L’actualité numérique des industries de santé

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    Politique

    Inauguration en grande pompe du "guichet national de l’innovation et des usages en e-santé" (G-Nius)

    PARIS (TICpharma) - Inscrit dans la feuille de route du numérique en santé, le "Lab e-santé", rebaptisé "guichet national de l’innovation et des usages en e-santé" (G_Nius), a officiellement été lancé le jeudi 8 octobre par les responsables de la délégation ministérielle du numérique en santé (DNS), Dominique Pon et Laura Létourneau, en présence de Cédric O, secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques.

    L’action n°23 de la feuille de route ministérielle du numérique en santé, présentée en avril 2019 par l'ex-ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, portait sur la création d’un "Lab e-santé", rappelle-t-on.

    "Les acteurs publics en charge du numérique en santé ont trouvé via G_Nius une manière de communiquer en transverse, décloisonnée, qui est inédite sur l’ensemble des secteurs d’activité en France", s'est félicité le secrétaire d'Etat Cédric O, notant "une démarche d'intelligence collective" engagée aux côtés des industriels et des start-up.

    Il s'est exprimé jeudi en fin de journée, à l'occasion de la signature de la charte de création de la plateforme, lors d'une conférence en grande pompe organisée par la DNS en présence d'une multitude de représentants des acteurs publics et privés du système de santé et du numérique.

    "Le gain de temps apporté par G_Nius peut contribuer à accélérer l’accès au marché des innovations au bénéfice des citoyens et des professionnels de santé du social et du médico-social", a-t-il relevé.

    Le service, accessible via gnius.esante.gouv.fr, permet aux "innovateurs" (start-up, entreprises, chercheurs, professionnels de santé…) de passer par le même guichet dont le rôle serait d’identifier, de faire émerger et de diffuser de nouveaux concepts, technologies, solutions et usages en matière d'e-santé, et d’aiguiller les acteurs du marché dans l’ensemble des dispositifs existants.

    Cette porte d'entrée commune des actions publiques en santé donne accès à des informations, outils, services portés par l’ensemble de l’écosystème national et régional (expérimentations en cours, appels à projets, contenus pédagogiques, événements…).

    L'action de G_Nius auprès des innovateurs s'articule autour de trois grands objectifs:

    • connaĂ®tre la rĂ©glementation applicable
    • comprendre l’écosystème
    • repĂ©rer les sources de financement.

    Pour rappel, une "version Covid-19" de G_Nius avait déjà été déployée le 12 mai dernier.

    Elle proposait alors aux entrepreneurs un accès aux référentiels applicables conçus par les pouvoirs publics face à la crise, une documentation sur les sources de financement françaises et européennes dédiées au développement de nouveaux outils innovants et portait à leur connaissance les espaces de référencement généralistes et thématiques auxquels ils pouvaient postuler pour donner plus de visibilité à leurs solutions.

    Un service qui "transpire le terrain"

    Cette nouvelle version du guichet unique a, elle, été co-construite par l’ensemble des parties prenantes du secteur (start-up, fédérations d’industriels, pôles de compétitivité, accompagnateurs, agences et institutionnels…), "lors de plus de 30 ateliers en ligne, grâce à des outils innovants", a fait savoir David Sainati, directeur de projets à la DNS présent lors de l'évènement.

    "G_Nius est assez exemplaire […] sur le volet co-construction, il y a vraiment eu un travail main dans la main avec de nombreux entrepreneurs et industriels pour construire ce service qui transpire le terrain. Il a été fait pour se mettre à la place du start-upper qui se pose des questions", a salué Laura Létourneau, déléguée ministérielle du numérique en santé (DNS).

    Piloté par la DNS et l’Agence du numérique en santé (ANS), en partenariat avec Bpifrance -laquelle met à disposition son réseau d’experts et ses compétences métiers-, G_Nius "n’a pas vocation à se substituer aux acteurs qui créent ou accompagnent les innovations mais se positionne davantage en un fédérateur des acteurs du numérique en santé", a rappelé le ministère des solidarités et de la santé dans un communiqué.

    Partenaire de G_Nius, la Haute autorité de santé (HAS) y présente, elle, l'ensemble des ressources qu’elle met à la disposition des porteurs de projet dans quatre domaines: l'innovation, les logiciels métier des professionnels de santé, la télésanté et la santé mobile.

    Sur chacun de ces thèmes, la Haute autorité présente des liens vers les référentiels et les outils disponibles ainsi que les coordonnées mail des services à contacter. Elle "organise aussi régulièrement des réunions d’informations, des rencontres précoces et des rendez-vous pré-dépôts", a-t-elle fait savoir sur son site.

