L’actualité numérique des industries de santé

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    Comment Microsoft et AstraZeneca accélèrent ensemble dans l'IA en santé

    PARIS (TICpharma) - La première saison du programme "AI Factory for Health", lancée par Microsoft France et le laboratoire pharmaceutique AstraZeneca, s'est clôturée le 17 septembre par la présentation des projets des six start-up accélérées autour de la thématique de l'intelligence artificielle (IA) "mise au service du parcours patient", à l'issue d'un accompagnement de trois mois bouleversé par l'épidémie de Covid-19.

    Emanation du programme "AI Factory" de Microsoft, l'"AI Factory for Health" est née de la rencontre entre les dirigeants de Microsoft France et d'AstraZeneca "juste avant l'été 2019 pour bâtir un écosystème et construire un programme autour de l'IA appliquée à la santé", a détaillé le 1er octobre auprès de TICpharma Anthony Virapin, directeur des programmes start-up de Microsoft France.

    "Pour le faire de manière efficace, nous voulions répondre à des problématiques concrètes. Microsoft a apporté son expertise technologique et AstraZeneca est un acteur référent en santé. Nous avons donc travaillé ensemble sur un programme qui répond aux besoins de chacun", a-t-il poursuivi.

    Concrètement, les start-ups accélérées ont bénéficié du savoir-faire et de l’expertise d’AstraZeneca en matière de pathologies, de connaissances des besoins des patients et des professionnels de santé, ainsi que ses compétences dans le domaine juridique ou dans l’accès aux établissements et aux données de santé.

    Microsoft a apporté ses compétences technologiques et les services de sa plateforme cloud, Azure, ainsi qu’un accompagnement personnalisé notamment via son réseau commercial.

    "Dans le cadre de notre objectif de bâtir un écosystème, nous avons également eu avec nous d'autres partenaires: l’Institut national de recherche en sciences du numérique (Inria), France Digitale, l’incubateur iPEPS de l'Institut du cerveau et de la moëlle épinière (ICM), les fonds de capital-risque Partech et Serena pour aller plus loin et proposer un programme complet et cadré pendant ses différentes phases d'accélération", a indiqué Anthony Virapin.

    Le programme d'accélération d'une durée de trois mois se compose de trois phases: une première dite "technique" pour "aider les start-up à bâtir leur solution ou à l'optimiser"; une deuxième d'accompagnement dans leur stratégie de mise sur le marché (go-to-market) et une dernière consacrée à l'aide à la "commercialisation du produit".

    "Ces phases peuvent être adaptées et personnalisées avec les différentes start-up qui nous font part de certains besoins dès la phase de kick-off [démarrage, ndlr]. Tout cela se jauge avec chacune des entreprises pour mettre en place le bon accompagnement et les mettre en relation avec les bonnes personnes chez nous", a fait savoir le directeur des programmes start-up de Microsoft France.

    "Ce qui nous a amené à avoir cette discussion avec Microsoft, c'est que notre équipe a conduit une analyse du parcours patient et qu'elle a identifié des problématiques assez importantes, auxquelles nous pouvions répondre à partir de l'analyse des données dont nous disposions", a expliqué le 1er octobre à TICpharma Christophe Dufour, directeur "innovation, data and customer eXperience" chez AstraZeneca France.

    "Nous nous sommes dit que nous avions besoin de start-up pour nous aider à coconstruire des solutions grâce à leur expertise en IA et dans l'analyse des données mais il fallait également que ces start-up grandissent pour sortir de la preuve de concept (Proof of Concept ou PoC) et répondre aux problématiques de parcours de soins au-delà des trois mois du programme d'accélération. Nous pouvons les aider à grandir avec l'accompagnement de tous les partenaires et leur permettre d'avoir une solution qui soit viable et pérenne", a-t-il complété.

    Un mentorat sur-mesure

    L'appel à projets, lancé en octobre 2019, a reçu 42 candidatures et après une pré-sélection de 12 start-up, l'accélérateur a finalement accueilli 6 jeunes pousses en janvier 2020.

    "La durée du programme d'accélération était de trois mois, la crise du Covid-19 a un peu décalé tout cela mais l'intensité du programme a été très forte pendant trois mois", a souligné Christophe Dufour.

    Les conditions pour candidater étaient d'avoir développé une solution "suffisamment mâture" consacrée à la santé, fondée sur une technologie d'IA et destinée aux patients, aux professionnels de santé ou aux établissements hospitaliers et avoir déjà réalisé une levée de fonds.

