L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    La plateforme de télémédecine myDiabby étend ses applications au suivi du diabète de type 1 et 2

    PARIS (TICpharma) - La plateforme de télémédecine myDiabby, initialement développée pour le suivi du diabète gestationnel, lance une nouvelle version pour le suivi du diabète de type 1 et 2, ont annoncé Be4life et Lilly jeudi 16 mars lors d'une conférence de presse.

    En avril 2015, la start-up Be4life a lancé la "première plateforme française de suivi du diabète gestationnel", a rappelé Pierre-Camille Altman, président et cofondateur de la société avec son père, le Pr Jean-Jacques Altman, diabétologue à l'hôpital européen Georges-Pompidou (HEGP, Paris, AP-HP).

    Cette plateforme a été créée pour remplacer le carnet de suivi papier que les femmes enceintes touchées par le diabète gestationnel doivent remplir et présenter lors des visites qui ont lieu tous les 15 jours et pour mettre davantage en relation les patientes et les équipes médicales, a expliqué le jeune président de cette start-up de 4 personnes.

    "Nous avons voulu répondre aux attentes et aux besoins des différents acteurs de la prise en charge de cette pathologie avec un système qui fait du lien pour proposer un télésuivi entre les consultations", a-t-il détaillé.

    La plateforme myDiabby a été coconstruite au fur et à mesure avec les professionnels de santé, des spécialistes de l'e-santé et des experts du suivi du diabète auprès des patients. Elle est simple d'utilisation et permet le suivi en continu et à distance des données d'autosurveillance glycémique.

    "Après moins de 2 ans, elle est utilisée par 70 CHU et CH comme outil principal de suivi de leurs patientes, par 500 professionnels de santé et des dizaines de médecins libéraux", a rapporté Pierre-Camille Altman.

    MyDiabby revendique 10.400 patientes suivies pour un diabète gestationnel et un millier de femmes inscrites en plus tous les mois, ainsi que 12.000 actes de télésurveillance par mois.

    Le diabète gestationnel concerne 7,2% des grossesses en France, a rappelé le Pr Alfred Penfornis, diabétologue au CH Sud-Francilien à Corbeil-Essonnes (Essonne), utilisateur de myDiabby. Le suivi impose des contrôles de la glycémie 4 à 6 fois par jour, une insulinothérapie chez 30%, des visites rapprochées (tous les 15 jours) et beaucoup d'anxiété, a-t-il noté.

    Il existe deux portails, myDiabby Healthcare pour les professionnels de santé et myDiabby pour les patientes, plus les applications mobiles associées. Les patientes y trouvent un carnet numérique où elles entrent, manuellement ou par Bluetooth, leurs valeurs de glycémie vérifiées tout au long de la journée, leurs repas, le poids et d'autres données. Une messagerie permet de contacter l'équipe médicale. Elles y trouvent aussi des informations sur le diabète gestationnel.

    Les équipes médicales y voient un grand intérêt en termes de gain de temps par rapport à l'analyse du carnet papier, qui plus est pas toujours présenté. L'outil fait remonter des signaux comme des glycémies hautes et des ruptures de suivi. La plateforme permet aussi de générer des documents, ordonnances, lettres pour des médecins. L'outil est paramétré pour chaque patiente, selon sa cible de glycémie. Une section parcours de soins offre un dossier médical partagé qui permet de transférer les données à un autre service comme vers le gynécologue ou la sage-femme.

    Delphine Callot, vice-présidente de l'Association française des femmes diabétiques (AFFD), membre de la Fédération française des diabétiques (FFD), a souligné les avantages de myDiabby, par rapport au carnet papier, jugé "ringard" et que l'on oublie. "MyDiabby qui correspond bien à la génération des patientes, répond à un vrai besoin, permet de parler le même langage des deux côtés et supprime des déplacements. Il va probablement simplifier la vie des femmes enceintes", a-t-elle déclaré.

    Le système a été bien reçu aussi par les femmes pour qui le français pouvait être un obstacle, grâce aux nombreuses icônes, aux codes couleur et parce que les données de glycémie peuvent être entrées à l'oral, a ajouté Pierre-Camille Altman.

    Les infirmières disent mieux connaître les patientes grâce à cet outil, a rapporté le Pr Penfornis. Elles regardent pourtant les données des patientes sur un ordinateur mais ont 3 contacts par semaine avec elles. L'outil leur permet de repérer rapidement les glycémies pas bonnes ou les ruptures de suivi.

    Forte de cette expérience, la start-up lance maintenant, un peu plus tôt que prévu du fait d'une demande des professionnels, la même plateforme pour le suivi du diabète de type 1 et 2, a annoncé Pierre-Camille Altman. Un nouvel onglet apparaîtra sur la plateforme pour les professionnels de santé, même chose pour les patients avec une nouvelle application pour ordinateur et mobile.

    La société va suivre la même démarche de coconstruction pour répondre au mieux aux besoins.

    Le diabète touche 3,3 millions de patients en France: 92% des adultes diabétiques ont un type 2 et 6% un type 1.

    Un dossier déposé pour un forfait innovation

    La plateforme est gratuite. "Nous avons voulu créer quelque chose qui soit utilisé par les équipes médicales", a commenté l'industriel. Pour le moment, il n'y a aucune valorisation. La start-up bénéficie d'un soutien institutionnel de Lilly, laboratoire spécialisé dans le diabète.

    "C'est vrai qu'on ne valorise pas pour l'instant, mais on y croit", a témoigné le Pr Penfornis. La direction de son hôpital a noté une baisse des consultations.

    Des discussions sont menées avec les autorités -avec la Haute autorité de santé (HAS) et la direction générale de l'offre de soins (DGOS)- pour tester un financement dérogatoire des actes de télémédecine sur myDiabby* dans le cadre du forfait innovation, a indiqué Pierre-Camile Altman. Un dossier a été déposé. Un tel forfait innovation pourrait, selon lui, permettre d'allouer un forfait aux équipes par patiente suivie et un forfait à l'industriel.

    La société espère ainsi financer en partie l'étude qu'elle va débuter en septembre dans 62 centres en France pour valoriser l'activité de télémédecine aux équipes dans le cas du diabète gestationnel pour la télésurveillance et le suivi thérapeutique des patientes.

    L'étude Birth-GDM (Beneficial & Improved Results Tele-Health in Gestational Diabetes Metillus) aura pour objectif principal de montrer la non-infériorité clinique -et elle espère la supériorité- par rapport à la prise en charge habituelle, a-t-il précisé. Les objectifs secondaires sont médico-économiques (avec une réduction des consultations si tout va bien, des transports, des coûts indirects) et aussi organisationnels (avec des questionnaires de satisfaction), a précisé Pierre-Camille Altman.

    Sylvie Lapostolle

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