L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Les industriels réclament un "changement de méthode" dans l'évaluation des solutions numériques de santé

    PARIS (TICpharma) - L'alliance eHealth France, qui rassemble 4 organisations professionnelles représentant les industriels de santé et fournisseurs de solutions d'e-santé, a dévoilé le 16 mai lors de la Paris Healthcare Week ses nouvelles prises de positions communes, appelant en particulier "une modernisation des méthodologies d'évaluation" des solutions multi-technologiques (SMT) de santé.

    Créée en octobre 2015, l'alliance regroupe Les entreprises du médicament (Leem), Les entreprises des systèmes d'information sanitaires et sociaux (Lessis), le Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem) et le Syndicat professionnel des entreprises de services du numérique, des éditeurs de logiciels et des sociétés de conseil en technologies (Syntec Numérique).

    Son porte-parole Pierre Leurent, cofondateur de la société Voluntis, a rappelé qu'elle se trouvait "au carrefour de toutes les grandes thématiques du secteur de l'e-santé" et comptait être "force de proposition", notamment à travers les instances au sein desquelles elle est présente, comme le Comité stratégique de filière (CSF) santé ou le Comité stratégique du numérique en santé (CSNS).

    Après des prises de positions communes des 4 organisations professionnelles en 2016 sur l'accès aux données de santé, la télémédecine et le déploiement du dossier médical partagé (DMP), l'alliance a présenté ses recommandations pour favoriser le développement des SMT qui combinent un médicament et/ou un dispositif médical et/ou une solution d'information et de communication comme un logiciel d'accompagnement thérapeutique.

    "La plupart des portefeuilles de développement du médicament ou du dispositif médical comportent ce type de produits qui associent une solution thérapeutique strico sensu et une solution technologique", a fait valoir Thomas Borel, directeur des affaires scientifiques du Leem s'exprimant pour présenter les recommandations de l'alliance eHealth France sur le sujet.

    Il a énuméré la liste des bénéfices attendus de ce type de solutions comme le renforcement de l'autonomie et de la qualité de vie du patient, et les gains de productivité attendus pour le système de santé grâce à une plus grande efficience de la prise en charge et à la génération d'un volume croissant de données de santé.

    Il a appelé à un "changement de méthode" sur l'évaluation des SMT, pointant "un système d'évaluation siloté" qui "entrave" aujourd'hui leur développement. "Quand vous voulez évaluer ces solutions, vous devez toquer aux portes de 2, voire 3 autorités, qui ont chacune une approche différente de l'évaluation", a témoigné Thomas Borel.

    "On ne peut pas rester sur une approche par des critères 'durs' de prise en charge, comme les gains cliniques", a-t-il cité à titre d'exemple. "Il faut regarder la satisfaction des usagers, l'impact sur l'observance thérapeutique et sur la consommation de ressources du système de soins. Ces indicateurs prennent tout leur sens pour ce type de solutions", a défendu Thomas Borel.

    "Le changement de paradigme important, c'est d'être capable de prendre en compte la donnée clinique initiale, pour valider par exemple un algorithme d'aide à la décision clinique, et ensuite de prendre en compte les données de vie réelle, post-AMM [autorisation de mise sur le marché]", a-t-il estimé, évoquant l'importance sur ce sujet de l'accès aux bases de données de l'assurance maladie.

    Il a également souligné la nécessité d'"apporter de nouvelles expertises dans ces évaluations". "On n'est pas dans le golden standard de l'essai clinique randomisé, il faut intégrer des expertises du domaines des e-technologies et de l'informatique, qui n'existent absolument pas dans les compétences des organismes qui composent le système d'évaluation aujourd'hui", a-t-il relevé.

    L'alliance eHealth a regretté de façon plus générale "l'absence de définition d'une politique et d'une organisation de l'évaluation des technologies d'information à finalité thérapeutique", et appelé les autorités de santé à "rapidement proposer une organisation cible fiable".

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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