L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Innovations

    La difficile collaboration entre pharma, biotechs et entreprises du numérique

    LONDRES (TICpharma) - Plusieurs représentants de l'industrie pharmaceutique ont constaté les difficultés de collaboration avec les secteurs numérique et technologique et livré des conseils pour des partenariats mieux encadrés et réussis, lors du Bioscience Forum organisé par l'association britannique des biotechs BioIndustry Association (BIA) le 14 octobre.

    Il existe de nombreuses opportunités dans le développement clinique pour appliquer de nouveaux paradigmes technologiques, y compris une meilleure utilisation des données et de puissants algorithmes, a indiqué Jacob LaPorte, co-fondateur et directeur monde du laboratoire d'innovation numérique Biome de Novartis.

    Mais l'industrie n'est pas "digital native" et a presque toujours besoin d'un partenaire extérieur pour développer une solution numérique.

    "En tant qu'industrie, nous n'avons pas vraiment réussi à développer une grande capacité de partenariat avec l'écosystème numérique et technologique. Nous sommes souvent à la recherche de solutions prêtes à l'emploi que nous voulons juste intégrer à nos opérations, alors que ça ne marche pratiquement jamais de cette manière."

    Cepandant, les sociétés pharmaceutiques ont besoin de créer les solutions en collaborant avec les sociétés technologiques, plutôt que de s'appuyer sur des solutions prêtes à l'emploi.

    Novartis travaille en ce sens via Biome, qui a été créé en 2017 afin de permettre aux équipes de Novartis de co-développer des solutions numériques en parallèle d'offres thérapeutiques spécifiques, d'activités de recherche et des processus métiers internes. Biome fournit aussi des ressources et opportunités qui permettent aux acteurs de l'innovation extérieurs à la société de valider leurs solutions, en leur donnant accès à une expertise juridique, médicale ou réglementaire.

    Après San Francisco, Novartis a choisi la France pour lancer son deuxième Biome, qui est aussi son premier en Europe, expliquait la société en 2019.

    Biome a connu des succès, a indiqué Jacob LaPorte, dont un partenariat avec le fabriquant d'outils de diagnostics Hemex Health autour d'un test de dépistage de la drépanocytose, utilisable sur le lieu de la consultation, en Afrique sub-saharienne.

    "Nous avons travaillé avec cette société pour lui apporter un soutien réglementaire afin qu'elle puisse accéder au marché ghanéen et s'intégrer à notre initiative", a-t-il indiqué.

    "On commence à voir les fruits de notre travail récompensés. Nous pouvons employer ce test dans des régions qui sont mal équipées en infrastructures de soins, diagnostiquer et traiter les patients plus rapidement, et réellement améliorer la vie des patients."

    Jacob LaPorte a souligné l'importance de développer de preuves de concept avec les potentiels partenaires, avant de conclure des accords.

    "Si vous êtes sérieux au sujet de l'expérimentation, le gros de vos efforts doit permettre de réimaginer vos processus, afin de faciliter l'expérimentation. Je pense que nous pouvons tous reconnaitre que le fait d'être sérieux est un facteur clé ici, et tout aussi important pour l'itération du développement des produits."

    Cela implique de définir les sujets que le partenariat est supposé traiter, afin que les responsables de la société, les managers, et le partenaire extérieur puissent déterminer si le partenariat va dans la bonne direction et justifiera la conclusion d'un accord.

    "C'est uniquement après cette étape qu'il faut considérer un accord ou une collaboration. Si vous ne faites pas cet effort d'emblée et que vous n'avez pas une bonne hygiène de travail pour chaque accord d'importance, vous aurez plus d'échecs que de réussites", a-t-il estimé.

    Judith Reece, vice-présidente en charge du développement numérique de GlaxoSmithKline, a indiqué au cours du même événement que chaque partenaire numérique potentiel de la pharma doit avoir une bonne compréhension du problème qui doit être résolu, ou au moins la volonté de le comprendre.

    "Le plus important n'est pas forcément le 'comment' on va faire, mais surtout qu'ils comprennent le 'quoi', c'est-à-dire ce que nous essayons de faire, et qu'ils prennent le temps de le comprendre, car il est plus facile de résoudre le 'comment' si on comprend le 'quoi'."

    Marcus Vass, associé au cabinet d'avocats Osborne Clarke, a également indiqué que les sociétés technologiques doivent comprendre que le secteur pharmaceutique est "beaucoup plus exigeant en termes réglementaires".

    "Ce travail de pédagogie entre la société pharmaceutique et son partenaire peut prendre un temps certain", a-t-il déploré.

    Le Covid-19, révélateur des difficultés numériques

    L'épidémie de Covid-19 a donné l'occasion au secteur de la santé de prendre plus de risques avec les nouvelles technologies, a par ailleurs estimé Jacob LaPorte au cours du même événement.

    Les diverses restrictions imposées par la lutte contre l'épidémie ont mis en lumière des challenges que le secteur avait dissimulés, provoquant des réactions de la part des entreprises et institutions.

    "Les défis posés par l'épidémie ont incité pratiquement tous les acteurs de la chaine de valeur sanitaire à prendre un peu plus de risques et expérimenter de nouvelles technologies pour résoudre les problèmes de manière innovante", a-t-il déclaré.

    "Je pense qu'à la fin de cette phase d'expérimentations, des choses fonctionneront bien plus rapidement qu'avant l'épidémie tout en étant conformes à la réglementation. Les passages à l'échelle seront sans doute plus rapides. La façon dont les gens interagissent avec le secteur de la santé et les soins va changer de manière significative et pour le mieux."

    C'est le cas de la télémédecine, qui était un concept discuté depuis des années mais a explosé avec l'épidémie.

    Il y avait "beaucoup de scepticisme et de résistance active" de la part de nombreux acteurs jusqu'en février, mais tout a changé en avril, alors que le confinement en vigueur dans de nombreux pays a étendu l'adoption, la reconnaissance et le développement futur de la télémédecine, a ajouté Marcus Vass.

    "Espérons que les 6 ou 7 derniers mois aboutissent à quelque chose de bon pour l'avenir", a-t-il complété.

    "Je pense que le barrage a cédé pour le digital en tant que moyen d'accès à n'importe quelle forme de soins. La résistance a été forte sur de nombreux fronts, mais la télémédecine a finalement été largement adoptée."

    Thomas Meek

    À suivre

    Comment Servier met en œuvre sa transformation numérique

    https://info.kaliop.com/webinars/application-mobile-sante?utm_campaign=Webinar%20App%20Compagnon&utm_source=unknowns&utm_medium=unknowns

    Innovations

    CES: un an après, trois start-up font le point sur la grand-messe de la tech

    PARIS (TICpharma) - Alors que le Consumer Electronics Show (CES) 2020 ouvre ses portes le 7 janvier, TICpharma revient sur les actualités de Lifeina, Posos et ExactCure, trois start-up d'e-santé que nous vous présentions à l'occasion de l'édition 2019 de la grand-messe de la tech.

    0 3334

    Innovations

    L'informatique et la donnée parmi les "innovations de rupture" du système de santé (étude LIR/EY)

    PARIS (TICpharma) - Les dispositifs médicaux connectés et les outils informatiques représentent près de la moitié des 315 innovations qui vont impacter le système de santé "d'ici trois à cinq ans", identifiées dans une étude de l'association LIR (Laboratoires internationaux de recherche) et du cabinet de conseil EY présentée le 29 novembre.

    0 3100

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    4 + 8 =