L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Le nombre de signalements de cas positifs dans StopCovid accélère lentement

    PARIS (TICpharma) - Le nombre de personnes positives au Covid-19 se signalant dans l'application de traçage des cas contacts StopCovid continue d'augmenter, a-t-on appris lors d'une audition du secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques, Cédric O, dans le cadre de la commission d’enquête Covid-19 du Sénat le 8 octobre.

    "A ce jour", 7.969 personnes ont signalé leur positivité au Covid-19 dans StopCovid, a indiqué Cédric O.

    "L'utilisation de l'application suit la dynamique de l'épidémie", a-t-il affirmé.

    Le 22 septembre, ce nombre était aux alentours de 5.100, avait indiqué Bruno Sportisse, le PDG de l'Inria (Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique), devant la même commission.

    Fin août, 1.369 personnes avaient fait de même.

    StopCovid propose aux personnes ayant contracté le Covid-19 de scanner un QR code, fourni par le Sidep (service intégré de dépistage et de prévention) et intégré au résultat de test RT-PCR, qui permet de signaler aux autres utilisateurs de l'application avec qui ils ont été en contact pendant plus de 15 minutes et à moins d'un mètre que ces derniers sont désormais cas contacts, rappelle-t-on.

    Depuis son lancement le 2 juin, ce système a émis 472 notifications, a indiqué Cédric O, ce qui correspond au nombre de cas contacts identifiés par le protocole de traçage.

    Le secrétaire d'Etat n'a pas précisé le nombre d'utilisateurs qui ont bien été alertés, note-t-on. Le nombre de cas contacts identifiés et le nombre de cas contacts ayant bien reçu la notification peut varier car les utilisateurs peuvent installer, désinstaller, activer et désactiver l'application à volonté.

    Le 22 septembre, StopCovid avait identifié 307 cas contacts et en avait notifié 268, avait alors indiqué Bruno Sportisse. "Le différentiel est probablement dû à des désinstallations", avait-il expliqué.

    L'application a atteint "2,6 à 2,7 millions de téléchargements" et environ 1,1 million de désinstallations, a fait savoir Cédric O.

    Interrogé sur une éventuelle hausse "significative" des téléchargements depuis que des mesures sanitaires locales sont entrées en vigueur, il a indiqué avoir constaté une "légère augmentation des téléchargements", qui oscillent aujourd'hui entre 6.000 et 10.000 par jour.

    Un solde de téléchargements à peine positif depuis juin

    Le solde des téléchargements de StopCovid a été de seulement 60.274 en septembre, selon le rapport sur le projet de loi de prolongation de sortie de l'état d'urgence sanitaire du sénateur Philippe Bas (LR, Manche), dont TICpharma a pu consulter des extraits.

    Ce nombre correspond à l'évolution mensuelle du nombre de téléchargements de StopCovid sur les plateformes Android et iOS.

    L'application a connu le plus de téléchargements en juin, juste après son lancement le 2 de ce mois, avec un solde de 1.676.608, selon ce rapport qui cite le ministère des solidarités et de la santé.

    En juillet, le solde des téléchargements a chuté à 119.681, avant de s'effondrer à 19.771 en août. Sur la plateforme Android, qui équipe près de 80% des smartphones en France, il a été négatif de 21.866 téléchargements lors de ce même mois.

    Au total, StopCovid a été téléchargée 2,7 millions de fois entre son lancement le 2 juin et le 5 octobre. Elle a cependant été désinstallée 1,1 million de fois et réinstallée 300.000 fois, est-il précisé.

    "Au regard de l’objectif de déclaration des cas positifs et d’identification des cas contacts, le système StopCovid est donc efficace", affirme le gouvernement, cité dans le rapport.

    Le sénateur "regrette toutefois qu’aucun élément de comparaison internationale ne figure dans le rapport remis au Parlement sur les systèmes d’information, rapport qui ne comporte pas non plus d’évaluation de l’efficacité sanitaire réelle de l’application".

    "Il y a un vrai enjeu d'adoption de l'application", mais "son potentiel reste entier", a estimé Cédric O le 8 octobre au Sénat.

    Le secrétaire d'Etat "ne sait pas expliquer son insuccès".

