L’actualité numérique des industries de santé

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    Télésuivi du cancer: Bayer France s'allie à DirectoSanté pour lancer Oncoscope

    LOOS (Nord), PARIS (TICpharma) - Bayer France a noué un partenariat avec la start-up DirectoSanté pour lancer la solution de télésuivi du cancer Oncoscope, destinée à "améliorer le suivi du parcours de soins des patients atteints de cancer", a expliqué le 3 septembre à TICpharma Anh Tran-Paraye, cheffe de produits "oncologie" de la filiale française du groupe.

    "La réflexion autour de la télémédecine remonte à un bon moment chez Bayer. Dès 2019, nous nous sommes demandés comment nous pouvions utiliser cette technologie pour améliorer et simplifier le parcours de soins des patients atteints de cancer et nous avons considéré que nous avions un rôle à jouer pour faire en sorte qu'elle s'intègre dans l'offre de soins globale", a expliqué Anh Tran-Paraye.

    "Le challenge, à ce moment-là, était de trouver le partenaire idéal et la solution la plus simple, qui allait convenir le mieux à tous les patients en oncologie, y compris les plus âgés ou les moins technophiles", a-t-elle poursuivi.

    "Après plusieurs salons et prises de contacts, nous avons rencontré la start-up DirectoSanté à la fin de l'année 2019 avec laquelle est née Oncoscope."

    La solution Oncoscope s'adresse à tous les patients atteints de cancer, quel qu'en soit le type ou le traitement administré (administration injectable en hôpital de jour ou par voie orale à domicile).

    Concrètement, le patient reçoit un SMS avec un lien à ouvrir et un questionnaire médical à renseigner.

    Selon la nature des réponses reçues et si l'équipe soignante de l'hôpital ou du centre de lutte contre le cancer (CLCC) l'estime nécessaire, elle peut alors joindre le patient par téléphone, lui faire parvenir un lien pour une session de téléconsultation ou l'inviter à se rendre à l'hôpital.

    Le patient n'a pas à télécharger d'application sur son mobile, "ce sont les établissements hospitaliers qui installent la solution et adressent les SMS à leurs patients", a précisé la cheffe de produits.

    Le questionnaire médical est, à l'origine, "établi par un oncologue" mais peut être modifié et adapté aux différents types de cancers et aux patients par les services de soins en oncologie des établissements de santé et CLCC.

    Oncoscope doit ainsi permettre de concilier le maintien à domicile et l'amélioration de la qualité de vie des patients, tout en leur offrant de garder un lien avec les professionnels de santé. Ces derniers peuvent optimiser leur temps de travail et gérer précocement les effets secondaires liés aux traitements anticancéreux.

    De plus, la solution de télésuivi doit aussi permettre une meilleure observance thérapeutique et protéger le patient exposé à des risques d’infection dans les hôpitaux, notamment dans le contexte de l'épidémie de Covid-19.

    "Les équipes de soins décident elles-mêmes de la temporalité de ces échanges par SMS entre les rendez-vous présentiels", a commenté la responsable.

    Un modèle économique à définir

    La filiale française de Bayer, qui n'a pas souhaité communiquer sur les montants investis, soutient financièrement Oncoscope "dans un premier temps" et "apporte [son] expertise en oncologie à DirectoSanté, ainsi que la mise en contact avec les centres hospitaliers pour accélérer le déploiement de la solution et confirmer son intérêt", a détaillé Anh Tran-Paraye.

    Si le modèle économique "reste à définir", la solution pourrait être proposée aux établissements de santé sous forme d'un abonnement mensuel, "le patient ne paiera rien", a-t-elle précisé.

    "Il y a beaucoup de patients qui pourraient bénéficier de ce type d'approche en télésuivi. La première étape, c'est l'oncologie, peut-être qu'elle pourrait être proposée à d'autres aires thérapeutiques mais pas forcément", a indiqué à TICpharma Thibaut Leturgez, conseiller scientifique "oncologie et innovation" de Bayer France.

    "Nous sommes au tout début du projet. L'idée est de répondre à un besoin en télémédecine qui se faisait sentir en oncologie, de tester la solution et d'en démontrer les bénéfices avant d'envisager de l'utiliser plus largement", a complété Anh Tran-Paraye.

    Pour l'heure, il n'y a pas encore de patients utilisateurs d'Oncoscope mais "la société DirectoSanté développe déjà la plateforme de télémédecine DirectoSuivi et compte 180.000 utilisateurs", a fait savoir la cheffe de produits, qui souhaite s'inspirer du succès de cette première solution.

    Le numérique comme levier de croissance

    Outre la solution française Oncoscope, c'est le groupe Bayer dans son ensemble qui "a fait du numérique, un pilier", a expliqué Thibaut Leturgez.

    "Cette transformation digitale passe par trois voies: la structuration de ses équipes, la culture interne d'entreprise et les intentions de Bayer, qui se traduisent par le développement de partenariats comme celui avec DirectoSanté", a-t-il complété.

    A Berlin, siège mondial du laboratoire pharmaceutique, l'accélérateur Grants4Apps (G4A) accompagne, par exemple, depuis 2013 des start-up dans le développement de solutions visant à améliorer le quotidien des patients, des professionnels de santé et à faire évoluer le système de santé.

    "D'ici 2030, la filière technologique en santé va générer 40 milliards d'euros par an et créer 130.000 emplois. Nous souhaitons nous inscrire dans cette dynamique et nous nous investissons dans cette stratégie digitale", a indiqué le conseiller scientifique "oncologie et innovation" du laboratoire.

    En attendant, en France, plusieurs initiatives sont déjà lancées, à l'image du site internet Amplio.fr.

    Lancé au début 2017, il est destiné aux patients traités par anticancéreux oraux et a pour mission d’améliorer leur prise en charge et leur qualité de vie au quotidien, en leur apportant des solutions pratiques dans la gestion de leur maladie.

    Un an auparavant, la filiale française du laboratoire s'était alliée à l'association "Vivre sans thyroïde" pour développer une application mobile gratuite destinée à accompagner les personnes souffrant de dysfonctionnements thyroïdiens.

    Thibaut Leturgez a également cité à TICpharma l'application mobile ludique "Radio Héros", conçue pour "rassurer les enfants qui doivent passer un examen de radiologie".

    Actuellement, Bayer planche sur une étude baptisée "Facet" aux côtés de la Ligue contre le cancer, a-t-on appris. Prévue "pour la fin de l'année", cette expérimentation consistera à proposer aux patients inclus de "tester des objets connectés et des capteurs dédiés à suivre leur état de santé et à améliorer leur prise en charge globale en oncologie".

    Bayer France participe également au programme "Global Pharma Booster" du Digital Pharma Lab, créé en partenariat avec la communauté internationale de start-up, Hello Tomorrow.

    Les start-up candidates intéressées peuvent encore postuler au programme jusqu'au 9 septembre.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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