L’actualité numérique des industries de santé

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    E-santé: la Coalition innovation santé fait le point sur les projets soutenus par ses membres

    PARIS (TICpharma) - La Coalition innovation santé, qui rassemble des acteurs publics et privés de la santé et du secteur pharmaceutique, a présenté l'avancement de plusieurs projets e-santé soutenus par ses membres lors d'une conférence en ligne le 16 novembre.

    La coalition a été créée en mars "sous l’impulsion" de France Biotech, AstraZeneca et des associations France digitale et MedTech in France, avec les soutiens de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), de Bpifrance, du réseau EIT Health et de France Assos santé, pour faire face à l'épidémie de coronavirus, rappelle-t-on.

    Elle a lancé un appel à projets innovants "pour contribuer à désengorger le système de soins et permettre aux patients atteints de maladies chroniques de continuer à être pris en charge".

    Pendant le premier confinement, plus de 57.000 patients et 40 hôpitaux ont bénéficié des solutions de la coalition, a fait savoir Pascal Bécache, cofondateur du Digital Pharma Lab, l'accélérateur de la pharmatech qui opère les appels à projets de la coalition.

    En tout, 15 projets ont reçu "plus de 2 millions d'euros de financement sous des formes variées", a-t-il ajouté.

    Aucun détail financier n'a été dévoilé pendant la conférence.

    Plus de 50 acteurs industriels y participent aujourd'hui, a indiqué Christophe Dufour, directeur de l'innovation, des données et de l'expérience client chez AstraZeneca France.

    La coalition a reçu "plus de 400 propositions" de start-up, a indiqué Fabrice Feugas, directeur des relations adhérents de France Digitale. Il s'agit de jeunes pousses "très qualifiées" et "prêtes à travailler avec des grands groupes et des laboratoires".

    "Les solutions proposées étaient pratiques et pragmatiques, avec un impact immédiat", a commenté Sylvie Troy, directrice médicale adjointe de Pfizer, qui "soutient plus de 6 projets dans le cadre de la coalition dont le déploiement et la mise en oeuvre continuent".

    "Le dispositif [de la coalition] est très efficace", a ajouté Olivier Nosjean, directeur de la recherche scientifique de Servier. Il "souhaite que cette initiative puisse un jour trouver un jumeau dans des applications plus biotech".

    BORAconnect de Biosency

    Parmi les projets retenus, le bracelet connecté de télésuivi des patients en insuffisance respiratoire chronique BORAconnect de la start-up Biosency, "soutenu" par AstraZeneca et GSK.

    "Le but est de permettre une surveillance continue sans exposer les patients", a expliqué Yann Le Guillou, cofondateur de la start-up.

    Trois cas d'usages ont été retenus et déployés dans plusieurs établissements. Au CH d'Elbeuf, BORAconnect est utilisé pour la prise en charge à l'hôpital de patients Covid. Le CH du Mans et le GHT de l'Artois, dont le CH de Lens est l'établissement support, s'apprêtent à faire de même.

    Le deuxième cas d'usage porte sur la télésurveillance de patients Covid à domicile après leur sortie d'hôpital. Il est utilisé au CHU de Rennes et aux CH d'Orléans et du Mans, et le sera bientôt par l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), l'hôpital d'instruction des armées Sainte-Anne de Toulon et le GHT d'Artois. Biosency a également reçu des demandes de prestataires de soins à domicile (Psad) et de structures de coordination, a indiqué Yann Le Guillou.

    Le troisième cas d'usage est la prise en charge de patients insuffisants respiratoires à domicile "pour réduire leur stress et faciliter le diagnostic à distance pendant les téléconsultations". Les CHU de Bordeaux et Caen, le CH du Mans et des médecins libéraux à Caen, La Rochelle et Nantes font partie des utilisateurs. Le CHU de Nantes s'apprête à l'utiliser.

    BORAconnect est utilisée 51 patients et 26 médecins depuis septembre.

    Bulle de myCharlotte

    La deuxième start-up présentée est myCharlotte, qui développe Bulle, une application de soins de support à distance pour les patients atteints de cancer. Elle a bénéficié du soutien d'AstraZeneca, Amgen, MSD, Pfizer, Servier et l'institut européen EIT Health.

    L'application a eu "plus de 7.000 utilisateurs pendant le premier confinement" qui ont consulté plus de 5.500 pages, a déclaré Charlotte Mahr, ancienne patiente et fondatrice de la start-up. "Plus de 3.000 personnes ont réalisé 12.000 contenus vidéo et audio."

    Bulle "était souvent l'unique ressource disponible pour certains hospitalisés pour un cancer pendant la période Covid".

    La coalition "a permis de financer la prise en charge spécifique de plus de 80 patients pour un suivi psychologique, de la douleur, d'activité physique individuelle ou collective… et 700 rendez-vous" pour une prise en charge efficace, a-t-elle ajouté.

    La start-up collabore aujourd'hui avec trois centres de lutte contre le cancer (CLCC), dont le CLCC Léon-Bérard de Lyon, qui prescrivent l'application. Le déploiement est en cours et l'inclusion des patients "se fait petit à petit", pour un objectif de 110 patients pris en charge.

    Learn to fight de Simforhealth

    La société SimforHealth a mis ses simulateurs numériques de formation à disposition de 100.000 professionnels de santé grâce au soutien de Mylan et Pfizer, a indiqué son fondateur, Jérôme Leleu.

    Avec le CHU de Bordeaux, elle a créé "Learn to fight", une simulation numérique de la prise en charge de patients de Covid-19 pour l'ensemble des professionnels de santé déclinées en trois scénarios: consultation chez le généraliste, appel aux urgences, hospitalisation et réanimation.

