L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Politique

    Espoirs et attentes des industriels autour du comité stratégique du numérique en santé

    PARIS (TICpharma) - La mise en place du comité stratégique du numérique en santé (CSNS) le 24 janvier a été saluée par les industriels du secteur qui ont expliqué à TICpharma attendre de cette nouvelle gouvernance de l'e-santé de réels progrès en termes de développement des usages et de transformation des modèles économiques et organisationnels.

    Avec 45 membres représentants des industriels, des patients, des administrations, des professionnels et des établissements de santé (voir encadré ci-dessous), le CSNS a pour objectif d'assurer la visibilité, la cohérence et le suivi de la stratégie "e-santé 2020" fixée par le ministère des affaires sociales et de la santé l'été dernier (voir dépêche du 17 août 2016).

    "Il s'agit de fixer des objectifs et des jalons pour mettre le numérique au service de la santé à travers une approche globale qui rassemble l'ensemble des acteurs concernés", a détaillé Philippe Burnel, délégué général à la stratégie des systèmes d'information de santé (DSSIS) chargé du pilotage du CSNS.

    Ces objectifs vont être fixés dans six grands domaines d'action identifiés par la stratégie "e-santé 2020": la démocratie sanitaire et l'implication des patients, l'évolution des pratiques médicales et des parcours de soins (déploiement des systèmes d'information des professionnels et des établissements de santé, encadrement de la télémédecine), le développement de systèmes d'aide à la décision (aide à la prescription, au diagnostic, à la prise en charge), le numérique au service de la veille sanitaire et de la santé publique, le développement et l'accompagnement d'une filière industrielle innovante, et l'intégration et la diffusion des innovations dans le système de santé.

    Autant de sujets cruciaux pour les industriels de santé qui n'ont pas caché leur satisfaction à l'issue de la première réunion du CSNS.

    "La mise en place du comité était attendue par l'ensemble du secteur. Jusqu'ici, il n'y avait pas réellement de gouvernance qui assure la cohésion, la gestion des plannings et le pilotage des projets e-santé. Beaucoup de chantiers ont été lancés ces dernières années sous la pression du terrain mais il nous manquait cette 'gouvernance chapeau'", a expliqué à TICpharma William Rolland, responsable e-santé au Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem).

    Du côté du Leem (Les entreprises du médicament), on se "félicite" de l'existence d'une "instance multipartenaires", tout en se disant "vigilant" sur les axes développés dans la stratégie e-santé, en particulier sur la "clarification des voies d'accès au marché de solutions e-santé" et "l'accélération du développement de méthodes d'évaluation adaptées aux solutions multi-technologiques".

    Faire progresser l'évaluation

    Car, pour l'industrie, le nerf de la guerre est bien là. Tant que les apports des technologies numériques pour le système de santé ne seront pas évalués, démontrés et intégrés dans une nouvelle approche organisationnelle, les usages de l'e-santé ne décolleront pas, et le marché français restera trop étroit pour les acteurs économiques.

    Pour Pierre Leurent, porte-parole de l'alliance eHealth France et co-fondateur de la société Voluntis, "il va falloir dénouer des interrogations sur les modèles économiques nouveaux à mettre en oeuvre". Il cite notamment l'impératif de "dépasser les expérimentations" sur la prise en charge de la télémédecine et d'avancer sur les modèles de contrats de rémunération à la performance.

    "Le CSNS est le lieu où l'industrie va pouvoir démontrer que les outils de production numériques sont des outils extrêmement puissants, au bénéfice de la pratique médicale et médico-sociale, et donc des patients", a ajouté William Rolland pour le Snitem.

    Un autre apport du comité réside selon lui dans "une meilleure compréhension du terrain par les pouvoirs publics" afin d'éviter "le décalage récurrent avec ce que les institutions pensent, décident et mettent en œuvre".

    Cela doit notamment permettre d'avancer de concert sur l'encadrement réglementaire et juridique de l'e-santé et sur les nombreux sujets techniques structurants pour la filière que sont l'interopérabilité des systèmes d'information de santé, les référentiels de sécurité informatique, l'adoption de standards d'échanges pour le partage des données.

    Visibilité à l'international

    Sur ce marché de la santé numérique caractérisé par la présence de nombreux acteurs et une offre d'outils de plus en plus pléthorique (applications mobiles, objets connectés, logiciels), le CSNS est aussi "l'occasion de mettre en lumière toutes ces solutions e-santé que nous connaissons mal", a relevé William Rolland.

