supérieurs ("test des 9 trous") et d'un test cognitif.

    Disponible sur iOS et Android, MSCopilot doit être conseillée par le neurologue, qui transmet au patient les identifiants pour se connecter à l'application mobile.

    Le nombre de tests réalisables est bloqué sur le téléphone, à une fois par mois pour la dextérité et la marche, et à une fois tous les trois mois pour la cognition et la vision, afin d'éviter les "biais de mémorisation" et les "effets d'apprentissage" qui pourraient fausser les résultats, et limiter le potentiel "anxiogène" de l'application, a souligné le Dr Elisabeth Maillard.

    Gratuite pour l'instant, MSCopilot pourrait devenir payante, avec l'ambition d'obtenir une prise en charge par l'assurance maladie "fin 2018", a indiqué Liouma Tokitsu, CEO d'Ad Scientiam.

    Le dirigeant de la start-up qui a ouvert l'an dernier un bureau aux Etats-Unis mise aussi sur l'homologation de l'application par la Food and Drug Administration (FDA).

    Une étude clinique sur une cohorte de 150 patients a été lancée à l'été 2017 dans 10 centres experts de la SEP afin de confirmer la fiabilité des tests sur smartphone par rapport aux tests standard réalisés en consultation. Ses résultats sont attendus pour le printemps 2018.

    Une étude portant sur la première version de l'application intitulée DAMS (Digital self-Assessment of Multiple Sclerosis), menée entre 2015 et 2016 auprès de 30 patients, a déjà démontré une "corrélation très satisfaisante" entre les tests digitaux et l'échelle MSFC, a rappelé le Dr Elisabeth Maillard, coordinatrice du nouvel essai clinique.

    Partenariat avec Roche

    MSCopilot est le résultat de trois ans de développement avec plusieurs professionnels de santé et des associations de patients. Un comité scientifique et un "Conseil des patients" ont été créés afin de superviser le développement clinique de l'application, et réfléchir à ses fonctionnalités futures.

    Un accord de codéveloppement a été signé en 2016 avec le laboratoire Roche, qui a financé une partie de la R&D et apporté son expertise sur les aspects médicaux, marketing et réglementaire, a expliqué Liouma Tokitsu.

    Le laboratoire est aussi engagé dans la copromotion du dispositif auprès de son réseau de neurologues.

    La propriété intellectuelle de la solution reste détenue "à 100%" par Ad Scientiam, et MSCopilot "sera diffusé à tous les patients, quel que soit leur traitement", a assuré le Dr Saad Zinaï.

    Créée en 2013, la société Ad Scientiam regroupe aujourd'hui une trentaine de salariés, répartis dans les locaux de l'ICM et au sein de la Station F, incubateur de start-up ouvert par Xavier Niel à la Halle Freyssinet, dans le XIIIe arrondissement de Paris.

    L'entreprise a levé 2 millions d'euros pour financer sa phase de R&D, dont 700.000 euros acquis lors du Concours d'innovation numérique dans le cadre du programme d'investissement d'avenir (PIA).

    Elle souhaite "capitaliser" sur les développements menés sur MSCopilot pour les "répliquer" dans la conception d'applications mobiles de suivi dans d'autres aires thérapeutiques comme la dépression, les maladies de Parkinson et d'Alzheimer, ou l'asthme sévère.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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