L’actualité numérique des industries de santé

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    La traçabilité du médicament parmi les usages "les plus prometteurs" de la blockchain

    PARIS (TICpharma) - Les cas d'usage "les plus prometteurs" de la blockchain en santé reposent sur le secteur pharmaceutique, en particulier pour assurer la traçabilité du médicament, a expliqué à TICpharma Chloé Dru, chef de projet de la société de conseil Blockchain Partner et auteure d'une étude sectorielle sur le sujet.

    Née avec le Bitcoin, monnaie virtuelle dont les échanges sont inscrits sur une chaîne de blocs informatiques transparente et inaltérable, la blockchain suscite de plus en plus l'intérêt des acteurs de santé (voir dépêche du 16 décembre 2016).

    "Après les secteurs de la finance et de l'énergie, on commence à être abordés par des entreprises pharmaceutiques qui souhaitent développer des preuves de concept sur le déploiement d'une blockchain dans leur domaine d'activité", a témoigné Chloé Dru.

    Issue de la fusion entre deux start-up françaises (Blockchain France et LaboBlockchain), Blockchain Partner propose des formations, une aide au déploiement des projets et un accompagnement des directions de l'innovation dans leur stratégie technologique.

    Dans son étude sectorielle sur la santé, elle brosse un large panorama des usages possibles de la blockchain, allant de la sécurisation d'un registre patients à celle des données génétiques, en passant par les apports de la technologies pour l'interopérabilité des systèmes d'information de santé et la recherche médicale.

    Mais c'est du côté du contrôle de la fabrication et de l'approvisionnement des médicaments que l'étude voit le plus grand potentiel de la blockchain, au vu de la maturité actuelle de la technologie.

    Pour la société de conseil, la blockchain peut aider à lutter contre le "fléau" de la contrefaçon "en enregistrant les empreintes de chaque action liée à un médicament, lors des différentes phases du processus de fabrication et de distribution".

    "Tous les acteurs de la supply chain pharmaceutique pourraient alors vérifier la provenance et l'intégrité des médicaments", poursuit l'étude.

    Chloé Dru a précisé à TICpharma les modalités de cet usage de la blockchain qui est selon elle "l'un des plus accessibles" pour les entreprises pharmaceutiques.

    "On peut créer une blockchain privée entre les différentes parties prenantes d'une chaîne d'approvisionnement: laboratoire, répartiteurs, officines, etc. Chacun détient alors un exemplaire du registre informatique sur lequel il peut inscrire les différentes transactions, la réception ou l'envoi de médicament", a-t-elle expliqué.

    "Des règles fixées entre les parties, aussi appelées modèle de consensus, permettent de valider ces inscriptions, de les dupliquer sur l'ensemble des registres et de les rendre inaltérables. S'il y a besoin de rappeler un médicament, on peut se référer au registre pour savoir où il se situe, qui l'a eu en dernier, et par quels acteurs il a transité", a-t-elle poursuivi.

    Il est également possible de combiner l'usage de la blockchain à celui d'objets connectés ou de puces RFID pour tracer les médicaments. La mise en place de "smart contracts", protocoles informatiques qui s'auto-exécutent à certaines conditions (sur le format "if-then"), contribuent aussi à l'automatisation de la supply chain.

    Chloé Dru a ici pris l'exemple des livraisons de palettes de médicaments. "Si l'on place des puces dans les emballages, on peut scanner l'ensemble d'une palette et avoir instantanément le nombre d'unités reçues. Si c'est en adéquation avec la commande, l'information peut être inscrite sur une blockchain et un smart contract peut dès lors déclencher la transaction financière", a-t-elle illustré, mettant en avant le gain en temps et en transparence.

    Maturité technologique

    Mais tous les cas d'usages possibles de la blockchain en santé ne sont pas à portée de main, du fait d'une technologie qui n'a pas atteint sa pleine maturité et se heurte encore à des défis techniques, pratiques, culturels et réglementaires.

    Son utilisation est ainsi limitée pour la gestion des données patients puisqu'on ne peut pas stocker dans la chaîne de blocs des informations trop "lourdes", comme des résultats d'analyses biologiques ou des imageries médicales.

    Impossible également d'avoir recours à une blockchain publique pour assurer la traçabilité de ces données, du fait de l'impératif de protection de la vie privée des patients, et du caractère sensible de leurs données de santé.

    "Il y a encore des barrières à lever, mais le fait est que, pour certains cas d'usage, la technologie est prête, notamment lorsqu'il s'agit d'échanger de la valeur de pair à pair en se passant d'un tiers de confiance", a noté Chloé Dru.

    "C'est en expérimentant que l'on se rendra compte des points de vigilance et d'amélioration de la technologie", a-t-elle ajouté, mettant en avant "le travail d'évangélisation" à réaliser auprès des entreprises.

    Elle a incité les industriels du secteur de la santé à "concevoir des prototypes" et à "former une équipe blockchain" en leur sein afin de pouvoir suivre les évolutions de la technologie, et y avoir recours plus efficacement lorsqu'elle atteindra une plus grande maturité.

    L'Ă©tude sectorielle de Blockchain Partner

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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