    "C'est une occasion de ne pas parler que des trains qui arrivent en retard en montrant que l'offre française comprend de beaux fleurons et qu'elle n'a pas à rougir de ce qui se fait à l'international", a-t-il poursuivi.

    "La France a beaucoup d'atouts et devrait pouvoir devenir chef de file en Europe sur le déploiement de l'e-santé", a appuyé Pierre Leurent.

    S'il se "réjouit" de "l'approche globale" privilégiée par le CSNS, le président du Catel (centre de ressources et d'expertises en e-santé), Pierre Traineau, relève toutefois quelques "manquements" au sein de la stratégie e-santé 2020.

    "Le sujet de l'international est absent de la stratégie, en particulier concernant la mise en place de télécoopérations médicales avec l’étranger pouvant servir de façon indirecte l'exportation des solutions de la filière industrielle française de la e-santé. C'est un sujet qui deviendra de plus en plus incontournable dans les années à venir et qui doit faire partie des réflexions stratégiques du CSNS", a-t-il proposé.

    Pérennité de la stratégie

    "Le plan d’action pourrait mettre davantage en avant un axe 'prévention' facilité aujourd'hui par le développement des objets connectés, des applications mobiles de santé voire de l’intelligence artificielle", a également relevé Pierre Traineau.

    Perfectible au fil du temps, de l'évolution des technologies et des propositions que ne manqueront pas de mettre sur la table les membres du CSNS, la stratégie pluriannuelle proposée par Marisol Touraine a pour mérite de fournir un instance pérenne de suivi du développement de l'e-santé, et ce à quelques mois de l'élection présidentielle et du traditionnel mercato administratif et politique qui s'en suit.

    "Le CSNS subsistera à ces échéances", veut croire William Rolland. "Quel que soit le gouvernement que l'on aura en mai prochain, l'e-santé restera un chapitre majeur de la transformation numérique du pays et de son système de soins", a-t-il noté.

    Liste des membres du CSNS:
    Professionnels de santé:
    • Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom)
    • Conseil national de l'ordre des pharmaciens (Cnop)
    • Conseil national de l'ordre des sages-femmes (CNOSF)
    • Conseil national de l'ordre des chirurgiens-dentistes (CNOCD)
    • Conseil national de l'ordre des masseurs-kinésithérapeutes (Cnomk)
    • Conseil national de l'ordre des pédicures-podologues (Cnopp)
    • Conseil national de l'ordre des infirmiers (CNOI)
      Etablissements de santé:
    • Fédération hospitalière de France (FHF)
    • Fédération de l'hospitalisation privée (FHP)
    • Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne privés non lucratifs (Fehap)
    • Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile (Fnehad)
    • Fédération française des centres de lutte contre le cancer (Unicancer)
      Patients
    • Collectif interassociatif sur la santé (Ciss)
    • Conférence nationale de santé (CNS)
      Industriels
    • Fédération des éditeurs d'informatique médicale et paramédicale Ambulatoire (Fneima)
    • France e-health tech
    • Les entreprises du médicament (Leem)
    • Les entreprises des systèmes d'information sanitaires et sociaux (Lessis)
    • Syndicat national des industries des technologies médicales (Snitem)
    • Syntec numérique
      Administrations et opérateurs
    • Délégation à la stratégie des SI de santé (DSSIS)
    • Délégué ministériel à l'innovation
    • Déléguée au service public d'information en santé
    • Agence des systèmes d'information partagés de santé (Asip santé)
    • Direction générale de l'offre de soins (DGOS)
    • Direction générale de la santé (DGS)
    • Direction générale de la cohésion sociale (DGCS)
    • Direction de la sécurité sociale (DSS)
    • Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees)
    • Direction générale des entreprises (DGE)
    • Agences régionales de santé (ARS)
    • Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts)
    • Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA)
    • Union nationale des organismes d'assurance maladie complémentaire (Unocam)
    • Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap)
    • Santé publique France (ANSP)
    • Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM)
    • Haute autorité de santé (HAS)
      Filière académique et recherche
    • Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé (Aviesan)
    • Conférence des doyens des facultés de médecine
    • Fédération des spécialités médicales (FSM)
      Personnalités qualifiées
    • Président du CCNum (Conseil national du numérique)
    • Président du Catel (Club des acteurs de la télésanté)
    • Président de la SFT (Société française de télémédecine)
    • Président de l'AIM (Association française d'informatique médicale)
    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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