    Orienter les acteurs sur le volet réglementaire

    Lors d'une table ronde organisée après la signature de la charte de création de G_Nius, Hubert Galmiche, chef du service évaluation des dispositifs à la HAS a salué "l'utilité" de la plateforme et son "côté boussole". "Tout ce qui vient améliorer la lisibilité et la compréhension des démarches d'accompagnement mises en œuvre par la HAS est une bonne chose. Beaucoup d'entre elles sont trop ignorées ou mal anticipées", a-t-il commenté.

    En outre, la plateforme compte parmi ses partenaires l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam), toutes signataires de la charte.

    "L'agence est souvent perçue comme étant le gendarme des produits de santé, ce qui est vrai mais elle a aussi une autre priorité: l'accès aux produits de santé et donc à l'innovation", a insisté Dominique Martin, directeur général de l'ANSM. "C'est pour cette raison que nous avons créé récemment un guichet 'innovation et orientation' (GIO) qui permet justement d'accompagner les porteurs de projets dans le domaine réglementaire et scientifique pour faciliter l'innovation […]. Le lien avec G_Nius est essentiel pour permettre à un porteur de projet de le préparer de façon très pédagogique et de faire son diagnostic, avant de l'orienter vers un organisme plus spécialisé", a-t-il ajouté.

    Dans le même ton, la présidente de la Cnil, Marie-Laure Denis, a également souligné l'importance d'accompagner les innovateurs en santé sur le volet réglementaire. Elle a annoncé que le régulateur va se doter "début 2021" d'un "bac à sable" destiné aux porteurs de projets innovants, afin qu'ils puissent "s'assurer de la conformité de leurs solutions avec le RGPD [règlement général européen relatif à la protection des données personnelles, ndlr]".

    Egalement invité à s'exprimer, le responsable du département Espace numérique de santé (ENS) et Dossier médical partagé (DMP) à la Cnam, Thomas Jan, a lui, fait savoir que le consortium industriel chargé de construire l'ENS sera désigné "dans les prochains mois". "Il sera notamment chargé de mettre au point un store d'applications", a-t-il rappelé, notant que G_Nius en sera "un vecteur d'information".

    Les acteurs privés attentifs

    Réunis dans une seconde table ronde, les représentants de la fédération France Digitale Health, du pôle de compétitivité santé Medicen, du Syndicat national de l'industrie des technologies médicales (Snitem) et du syndicat professionnel des entreprises de services du numérique (Syntec Numérique) se sont tous félicités de la création d'une plateforme qui doit leur permettre de "bâtir ensemble une véritable filière e-santé en France".

    William Rolland, responsable e-santé du Snitem, a d'abord rappelé la diversité des acteurs composant l'écosystème français avant de pointer leur difficulté à intégrer les volets réglementation et qualification de leurs outils. "Nous considérons G_Nius comme un portail, qui va diriger tous ces acteurs. C'est un gain de temps considérable en termes de pédagogie et d'éclairage", a -t-il expliqué.

    Un point de vue partagé par Thibaut Naline, représentant de France Digitale Health. "Les gens qui sortent d'écoles et qui veulent créer une start-up dans la santé n'ont pas forcément une connaissance précise de tout l'écosystème […], c'est un enjeu très fort. La deuxième grosse problématique, c'est le financement: pour être payé dans l'e-santé, c'est compliqué parce que le prescripteur n'est pas forcément le payeur et une start-up doit d'abord se faire référencer avant d'être payée", a-t-il expliqué.

    "La santé est un secteur où l'accès au marché est très difficile et les industriels qui y sont déjà gardent très précieusement cet accès. Demain, si l'accès au marché est équitable, l'entrepreneur pourra investir du temps sur son produit et cela favorisera l'innovation", a-t-il poursuivi, espérant que G_Nius jouera ce rôle de "facilitateur".

    La question du financement du numérique en santé a également retenu l'attention du Syntec Numérique. "Pendant des années il y a eu un sous-financement (...) qui est en train de changer et notamment grâce au décloisonnement de l'action publique", a déclaré Raphaëlle Frija, déléguée aux usages numériques de l'organisation professionnelle. "G_Nius est un bel exemple de ce décloisonnement, qui doit maintenant s'opérer chez les acteurs privés", a-t-elle ajouté.

    Animateur de la structuration de la filière e-santé en France, le pôle de compétitivité Medicen travaille justement à ce décloisonnement. "Les besoins de ces entreprises sont énormes et nous nous sommes structurés pour les accompagner au mieux et faire le lien avec les acteurs de la santé que sont les établissements de soins, la recherche et les industriels mais il y a encore beaucoup à faire", a détaillé Jessica Leygues, déléguée générale du pôle.

    "Ce que nous attendons de cet outil, c'est vraiment le côté pratico-pratique. Nous sommes ravis de voir émerger cette initiative, c'est une étape nécessaire et précieuse mais elle ne sera évidemment pas suffisante", a-t-elle prévenu.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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