    Aujourd'hui, 78 établissements de santé dont 10 à l'étranger l'utilisent, a indiqué Jérôme Leleu.

    La société a diminué ses tarifs, habituellement autour de 50 euros par accès, à un euro par accès, a-t-il ajouté.

    MemoQuest de Calmedica

    La société Calmedica, qui développe le robot conversationnel (ou chatbot) MemoQuest, a été aidée par AstraZeneca, Roche et Takeda, a indiqué Sophie Martineau, sa directrice commerciale.

    Un premier projet, portant sur les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques intestinales (Mici), a démarré le 8 octobre au CHU de Grenoble, dont 62 patients ont été enrôlés pour un an. Il n'y eu "aucun refus", a-t-elle souligné.

    Tous les mois, les patients sont interrogés sur leur état de santé et leur douleur, ce qui permet de les suivre à distance et de les prendre en charge si besoin.

    La même solution va être déployée ce mois-ci au CHU de Rennes.

    Calmedica recherche un site pour déployer son deuxième projet, qui porte sur l'asthme sévère. "Un protocole a été réalisé avec l'hôpital privé d'Antony" mais le projet n'a pas pu être mené à terme avec cet établissement.

    Concernant le troisième projet, sur le cancer du poumon, un site est "en cours d'identification" et la société "espère que ça va avancer assez vite".

    MemoQuest est utilisé "dans plus d’une centaine de services hospitaliers en France" dont "l’ensemble des unités de chirurgie ambulatoire des 33 hôpitaux de l'AP-HP" et a "a dépassé le million d'utilisateurs", a fait savoir la société dans un communiqué mi-octobre.

    Axomove

    Axomove, plateforme de télé-rééducation et de suivi à distance de patients en rééducation pour les professionnels exerçant en centre de rééducation, est soutenue par Ipsen, a indiqué son cofondateur, Clément Morel. Elle permet de prescrire des exercices thérapeutiques en vidéo, de suivre l'observance, de réaliser des téléconsultations et des séances assistées.

    Son déploiement a débuté "la semaine dernière" au CHU de Reims, et se poursuivra "d'ici la fin de l'année" aux CHU de Lille et Bordeaux, et aux hôpitaux Lariboisière (Paris, AP-HP) et Raymond-Poincaré (Garches, AP-HP).

    L'expérimentation doit durer 6 mois.

    Chronolife

    Chronolife, qui développe des vêtements connectés de suivi en temps réel et de prédiction des maladies chroniques, a été soutenue par Servier.

    Son tee-shirt connecté est utilisé pour le télésuivi de patients atteints de maladies cardiovasculaires, en complément d'une plateforme de visualisation de l'état de santé développée par la société Be-ys, a indiqué Louis de Magnitot, "VP of Sales" de Chronolife.

    Cette solution est "en phase de déploiement" auprès de 40 patients des Hospices civils de Lyon (HCL) et des CHU de Caen et Besançon.

    La société est "en discussion" avec d'autres hôpitaux en France et à l'étranger, et prépare la déclinaison de la solution sur d'autres pathologies "à l'avenir".

    Ambulis de Domicalis

    Le groupe Vivalto Santé s'est équipé de la solution Ambulis, éditée par la société Domicalis, pour "assurer le télésuivi des patients Covid qui se présentent aux urgences mais ne sont pas hospitalisés, de patients Covid en sortie d'hospitalisation ou de patients qui ont montré des symptômes après une consultation chez leur médecin", a expliqué Marie-Pascale Chague, directrice de l'innovation du groupe.

    Vivalto a été soutenu par Roche "pour un établissement [où l'utilisation de la solution est ciblée] sur la cancérologie" et par Lilly pour 15 établissements "afin de répondre rapidement à la crise".

    Un protocole de télésuivi Covid a été créé, ainsi que "18 protocoles en réhabilitation rapide après chirurgie et ambulatoire couvrant l'orthopédie, l'ophtalmologie, le viscéral et le vasculaire intégrant à chaque fois des questions Covid".

    Création d'un fonds d'investissement

    Le Digital Pharma Lab "a décidé d'aller plus loin après les très bons retours de la coalition" et de créer un fonds d'investissements, baptisé "PharmaTech Venture", a déclaré Vincent Galand, directeur associé du lab.

    Il s'agit de "reprendre ce qui a le mieux marché dans la coalition" et de "repérer des sociétés capables de mettre à disposition rapidement des solutions robustes, concrètes et prêtes à être déployées".

    Les participants de ce nouveau groupement, baptisé "Coalition Next", doivent "accepter de partager les données issues des projets avec des tierces parties à des fins de santé publique et de recherche, dont le Health Data Hub".

    Les modalités de financement "permettent de prendre des parts directement dans la start-up et d'avoir un lien avec elle", a ajouté Vincent Galand sans plus de détails.

    Ce fonds en euros "n'a pas encore été créé" mais "souhaite un premier closing à 2 millions d'euros". Les premiers partenaires sont le Digital Pharma Lab, France Digitale, GSK, Roche, Ipsen, Mylan et Takeda. Le pilotage du fonds sera assuré par ce "comité des fondateurs".

    Le Lab souhaite que des institutions publiques investissent Ă©galement dans le fonds.

    Deux saisons de 6 mois sont prévues. Un premier appel à projets de 4 semaines aura lieu fin janvier 2021, qui prévoit notamment un "'sourcing' dans la base de données [des 405 projets] de la Coalition innovation santé". L'objectif est de débuter le déploiement des projets en mars 2021.

    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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