L’actualité numérique des industries de santé

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    Création de bases de données de scanners thoraciques Covid, traitées par IA

    PARIS (TICpharma) - Alors que l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) a annoncé en juin une collaboration avec GE Healthcare pour créer une base de données d'imagerie thoracique de patients suspectés de Covid-19, la Société française de radiologie (SFR) a également annoncé, lors des Journées francophones de radiologie (JFR) de printemps, avoir mis en place une base de données de scanners thoraciques pour être traitée par intelligence artificielle (IA).

    L'AP-HP a annoncé le 16 juin dans un communiqué collaborer avec GE Healthcare, Orange Healthcare et TheraPanacea "pour la réalisation d’un projet de recherche permettant la création d’une base de données" d'imagerie thoracique chez des patients suspectés de Covid-19.

    Le projet dénommé "Stoic" pour "scanner thoracique pour le diagnostic de la pneumonie liée au Covid-19", vise à analyser 10.000 scanners thoraciques effectués pour suspicion de Covid-19. Il est porté par le Pr Marie-Pierre Revel, cheffe de l’unité d’imagerie cardiothoracique de l’hôpital Cochin.

    "L’intérêt du scanner est d’identifier précocement les signes de la maladie et d’en évaluer l’étendue", explique le Pr Revel dans le communiqué de l'AP-HP. "Mais il donne également d’autres informations sur l’état de santé du patient, préexistant à l’infection, permettant d’établir un score de gravité que l’on pourra corréler à l’évolution clinique. Toutes ces données sont désormais disponibles et devraient permettre de mieux comprendre pourquoi certains individus développent une forme grave de la maladie."

    Le projet a mobilisé un groupe de 20 radiologues, experts de la Société d’imagerie thoracique. Ils emploient une application de visualisation d’image 3D, développée par GE Healthcare sur la plateforme Edison et déployée par Orange Healthcare via un accès réseau et une infrastructure d’hébergement des données de santé sécurisés.

    Ce logiciel permet de visualiser les images en 3D et d’annoter à distance les lésions pulmonaires en contourant les zones atteintes par le virus. Il permet également de renseigner les facteurs de comorbidité vasculaire, pulmonaire ou de surpoids susceptibles d’influencer l’évolution de la maladie tels que l’aspect des artères, celui des poumons non atteints, ou encore l’abondance de graisse dans la paroi thoracique.

    Cette base de données permettra de développer des solutions d’intelligence artificielle, afin par exemple de quantifier rapidement et de façon automatique l’étendue et la sévérité des lésions, d’orienter la prise en charge des patients, ou d’évaluer l’efficacité des traitements mis en oeuvre.

    C'est l'entreprise de technologie médicale TheraPanacea qui a développé un pilote intégrant l’intelligence artificielle pour quantifier la maladie et établir un pronostic à court terme des patients à partir de leurs scanners pulmonaires d’entrée à l’hôpital.

    "L’intelligence artificielle a un rôle crucial à jouer dans des situations de crise", fait remarquer le Pr Nikos Paragios, président de TheraPanacea. Elle permet aux médecins et soignants "de prendre les bonnes décisions plus vite et pour plus de patients, tout en gardant leur esprit critique".

    "Cette crise sanitaire nous a obligés à nous mobiliser entièrement et dans l’urgence, et personne n’a compté son temps, qu’il s’agisse des ingénieurs, des radiologues, des chercheurs, ou des chefs de projet gérant les aspects règlementaires", a souligné le Pr Revel.

    L’ensemble des données pseudo-anonymisées provient de nombreux hôpitaux publics parisiens, mais également de Rennes, Lyon et Strasbourg.

    Enfin, "Stoic" est soutenu par un mécénat de plusieurs sociétés et fondations: Innothera, Guerbet, la fondation Centrale Supélec et la fondation de l’AP-HP pour la recherche.

    La base de données Fidac-SFR

    Autre projet qui vise à collecter et analyser des scanners thoraciques de patients Covid avérés ou suspectés, le projet Fidac (pour french imaging database against coronavirus) a été développé par la Société française de radiologie (SFR) en partenariat avec la société Nehs Digital.

    La SFR a été sollicitée par "DRIM France IA", premier écosystème français d'intelligence artificielle pour l'imagerie médicale, pour être le promoteur d'une base de données anonymisées. "L'objectif est de mettre rapidement à disposition un set de données provenant de différents centres selon un protocole d'acquisition standardisé (coupes axiales transverses millimétriques sans injection de préférence) afin que des chercheurs puissent développer des outils de segmentation, de détection, de classification, des scores de gravité pour mieux prendre en charge la maladie", précise la SFR sur son site internet.

    La base Fidac a "pour but de développer des algorithmes, libres de droit, qui pourront aider les radiologues à diagnostiquer, quantifier, évaluer la sévérité, le pronostic des patients", indique le Pr Jean-Paul Beregi du CHU de Nîmes, qui est à l'initiative de cette base de données.
    Nehs Digital apporte son concours dans la mise en place de la collecte nationale et fournit notamment un portail centralisé et un hébergement de données de santé "pour le temps du partenariat et pour l’exploitation de cette base de données".

    A ce jour, la base Fidac contient plus de 3.000 dossiers, a indiqué le 19 juin à APMnews (site du groupe APM International dont fait partie TICpharma), Jean-François Meder, président de la SFR. Et "nous avons reçu de nombreuses demandes d'utilisation de cette base", a-t-il ajouté.

    L’objectif est de pouvoir offrir aux chercheurs institutionnels ou privés, sous le contrôle de la SFR et de "DRIM France IA" des données permettant d’identifier des biomarqueurs diagnostiques, pronostiques, des formes particulières, d’analyser le suivi, de corréler les données radiologiques à la PCR, etc.

    "Ce genre d'outil permet par exemple de mettre en évidence des complications de la maladie Covid-19 que l'on ignorait initialement telles que les maladies thromboemboliques", a complété le président de la SFR.

    "Le projet Stoic de l'AP-HP et le projet Fidac-SFR sont assez identiques", a confirmé Jean-François Meder. "Techniquement la fusion des deux bases de données serait possible et personnellement, elle me paraît extrêmement souhaitée", a-t-il conclu.

    Geneviève De Lacour

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