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    Les algorithmes, "un outil extraordinaire" pour une meilleure médecine (Agnès Buzyn)

    PARIS (TICpharma) - La ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a estimé le 31 août sur la chaîne CNews que les algorithmes n'allaient pas remplacer les médecins mais qu'ils constituaient "un outil extraordinaire" qui va permettre "une meilleure médecine".

    Interrogée sur la capacité de "bons algorithmes" et des "robots-médecins" à établir un diagnostic et à prescrire des soins à la place des professionnels de santé, la ministre a d'abord nuancé l'efficacité des algorithmes et souligné qu'"il y aura toujours besoin de médecins".

    "Vous dites les 'bons algorithmes' mais en fait personne ne sait si les algorithmes sont bons aujourd'hui. Il faut des médecins pour les tester. Ça va vite mais personne ne sait si ces algorithmes sont justes. A l'arrivée, on vous sort une formule magique et on vous dit: voilà le diagnostic. Encore faut-il prouver qu'il est juste!", a-t-elle relevé.

    "C'est comme si on avait dit au moment où la radiographie est arrivée: on n'a plus besoin de médecin parce qu'on voit à l'intérieur du corps. Comme si on avait dit, au moment où la biologie est arrivée, où on a pu faire des prises de sang: maintenant on est capable de détecter tout dans le sang et on n'a plus besoin de médecins", a-t-elle illustré.

    "Mais non, tous ces algorithmes, ces robots, ce sont des outils supplémentaires pour une meilleure médecine", a-t-elle poursuivi.

    "C'est un outil extraordinaire qui va nous rendre plus intelligent, qui va faire de meilleurs médecins et de la meilleure médecine, mais pas sans médecin", a appuyé la ministre.

    Agnès Buzyn s'était déjà exprimée sur ces évolutions technologiques alors qu'elle était présidente du collège de la Haute autorité de santé (HAS), lors de la journée PharmaCité organisé fin 2016 à Paris par le Leem (Les entreprises du médicament).

    Elle avait évoqué l'"énorme espoir" dans les apports du big data "en termes de connaissances et d'adaptation aux situations individuelles" tout en se disant "troublée" par l'évaluation des algorithmes.

    "Les algorithmes, on pense, sous prétexte qu'ils sortent d'une formule mathématique, qu'ils sont bons. Le problème c'est quand on observe trois algorithmes différents sur la même maladie et qu'ils n'identifient pas les mêmes patients à haut risque et ne proposent pas les mêmes solutions", avait-elle déclaré.

    Elle s'était interrogée sur "la façon dont une agence de régulation doit juger l'apport pour le malade des progrès issus du big data" et estimé que la réponse à cette question n'était "pas simple" et que l'évaluation des algorithmes constituait "pour aujourd'hui et pour demain" un "challenge" pour la HAS.

    L'interview d'Agnès Buzyn sur CNews:

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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