L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

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    Labos, Gafam, données, recherche: les initiatives contre le Covid-19 à retenir

    PARIS (TICpharma) - Offensives e-santé des laboratoires pharmaceutiques ,alliances entre industriels, établissements de santé et start-up, bouleversements réglementaires en matière de collectes des données, application de traçage, boum de la télémédecine... L'épidémie de Covid-19 a bouleversé les pratiques et les stratégies: retour sur les initiatives qu'il ne fallait pas manquer.

    Les mesures de confinement, la contrainte du suivi à distance des patients, l'indispensable suivi épidémiologique et la transformation numérique du secteur de la santé à marche forcée ont fait grimper les sujets e-santé dans l'actualité lors du pic épidémique de Covid-19 qui a marqué la première moitié de 2020.

    Avant de vous souhaiter un bel été et de vous donner rendez-vous le 24 août pour continuer à vous informer avec la rigueur et l'indépendance qui caractérisent le groupe d'information APM, la rédaction de TICpharma vous propose de revenir sur les temps forts de ce printemps un peu particulier.

    • Le Covid-19, accĂ©lĂ©rateur de la transformation numĂ©rique de la pharma

    Fin juin, un sondage commandé par le laboratoire pharmaceutique suisse Novartis révélait que la crise liée au Covid-19 avait amélioré l'image que les professionnels de la technologie ont de l'industrie pharmaceutique. Depuis le début de l'épidémie, les acteurs de la pharma ont mis un coup d'accélérateur pour répondre à la crise sanitaire, notamment avec des outils numériques.

    Novartis s'est allié avec la start-up française Tilak Healthcare pour "étendre l'utilisation d'OdySight afin d'accompagner le suivi des patients atteints de maladies chroniques oculaires".

    Toujours à l'adresse des patients, le laboratoire Sanofi a noué un partenariat avec une jeune pousse californienne, Luminostics, pour développer un autotest de dépistage du Covid-19 sur smartphone en vue d'une mise sur le marché "en accès libre d'ici à la fin de 2020".

    Plus inattendu, le Covid-19 a aussi vu naître une collaboration entre les laboratoires AstraZeneca, Amgen, MSD France, Pfizer et Servier autour d'une initiative numérique en oncologie: l'appli "Bulle" de la start-up MyCharlotte, une solution de soins de support à distance pour les patients atteints de cancer leur permettant de continuer d'être pris en charge.

    MSD France a également fait confiance à la télémédecine pour suivre les patients inclus dans ses essais cliniques, apprenait-on le 7 juillet.

    Si les acteurs de la pharma semblent avoir misé sur l'usage des nouvelles technologies, il y a, néanmoins, une grande absente: l'intelligence artificielle (IA).

    • Alliances et coalitions contre le Covid-19 se multiplient

    Créée mi-mars sous l'impulsion du Dr Fabrice Denis, concepteur du logiciel de télésurveillance Moovcare poumon (Sivan), l'Alliance digitale contre le Covid-19 rassemble entre autres Johnson & Johnson (J&J), AstraZeneca, l'éditeur Kelindi, la filiale du groupe La Poste Docaposte, les assureurs Allianz France et AG2R La Mondiale, l'acteur de téléconsultation MesDocteurs et la société technologique Withings.

    Elle a lancé le site d'information grand public maladiecoronavirus.fr, basé sur un algorithme co-développé par l’Institut Pasteur et l’Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) pour "répondre aux personnes pensant avoir été exposées au coronavirus".

    Fin mars, un autre groupe d'acteurs de la santé s'est rassemblé dans la Coalition innovation santé, "sous l’impulsion" de France Biotech, AstraZeneca, des associations France digitale et MedTech in France, avec les soutiens de l'AP-HP, de Bpifrance, du réseau EIT Health et de France Assos Santé.

    Sont également membres le Leem (Les entreprises du médicament), Sanofi, Servier, Ipsen, Novartis, UCB, Amgen, Takeda, Chugai, l'association G5 Santé, Urgo, Cooper, Vivalto Santé et le Snitem (Syndicat national de l'industrie des technologies médicales).

    En mars toujours, le réseau national des centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), le CHU de Bordeaux et la start-up Synapse ont réalisé un site web grand public permettant aux patients d’obtenir une réponse sur les risques relatifs à l’automédication en cas de symptômes de Covid-19.

    L'AP-HP a pour sa part opposé une fin de non-recevoir à la société controversée Palantir Technologies, qui lui avait proposé ses services d'analyse de données pour lutter contre l'épidémie début avril.

    • Le Health Data Hub au rendez-vous de l'urgence

    Attendue pour le mois de juin, la plateforme technologique qui permet d'accéder aux données du Health Data Hub a été mise en production fin avril pour répondre à des besoins liés à l'épidémie de Covid-19.

    Toujours dans le cadre de la crise sanitaire, un arrêté publié au Journal officiel (JO) a autorisé le Health Data Hub et la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) à collecter un large éventail de données.