    En pratique, chaque start-up a bénéficié de l'accompagnement de "trois personnes à temps plein" au sein de l'équipe des programmes start-up de Microsoft France et de six mentors désignés par AstraZeneca, même si "20 personnes en interne ont été impliquées significativement sur le programme", a fait savoir le directeur "innovation, data and customer eXperience" d'AstraZeneca France.

    "Chaque mentor a été formé pour aider la start-up à ne pas être dans un mode 'client-fournisseur', pour trouver son modèle économique et faire en sorte que sa solution réponde à la problématique du parcours de soins. L'idée est aussi d'aider la start-up à identifier les bons interlocuteurs en interne et, pour cela, nous avons des mentors désignés par 'thématique' (data sciences, oncologie, etc.) en fonction du projet de la start-up", a-t-il précisé.

    Chaque semaine, le mentor a rencontré les dirigeants de la start-up tutorée et les équipes de Microsoft et AstraZeneca se sont vues, elles, une fois par mois pour combiner efficacement leurs compétences durant la phase d'accélération.

    Du côté d'AstraZeneca France, la désignation des mentors s'est opérée "sur la base du volontariat" et sans mal, a indiqué Christophe Dufour. "Nous avons été surpris de l'énorme appétence qu'il y a eu en interne."

    Concernant le financement du programme, "il n'y en a pas vraiment eu", a fait savoir Anthony Virapin. "C'est surtout l'investissement de personnes chez Microsoft France et AstraZeneca, et les quelques frais de fonctionnement du programme ont été discutés entre les deux parties à chaque fois", a-t-il ajouté.

    "C'est important, justement, qu'il n'y ait pas de question de financement. Cela nous évite de retomber dans une relation 'client-fournisseur' déguisée avec les start-up. Demain, nous pourrions devenir leur client et ils pourront aussi en avoir d'autres", a abondé le responsable innovation d'AstraZeneca.

    Les six start-up lauréates sont…

    Si les dirigeants français de Microsoft et d'AstraZeneca n'excluent pas d'accélérer de nouvelles promotions au sein de l'"AI Factory for Health", "aucun programme n'est prévu pour l'heure", ont-ils indiqué à TICpharma.

    "Une feuille de route a été fixée chez Microsoft France pour l'AI Factory, nous allons prochainement nous concentrer sur d'autres secteurs, notamment celui de la mobilité. Nous sommes très satisfaits du programme sur l'IA en santé avec AstraZeneca mais nous n'en prévoyons pas de nouveau pour l'instant", a expliqué Anthony Virapin.

    "La démarche en écosystème a démontré beaucoup de valeurs, nous allons continuer à travailler avec un écosystème le plus large possible pour réunir le plus de compétences complémentaires", a pour sa part affirmé Christophe Dufour.

    Pour cette première édition du programme, les deux partenaires ont donc accompagné six jeunes pousses:

    • Ad Scientiam: crĂ©Ă©e en 2013, la sociĂ©tĂ© se concentre sur la collecte de biomarqueurs digitaux pour la recherche clinique et le suivi des patients dans plusieurs pathologies.
    • BioSerenity: fondĂ©e en 2014, la start-up est spĂ©cialisĂ©e dans le dĂ©veloppement de dispositifs mĂ©dicaux textiles pour le suivi continu et personnalisĂ© des patients.
    • Kap Code: crĂ©Ă©e par Kappa SantĂ©, la start-up est spĂ©cialisĂ©e dans l’analyse des donnĂ©es mĂ©dicales en vie rĂ©elle, notamment via les rĂ©seaux sociaux.
    • Gleamer: lancĂ©e en 2017, la medtech assiste les radiologues dans le diagnostic d'imagerie mĂ©dical en utilisant l'IA.
    • Lifen: crĂ©Ă©e en 2015, la sociĂ©tĂ© a dĂ©veloppĂ© un logiciel qui analyse automatiquement les documents mĂ©dicaux Ă  la recherche du patient et du destinataire, pour assurer la communication des informations entre Ă©tablissements de santĂ© publics et privĂ©s et mĂ©decine libĂ©rale.
    • Primaa: crĂ©Ă©e en 2018, la jeune pousse dĂ©veloppe des outils logiciels dotĂ©s d'IA permettant d'assister les pathologistes dans les diagnostics de cancer.
    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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