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    L'Inria publie une première version du protocole du traçage de l'épidémie

    PARIS (TICpharma) - L'Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria) a publié une première version du protocole de traçage de l'épidémie de Covid-19, a fait savoir son PDG, Bruno Sportisse, dans une note dévoilée le 18 avril.

    L'Inria pilote la task force française de développement de l'application StopCovid, initiée par les pouvoirs publics pour permettre un traçage des cas contacts, et participe "à l’initiative PEPP-PT (Pan-European Privacy-Preserving Proximity Tracing) aux côtés d’équipes allemandes, italiennes et suisses", a indiqué Bruno Sportisse.

    Lancé en Suisse le 1er avril, PEPP-PT rassemble 130 chercheurs issus d'institutions de recherche, d'universités et d'entreprises de huit pays européens. Ce consortium ambitionne de mettre à disposition des gouvernements une solution de contact tracing de base, respectueuse des données personnelles et du droit européen, est-il indiqué sur son site.

    Le protocole, baptisé ROBERT (ROBust and privacy-presERving proximity Tracing), "représente l’état de l’art de nos réflexions sur l’architecture technique d’une application de 'contact tracing' respectueuse des valeurs européennes", a indiqué Bruno Sportisse.

    Ce protocole "sera la base de ce qui sera soumis à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et servira au débat parlementaire" prévu à partir du 28 avril au sujet de l'application StopCovid, a déclaré le secrétaire d'Etat au numérique, Cédric O, le 18 avril à l'AFP.

    "La Cnil aura à se prononcer à nouveau sur la version finale de l'application", a-t-il ajouté.

    Cédric O a déclaré le 17 avril qu'il n'est "pas certain" que StopCovid soit prête le 11 mai, note-t-on.

    Une application basée sur ROBERT "n’utilise que le Bluetooth, en aucun cas les données de bornage GSM ni de géolocalisation", a expliqué Bruno Sportisse.

    "Sa conception permet que personne, pas même l’Etat, n’ait accès à la liste des personnes diagnostiquées positives ou à la liste des interactions sociales entre les personnes."

    "Une telle application n’est pas obligatoire" et peut être désinstallée à tout moment, a-t-il assuré.

    Dans le protocole ROBERT, "les informations circulent sous la forme de 'crypto-identifiants', des données pseudonymisées, en général générées de manière éphémère (typiquement, pour une période de 15 minutes) et associées à un terminal et non à une personne."

    "Le détenteur du smartphone, en laissant le Bluetooth activé, permet à son application de construire un historique des crypto-identifiants rencontrés, 'à proximité', pendant une durée significative lors des déplacements", a-t-il expliqué sans préciser les distances et les durées de proximité envisagées.

    "Si une personne diagnostiquée positive se signale dans l'application, "elle fait remonter son historique de crypto-identifiants rencontrés sur un serveur d’une autorité de santé (par exemple), sans divulguer au serveur son (ses) propre(s) crypto-identifiant(s). Aucun lien n’est fait entre le téléphone de la personne et son historique."

    "Par ailleurs, chaque smartphone ayant téléchargé l’application vérifie auprès du serveur central, 'de temps à temps' (toutes les heures, tous les jours, cela fait partie des paramètres à fixer) si ses propres crypto-identifiants sont parmi ceux" ayant été remontés au serveur. "Si c’est le cas, cela signifie que le smartphone a été à proximité lors des jours précédents d’un smartphone porté par une personne qui s’est avérée être positive ultérieurement."

    "La notification se fait sur la base d’une évaluation du risque dont le calcul doit être défini avec les épidémiologistes", a complété Bruno Sportisse.

    Il n'y a "aucune donnée relative au statut des personnes positives" sur le serveur central ou dans les smartphones des personnes croisées, a-t-il insisté.

    "Les paramètres du modèle de transmission et les données statistiques anonymes sont entre les mains de l’autorité de santé qui fixe l’utilisation de ce système. Pas d’une compagnie privée, aussi innovante soit-elle", a-t-il fait valoir dans une critique à peine voilée au développement conjoint par les géants du numérique Apple et Google d'une plateforme de traçage.

    Ce protocole n'est pas définitif, a indiqué le PDG de l'Inria, "c'est un travail en cours, qui a vocation à être challengé."

    "Des nouvelles versions sont donc à venir mais, en tout état de cause, une première implémentation logicielle est en cours de développement sur la base du protocole ROBERT. Comme toutes les productions associées au projet StopCovid, elle sera mise en open source."

    L'Inria participe également à des projets de recherche basé sur les données de traçage de population avec le mastodonte du web Facebook et l'opérateur téléphonique SFR, note-t-on.

    La note de Bruno Sportisse sur le site de l'Inria

    Le protocole ROBERT sur GitHub

    LĂ©o Caravagna
    leo.caravagna@apmnews.com

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