    Parallèlement au développement du hub, Stéphanie Combes et Emmanuel Bacry, respectivement directrice et directeur scientifique du Health Data Hub, ont été missionnés par Matignon pendant l'épidémie de Covid-19, sur la question des données en appui à la gestion de la crise. Leur rapport, remis au début de l'été, n'a pas encore été rendu public.

    • La France et l'Europe des donnĂ©es

    Le sujet de la collecte et du traitement des données pour accompagner la recherche sur le Sars-CoV-2 a été au cœur des débats et le législateur français a planché sur la question.

    L'article 11 de la loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire et complétant ses dispositions du 12 mai a autorisé la création par décret d'un système d'information (SI) "aux seules fins de lutter contre l'épidémie de Covid-19", rappelle-t-on.

    Quelques semaines avant, c'est à Bruxelles que les données de santé prenaient du galon dans la stratégie de lutte contre l'épidémie.

    La Commission européenne a annoncé le lancement d'une plateforme européenne de partage de données de recherche sur le Covid-19, dans l'objectif d'accélérer la recherche et d'apporter une "réponse efficace à la crise du coronavirus".

    Le 20 mai, toujours à Bruxelles, le couple franco-allemand faisait bloc pour "renforcer la souveraineté sanitaire stratégique" de l'Europe mentionnant clairement l'impératif d'interopérabilité des données de santé.

    Cruciale pour favoriser l'élaboration continentale de plans contre les épidémies, elle aurait été encore plus efficace si elle s'était appliquée aux différentes applications de traçage des contacts lancées par les Etats européens. Sur ce point, la France a fait figure d'exception.

    • L'Ă©chec de StopCovid

    Lancée avec le concours de partenaires publics et privés, dont l'hébergeur Outscale, filiale de Dassault Systèmes, l'éditeur Lunabee, l'entreprise de services du numérique Capgemini et l'Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), l'application de traçage StopCovid a identifié seulement 14 cas contacts en 21 jours. Seulement 68 personnes se sont déclarées positives au coronavirus dans l'application entre le 2 et le 22 juin.

    Le coût de StopCovid est estimé à 100.000 € hors taxes par mois minimum, indiquait fin juin le secrétaire d'Etat chargé du numérique Cédric O (aujourd'hui secrétaire d'Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques).

    • Les Gafam entrent dans le jeu

    Si Google et Apple ont joué les arbitres des applis de traçage dans plusieurs pays, le premier est allé jusqu'à proposer des test Covid-19 contre des données personnelles en avril.

    Dans le même temps, Facebook a annoncé la mise à disposition de l'université PSL (Paris sciences et lettres) et de ses partenaires, le CNRS, l'Inserm et l'Inria, des outils basés sur les données de ses utilisateurs "afin de contribuer aux efforts sanitaires".

    Fin juin, c'était au tour de Microsoft d'annoncer une collaboration avec la start-up française Kap Code pour créer une base de données au sein de la plateforme Epilogue afin d'aider la recherche dans le cadre de l'épidémie de Covid-19.

    Cette plateforme, lancée fin mars, ambitionne de regrouper toutes les informations sur le coronavirus présentes sur le web et d'analyser les données provenant des réseaux sociaux pour suivre l'évolution de l'épidémie.

    • GE Healthcare n'a pas manquĂ© le coche

    Plusieurs industriels ont présenté leurs innovations destinées à accompagner la recherche, faciliter le travail des praticiens hospitaliers ou aider les patients, notamment durant le confinement.

    GE Healthcare, filiale santé de General Electric (GE), a annoncé en juin une collaboration avec l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), Orange Healthcare et la start-up TheraPanacea pour créer une base de données d'imagerie thoracique de patients suspectés de Covid-19.

    L'entreprise américaine a aussi annoncé une nouvelle suite d'outils pour l'analyse rapide des radiographies pulmonaires dotés d'IA pour aider à répondre aux enjeux liés au Covid-19, rappelle-t-on.

    • L'explosion de la tĂ©lĂ©mĂ©decine

    Les pouvoirs publics ont mis un coup de projecteur sur la télémédecine dès début mars et les textes au Journal officiel se sont multipliés depuis lors pour élargir la pratique du télésoin et de la télésurveillance.

    La Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) a enregistré 4,52 millions de téléconsultations pour le seul mois d'avril. L'association Les entreprises de télémédecine (LET) a constaté une augmentation "de l’ordre de 10 à 15 fois du nombre de téléconsultations".

    • TĂ©lĂ©travail, cloud, cybersĂ©curité… les organisations bouleversĂ©es

    Pierre-Yves Colin, président du Centre d'études dans les domaines de l'hygiène et de la santé (Cedhys), qui rassemble des directeurs informatiques du secteur de la santé, et DSI de Carmat, a détaillé à TICpharma les adaptations apportées par les équipes IT des entreprises de santé dans le contexte de crise sanitaire.

    Le directeur général de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), Dominique Martin, a lui expliqué que plus de 800 salariés de l'agence ont été placés en télétravail, dont une centaine focalisés sur les dossiers liés à l'épidémie de Covid-19.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com
    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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