    "Nous avons des études qualitatives qui nous disent que les Français ne savent pas l'intérêt qu'ils ont à télécharger l'application. Il y a aussi des différences culturelles [avec les autres pays]. Nous avons sorti l'application quand les Français pensaient que l'épidémie était terminée [le 2 juin, soit 3 semaines après le déconfinement], et les Anglais la sortent au moment où ils s'apprêtent à reconfiner", a-t-il justifié.

    L'application de traçage des autorités britanniques a été téléchargée 15 millions à 16 millions de fois, celle du gouvernement allemand 18 millions de fois, a-t-il précisé.

    Cédric O a souligné que ces applications utilisent l'API (interface de programmation) développée par les géants du numérique Apple et Google, solution que le gouvernement a toujours refusée au nom de l'indépendance sanitaire et technologique.

    "Ces sociétés n'ont pas le meilleur track record de respect de la vie privée. [Les autorités allemandes et britanniques] ne savent pas quels choix sont faits ni combien de personnes reçoivent des notifications", a-t-il tancé.

    Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a indiqué le 22 septembre lors des questions au gouvernement que 3.700 personnes se sont déclarées dans l'application allemande, mettant en rapport ce nombre et les millions de téléchargements de l'application.

    Cédric O a lui aussi souligné devant les sénateurs que "plus de personnes se signalent" dans StopCovid que dans ses équivalents étrangers.

    Interrogé sur le manque d'interopérabilité des applications européennes, il a répondu qu'il est "trop tard" pour discuter de ce sujet avec les partenaires européens, mais s'est dit "persuadé d'avoir fait les bons choix".

    Flou autour du coût de l'application

    Concernant le coût de l'application, le secrétaire d'Etat n'a pas été en mesure d'apporter une réponse précise aux sénateurs et s'est embrouillé dans les chiffres.

    "Il n'est pas possible de donner un chiffre au réel car il n'y a pas encore eu de facturation", a-t-il expliqué.

    Les chiffres disponibles sont "des plafonds avec des marges très importantes, au cas où on aurait besoin de nouvelles fonctionnalités. Les montants réels seront probablement le quart ou la moitié" de ces sommes.

    Entre le 2 juin et le 30 septembre, l'application a coûté 86.000 euros par mois, mais "les premières factures seront émises en octobre", a-t-il indiqué.

    Par ailleurs, Capgemini "travaille gratuitement jusqu'à fin octobre, donc le plafond va probablement augmenter autour de 200.000 euros car nous avons lancé un appel d'offres".

    Par ailleurs, un appel d'offres pour la maintenance de l'application a été publié début octobre, mais il ne comporte pas de montant minimum ni maximum.

    Depuis le 2 juin, l'Inria agit en tant qu'assistant à la maîtrise d'oeuvre de StopCovid pour le ministère des solidarités et de la santé, en collaboration avec un consortium composé des sociétés Lunabee, Withings, Outscale, Orange et Capgemini, qui font partie de l'équipe-projet StopCovid depuis le début.

    Avant le 2 juin, ces sociétés ont travaillé gratuitement.

    Cédric O a également répété que le développement de l'application allemande avait coûté 20 millions d'euros, et que sa maintenance coûte 3 millions d'euros par mois.

    Interrogé le 8 octobre sur BFMTV au sujet du fait que le premier ministre, Jean Castex, ait admis ne pas avoir téléchargé StopCovid, Olivier Véran a déclaré qu’"on n'est pas très bons, et donc on va changer notre fusil d'épaule".

    Jean Castex a par ailleurs annoncé le 12 octobre qu'une nouvelle version de l'application "officiellement lancée le 22 octobre". "A ce moment, je la téléchargerai", a-t-il glissé.

    Le chef du gouvernement a estimé que l'application "n'a pas eu les effets escomptés" jusqu'ici, mais n'a pas dévoilé de détails sur ce que changerait la prochaine version.

    Enfin, "il a été confirmé au rapporteur que le gouvernement envisage de prolonger l’application jusqu’au 1er avril 2021, 'au vu du contexte sanitaire et pour les mêmes raisons que celles qui justifient de proroger le régime transitoire institué à la sortie de l’état d’urgence'", apprend-on dans le rapport de Philippe Bas.

    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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