L’actualité numérique des industries de santé

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    CES de Las Vegas: un an après, des start-up dressent un bilan mitigé

    PARIS (TICpharma) - Alors que le Consumer Electronics Show (CES) 2021 se tient en ligne depuis le 11 janvier, TICpharma a fait le point avec Moon, Bisom et Kwit, trois start-up d'e-santé qui avaient fait le voyage à Las Vegas en 2020.

    L'œil dans le rétroviseur, Jean-Vianney Massin, directeur général de la jeune pousse strasbourgeoise Moon, loue une expérience riche de la grand-messe de la tech en 2020… mais a décidé de sécher l'édition 100% virtuelle en 2021.

    Présent à Las Vegas l'année dernière pour présenter son application destinée à renforcer le suivi et l'accompagnement personnalisé des patients diabétiques par leurs médecins grâce à une plateforme de télésurveillance dotée d'intelligence artificielle (IA), il a choisi de "ne pas y retourner sans avoir quelque chose de nouveau à montrer".

    "Nous pourrions participer en 2022 mais là, nous n'avons rien à lancer, qui pourrait justifier qu'on y soit", a-t-il expliqué à TICpharma, mi-décembre.

    Il y a un an, Jean-Vianney Massin en était persuadé: "le CES est une bonne rampe de lancement. C'est un lieu privilégié pour rencontrer de potentiels partenaires", confiait-il, enthousiaste.

    Mi-janvier 2020, de retour en Alsace, il avait même commencé à enregistrer les retours positifs de l'événement. "Nous sommes rentrés, notre application était fonctionnelle, nous avions lancé nos premiers projets en France et nous avions plusieurs pistes commerciales sur la côte Ouest des Etats-Unis… puis six semaines après, il y a eu l'épidémie de Covid-19!"

    "Très rapidement, nous avons pris la décision d'aller vers les gens qui nous avaient contactés après le CES pour leur dire qu'une crise sanitaire aux conséquences inconnues s'ouvrait et qu'il valait mieux temporiser. Six semaines après, nous nous sommes recontactés et les retours étaient invariablement les mêmes: on 'dépriorise', on travaille au jour le jour."

    Freiné par la pandémie, confronté à des potentiels partenaires américains de plus en plus frileux et concentrés sur la gestion de leur propre crise sanitaire, Moon a profité du petit revers de manche subi pour requestionner son application.

    "Plutôt que de procéder à un déploiement massif de notre plateforme pendant le confinement, nous avons décidé de repenser son modèle autour de la distribution des rôles et de la sécurisation des données. Nous avons la chance d'être une jeune société et de pouvoir remettre en cause l'ensemble de l'architecture de la plateforme, du modèle des données et des normes de sécurité autour", a détaillé le directeur général.

    "Cette crise nous a fait réfléchir, la donnée est encore plus critique avec un besoin de télésurveillance plus important et le plus grand risque aurait été une perte de confiance de l'utilisateur professionnel de santé et patient. Donc nous avons retravaillé là-dessus", a-t-il complété.

    De fait, le déploiement de la plateforme a été retardé et s'il se fait déjà "dans un centre de santé en région Grand Est", il devrait accélérer localement en 2021 et à l'échelle nationale ensuite.

    La société strasbourgeoise compte également sur cette année pour décrocher le marquage CE pour sa solution et consolider son partenariat avec le Centre européen d'étude du diabète (Ceed) "pour concevoir le meilleur parcours patient intelligent".

    Passée de 3 à 10 salariés, elle prépare également une nouvelle levée de fonds pour 2021 pour accompagner ses projets et doubler encore ses effectifs, a fait savoir Jean-Vianney Massin.

    "Pas d'intérêt à distance"

    Sollicité en novembre par TICpharma, Philippe Leroy, fondateur de la jeune pousse spécialisée dans les solutions de télémédecine d'urgence Bisom, n'avait pas encore décidé de sa participation au CES virtuel.

    "Le plan pour l'édition 2021 était de discuter avec des distributeurs locaux. Le but est de rencontrer des gens, de prendre des rendez-vous… Le 'remote', c'est bien quand on a déjà eu un premier contact", expliquait-il alors.

