L’actualité numérique des industries de santé

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    Comment Servier met en œuvre sa transformation numérique

    PARIS (TICpharma) - Virginie Dominguez, récemment nommée à la tête de la nouvelle direction "Digital, data et systèmes d’information" du groupe Servier, a expliqué comment la société met en œuvre sa transformation numérique, lors d'un entretien à TICpharma le 28 octobre.

    Virginie Dominguez a rejoint Servier en tant que Chief Digital Officer (CDO) en janvier, avant de prendre la tête de la direction "Digital, data et systèmes d’information" en mai, rappelle-t-on.

    "Le groupe a la volonté d'accélérer sa transformation au sens large, et la transformation digitale en fait partie. C'est un levier majeur pour atteindre nos ambitions et améliorer nos performances", a-t-elle déclaré à TICpharma.

    La création de cette nouvelle direction vient renforcer "les compétences en digital, data et cloud" qui étaient "assez peu développées" chez Servier.

    Après avoir réalisé un bilan des "compétences humaines, méthodologiques et techniques du groupe" à son arrivée, Virginie Dominguez a proposé des orientations, validées en mars par le comité exécutif.

    "Ma vision est que le digital peut nous apporter sur l'ensemble des métiers et de la chaîne de valeur, de la production du médicament jusqu'au patient", a-t-elle indiqué.

    Deux axes de travail principaux ont été mis en œuvre.

    Le premier vise à mettre l'analyse des données au service de l'amélioration de toutes les activités du groupe.

    "Depuis juin, nous procédons au montage d'une plateforme data groupe. On développe des initiatives autour de l'analytique avancée et de l'intelligence artificielle (IA) avec les équipes de la supply chain pour avoir une visibilité des stocks en temps réel. C'est critique puisque Servier est principalement présent sur les maladies chroniques, donc on ne peut pas être en rupture de stock", a-t-elle expliqué.

    La société développe des algorithmes de machine learning pour améliorer la fiabilité de ses prévisions de ventes et affiner les quantités à produire.

    "On veut aussi donner un meilleur accès aux données aux équipes de R&D pour leur permettre de prendre des décisions plus rapidement, que ce soit sur le repositionnement de médicaments, la recherche de nouvelles molécules, etc", a-t-elle ajouté.

    Une nouvelle gouvernance des données a été instaurée, avec "un nouveau mode de fonctionnement, des outils de mise en qualité des données, des data catalogues… On a revu entièrement l'infrastructure des données."

    Le deuxième axe est l'automatisation des processus.

    Servier s'est doté d'une plateforme de "robotic process automation" (RPA) d'aide aux fonctions support, qui permet de "dégager les salariés des tâches répétitives et à faible valeur ajoutée comme les clôtures budgétaires mensuelles, la vérification de réception de factures…"

    "Six robots sont opérationnels, et on prévoit d'en sortir deux par mois pendant les deux prochaines années", a ajouté Virginie Dominguez.

    Une restructuration des infrastructures informatiques du groupe est Ă©galement en cours.

    "Nos infrastructures étaient quasiment à 100% 'on premise' avec des data centers un peu partout dans le monde. On a entrepris un 'move to cloud' en rénovant la première couche de base, l'infrastructure du réseau à travers le monde."

    "Les technologies étaient relativement anciennes, pas forcément aussi réactives qu'elles auraient pu l'être pour nos utilisateurs. On n'avait pas de cloud à mon arrivée", a-t-elle relaté.

    Servier "revoit son socle applicatif pour qu'il soit en mode SaaS [software as a service] et qu'on puisse y accéder partout dans le monde, qu'il s'agisse des applications pour les essais cliniques, du nouveau CRM [customer relationship management] unifié au niveau mondial, des modules de visite médicale virtuelle qu'on ajoute. On a dû beaucoup accélérer avec le confinement."

    Des moyens "très importants" ont été investis, a indiqué Virginie Dominguez, qui n'a pas souhaité donner de détails financiers.

    "On a commencé avec le 'minimum viable product' [MVP], les toutes premières étapes, et on va augmenter le nombre de fonctionnalités et de pays équipés dans les premiers mois."

    La nouvelle direction a également lancé d'autres chantiers, dont la mise en place de nouvelles méthodes de travail agiles, et souhaite développer un "patient support program" de "soutien à nos médicaments auprès des professionnels de santé et des patients".

    Une quarantaine de recrutements

    Une quarantaine de recrutements ont été lancés, dont une vingtaine sont toujours en cours, pour "ajouter des compétences qu'on n'avait pas: des data scientists, data engineers, product owners, UX designers, et des personnes avec des compétences IT plus 'standard' autour des nouvelles technologies cloud".

    "Quasiment" tout le comité de direction a été renouvelé sur les aspects numériques, avec notamment un nouveau Chief Digital Officer (CDO), un nouveau directeur des systèmes d'information (DSI) et une personne en charge de la transformation numérique.

    "Quand je suis arrivée, on avait très peu de compétences en interne. On recrute mais on fait aussi appel à des prestataires en régie qui nous accompagnent pour monter en capacité. Les effectifs sont quasiment doublés" en comptant les prestataires, mais "l'ambition est d'avoir les ressources en interne".

    Servier "n'exclut pas non plus des partenariats avec des start-up".

    "Venant du secteur des télécoms, j'ai été surprise par les systèmes anciens, les outils technologiques qui étaient beaucoup moins modernes dans la pharma. Les perspectives [de transformation numérique] sont énormes et portent sur des métiers extrêmement variés", a-t-elle déclaré.

    Il reste encore beaucoup de "perspectives inexplorées", en particulier "autour des données de vie réelle, qui vont permettre d'être beaucoup plus fins dans la prescription, d'adapter les médicaments et les combinaisons de médicaments pour encore mieux soigner. Il y a beaucoup de challenges mais les perspectives en terme de santé publique et de médecine personnalisée sont exceptionnelles", a-t-elle conclu.

    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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