L’actualité numérique des industries de santé

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    Hackathon, hubs, services web: comment le numérique ouvre les horizons d'Amgen

    PARIS (TICpharma) - Le président de la filiale française d'Amgen, Jean Monin, a détaillé à TICpharma les grands axes de la stratégie digitale du laboratoire pharmaceutique, à la suite du premier hackathon ouvert au public organisé par Amgen France dans les locaux de Microsoft début octobre.

    "Impressionné" par les "retours extrêmement positifs" qu'il a eus sur le hackathon et convaincu de l'intérêt de "mettre en valeur l'intelligence collective" par ce biais, Jean Monin s'est montré décidé à renouveler l'expérience du marathon de développement informatique.

    Le 1er octobre dernier, le jury du hackathon d'Amgen France, qui visait à construire des solutions de communication entre patients et soignants en cancérologie, a récompensé, parmi les 12 équipes en lice, le projet "Medical Assist me".

    Porté par deux frères ingénieurs, il consiste en une application médicale basée sur l'utilisation d'un chatbot (ou agent conversationnel), afin de recueillir auprès du patient, à l'aide de la reconnaissance vocale, des données sur l'observance de son traitement et sur son état de santé, puis de les transmettre à son médecin.

    "Cela peut à la fois apporter une réponse aux questions du patient et servir de système d'alerte qui mène jusqu'à la prise de rendez-vous avec un professionnel de santé", a souligné Jean Monin. "Aujourd'hui en oncologie, l'état de santé va certes dépendre de la thérapie qu'on donne, mais aussi beaucoup du parcours de soins, de la gestion des effets secondaires et du lien avec le médecin", a-t-il remarqué.

    Il a indiqué qu'il n'y avait actuellement "pas de vision commerciale de ce que l'on peut faire" avec ce type d'outils, mais qu'Amgen s'y intéressait de près car "un labo doit pouvoir apporter de l'efficience au système de soins et au parcours du patient, pas uniquement avec le médicament qu'il apporte".

    L'équipe du projet "Medical Assist me" a remporté deux mois d'incubation au sein d'Amgen, qui lui fournira une aide juridique, réglementaire et médicale pour continuer à développer son produit.

    Interrogé sur l'opportunité d'intégrer les start-up qui portent ces projets, Jean Monin a indiqué qu'il n'y avait "pas encore de stratégie d'achat" mais que "tout [restait] ouvert" en fonction des technologies et de leurs applications dans les aires thérapeutiques couvertes par le laboratoire (onco-hématologie, néphrologie, rhumatologie et cardiologie).

    S'il s'agissait du premier hackathon d'Amgen France ouvert aux professionnels de santé, développeurs et représentants de patients, le laboratoire avait déjà organisé ce type d'évènement en interne avec ses propres collaborateurs pour "réfléchir aux innovations que l'on peut développer sur nos médicaments", a indiqué Jean Monin.

    Amgen a consolidé sa stratégie d'innovation digitale ces dernières années en créant plusieurs hubs au niveau mondial et en y invitant des start-up à présenter leurs technologies et leurs applications dans le parcours de soins des patients.

    Après Singapour, Tel-Aviv, Los Angeles et San Francisco, un hub a été créé en début d'année à Berlin pour devenir l'antenne européenne de l'innovation digitale d'Amgen et de ses stratégies dites "Beyond the pill" (voir dépêche du 9 septembre 2016).

    Communication multicanale et web-services

    La stratégie digitale du groupe s'articule en trois axes détaillés par Jean Monin: "l'ouverture à l'écosystème d'innovation", concrétisée par la création des hubs, "le digital comme alternative d'interaction avec les professionnels de santé", qui se traduit par des stratégies de communication multicanal, et les "services digitaux dédiés", développés par exemple pour l'aide au diagnostic.

    Du côté des outils de communication envers les médecins, Amgen "transforme peu à peu son modèle en combinant l'approche traditionnelle de la visite médicale au cabinet et les nouvelles technologies".

    Jean Monin a cité l'exemple de l'organisation de webinaires (séminaires en ligne) avec des médecins. "C'est un mode d'interaction qui devient de plus en plus commun dans l'industrie pharmaceutique, sur lequel nous avons développé une approche structurée qui permet de former les personnels à ces outils", a-t-il souligné.

    Le groupe est aussi "l'un des premiers" à développer des web-services pour aider les professionnels de santé dans le diagnostic de certaines pathologies, a-t-il mis en avant.

    C'est le cas notamment dans le diagnostic de l'hypercholestérolémie familiale, pour lequel Amgen a travaillé avec des éditeurs de logiciels de prescription (LAP) afin de proposer aux médecins une détection automatique des profils à risque, en fonction de critères remplis par le professionnel de santé.

    Lorsqu'un risque est identifié, le logiciel alerte le médecin et lui soumet un questionnaire à faire passer au patient, afin d'affiner le diagnostic.

    Partenariat dans l'intelligence artificielle

    "Nous mettons simplement la technologie à disposition", a expliqué Jean Monin, indiquant que son entreprise n'avait pas accès au détail des résultats mais à des "traitements statistiques" qui remontent le nombre d'alertes enregistrées par les logiciels et le nombre de profils à risque détectés.

    "Cela permet d'améliorer le diagnostic d'une pathologie relativement rare et sur laquelle il n'y avait pas beaucoup de solutions thérapeutiques apportées jusqu'à présent", a-t-il relevé. Un service d'autant plus utile qu'Amgen a développé l'hypocholestérolémiant Repatha (évolocumab), qui n'est actuellement pas pris en charge en France.

    Le laboratoire a par ailleurs monté un partenariat avec la start-up franco-américaine Owkin, spécialisée dans l'intelligence artificielle et le traitement de données, pour faire de l'analyse prédictive des facteurs de risque cardiovasculaire.

    En utilisant des algorithmes de machine-learning (apprentissage machine ou apprentissage automatique) sur des bases de données de quelques milliers de patients, Amgen est arrivé à établir les mêmes scores de risque cardiovasculaire que ceux relevés sur des suivis de cohortes bien plus importantes, et à détecter de "nouveaux signaux faibles", a expliqué Jean Monin.

    "L'utilisation de l'intelligence artificielle et du big data nous permet d'aller chercher d'autres critères que ceux qui sont traditionnellement suivis par les médecins, et qui peuvent concourir à prédire la survenue d'un évènement cardiovasculaire", a-t-il développé.

    Equipe numérique "au plus près du business"

    Côté organisation, Amgen s'est doté à l'échelle européenne d'un département innovation qui couvre le domaine du numérique.

    La filiale française emploie pour sa part "une dizaine" de personnes qui mettent en œuvre sa stratégie digitale au niveau des différents départements (communication, accès au marché, médical, etc.).

    Jean Monin a expliqué ne pas avoir voulu créer de direction dédiée au numérique, estimant qu'"il y a une valeur ajoutée quand les compétences sont au plus près du business".

    Il a reconnu l'impératif de recruter certaines compétences particulièrement prisées comme celles d'analystes de données. Amgen va pour l'instant chercher ces compétences auprès de prestataires externes.

    "Nous sommes en train d'intégrer ce type de profils, d'abord en Europe, puis il y a aura sans doute une déclinaison sur la France", a-t-il indiqué.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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