    Bisom ne participe finalement pas au salon. "En distanciel, ça n'a pas d'intérêt", a expliqué Philippe Leroy le 11 janvier. Les rencontres et le réseau sont "ce qui a le plus motivé [Bisom] en 2020, et là où on a le plus de succès". CES ou pas, "du distanciel, on en fait tous les jours".

    La fondateur de Bisom a retenu deux éléments de sa participation au CES en 2020: "une communication très positive en France, sur des médias grand public comme Europe 1 et BFMTV", et "de la crédibilité, une écoute très positive auprès de contacts" grâce à sa sa sélection parmi les lauréats du village francophone.

    "Ça a participé à lever des obstacles auxquels fait face une jeune entreprise qui n'a pas de références", a-t-il ajouté.

    Le premier confinement a ensuite "mis un coup d'arrêt au démarrage positif après le CES." Le déploiement de Bisom, qui était alors expérimenté au CHU de Lille, "a été arrêté et reporté sine die, les contacts pris au CES ont été mis en pause".

    La société a alors "revu [sa] façon de faire" et développé une V2 de sa solution, qui a été déployée au SAMU de Lille en juin. "On a voulu démarrer solidement et montrer que ça marche."

    Parmi les nouvelles fonctionnalitĂ©s, la tĂ©lĂ©-prescription, le partage de photos et vidĂ©os, la gestion multi-victimes, l'interopĂ©rabilitĂ© avec le dossier patient informatisĂ© (DPI) et le système d'information hospitalier (SIH), et une solution d'authentification avec le SI-Samu  "en cours de dĂ©veloppement".

    Aujourd'hui, la solution est "en phase de test ou de démarrage dans au moins 5 départements", alors qu'"on s'attendait à 2 [départements]", a relevé Philippe Leroy, qui "ne sait pas expliquer" ce succès. "Les démonstrations auprès des médecins sont très convaincantes", a-t-il avancé.

    "Le pire événement qu'on n'ait jamais fait"

    "Aller au CES [en 2020] n'a servi à rien", a pour sa part tranché Geoffrey Kretz, co-fondateur de l'application ludique pour arrêter de fumer Kwit, auprès de TICpharma en novembre.

    "C'était le pire événement qu'on n'ait jamais fait. On a juste perdu de l'argent", a-t-il ajouté.

    Participer au salon "n'a pas d'intérêt pour une application. Ce n'est pas dans l'esprit du CES, qui est une foire aux gadgets."

    Kwit a participé à de nombreux congrès pour start-up mais a décidé de "lever le pied", car ces rencontres "n'ont pas d'intérêt en B2C et ne sont pas l'idéal pour les levées de fonds", a estimé Geoffrey Kretz.

    Malgré cet échec, la société a connu une bonne année 2020 et "de gros développements commerciaux à travers l'Europe", où elle est "n°1", a indiqué son co-fondateur. Elle "approche du million de téléchargements", dont "75 à 80%" sont en Europe.

    Pendant un mois, Kwit a été mise en avant par Apple dans son magasin d'applications App Store, ce qui a "multiplié les téléchargements par 4 par rapport au même mois en 2019 et entrainé une hausse de 25% des revenus".

    L'application a également bénéficié des confinements. "Plus de gens ont recommencé à fumer, et plus de gens ont essayé d'arrêter", a indiqué Geoffrey Kretz.

    Les téléchargements ont augmenté de 33% au premier confinement et "un peu moins" au deuxième. "Novembre, qui est le mois sans tabac, est passé à la trappe dans les médias; et les gens sont quand même allés travailler, donc la pause clope est restée", a-t-il expliqué.

    La start-up, qui compte maintenant 11 employés, a embauché 3 personnes en 2020: un spécialiste de l'expérience utilisateur (UX), un développeur et un chargé de marketing.

    Une levée de fonds est en cours "pour renforcer la partie scientifique de l'application et collaborer avec des tabacologues pour créer des contenus". Le lancement d'une nouvelle verticale, consacrée à une autre addiction, est attendu au deuxième semestre 2021.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com
    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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