L’actualité numérique des industries de santé

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    L'ANSM s'organise en télétravail et délègue 140 salariés à la gestion du Covid-19

    SAINT-DENIS (TICpharma) - Plus de 800 salariés de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), soit plus de 80% de l'effectif total, sont en télétravail, dont une centaine focalisés sur les dossiers liés à l'épidémie de Covid-19, a dénombré le directeur général de l'agence, Dominique Martin, dans un entretien à APMnews (site du groupe APMnews dont fait partie TICpharma) le 17 avril.

    Une quarantaine de personnes travaillent encore physiquement sur les sites de l'agence, principalement à Saint-Denis, et dans une moindre mesure dans les locaux de Lyon et de Vendargues (Hérault). Toutes sont focalisées sur la gestion des dossiers liés au Covid-19, en plus de la centaine de salariés en télétravail sur le sujet, et disposent des appuis en support informatique nécessaires, à l'instar du responsable de la sécurité du système d'information (RSSI), présent physiquement sur site.

    Sur les plus de 900 salariés de l'agence, une "petite centaine" disposent d'une autorisation spéciale d'absence (ASA), ou d'un arrêt de travail, notamment pour garde d'enfant, a relayé le directeur général.

    "Nous avons globalement un bon niveau d'activité", avec une attention "très importante" et un "fort investissement" des agents sur les dossiers Covid-19, en plus de la poursuite du travail "habituel" sur le traitement des autorisations de mise sur le marché (AMM) ou des autorisations temporaires d'utilisation (ATU) par exemple, a-t-il assuré.

    Il a ajouté avoir pris des mesures de protection sanitaire "assez tôt" avec "quasiment pas de situation d'infection au Covid-19 qui ont eu pour origine une contamination au sein de l'établissement", même si les agents présents physiquement sur site n'ont pas encore de masques.

    Seul un salarié aurait été contaminé dans le cadre du travail, en lien avec son activité au niveau européen. L'ANSM assure plusieurs missions pour l'Agence européenne du médicament (EMA), comme le traitement de demandes d'AMM centralisées, rappelle-t-on. Une enquête a eu lieu après ce cas de contamination et aucun cas secondaire n'a été constaté, selon Dominique Martin.

    Il a estimé avoir peu de visibilité sur les modalités du déconfinement après le 11 mai, tout en relevant qu'il devrait s'agir d'un "retour progressif" à la normale, et que le télétravail "sera clairement une variable d'ajustement de la reprise d'activité".

    Réuni le 18 avril, le comité de direction de l'agence a esquissé un plan de déconfinement, avec la mise en place de protections individuelles obligatoires, comme les masques, et une priorisation des postes qui pourront refaire l'objet d'une présence physique, en fonction de leur "télétravaillabilité".

    Adaptation des réseaux informatiques

    "Il a fallu faire de gros efforts les deux premières semaines [de confinement] pour s'adapter" et outiller les agents, avec l'achat de serveurs supplémentaires pour disposer de davantage de réseaux privés virtuels (VPN) permettant le travail à distance, a souligné le directeur général de l'ANSM.

    Pour ne pas saturer le réseau avec l'ensemble des personnels en utilisation simultanée, l'agence a dû mettre en place des plages horaires de travail, nécessitant un effort d'organisation supplémentaire. L'acquisition de nouveaux matériels informatiques a permis de "détendre" progressivement la situation. "Nous pourrons très probablement supprimer toute notion de plage horaire d'ici une dizaine de jours", a estimé le directeur général.

    Il a toutefois relevé que le changement n'a pas été radical, expliquant que l'agence a accéléré sa dématérialisation depuis quelques années, avec plus de 500 personnes déjà équipées pour le télétravail, et y recourant de façon plus ou moins ponctuelle avant l'entrée en confinement.

    Il a fait part de difficultés qui persistent et d'un retard dans le recours à la visioconférence, du fait de la fragilité des outils disponibles en termes de cybersécurité. L'utilisation de plusieurs applications comme Zoom, service de visioconférence américain dont les vulnérabilités informatiques son régulièrement épinglées, est ainsi interdite.

    Il s'agit de protéger le caractère confidentiel des données échangées au sein de l'agence, et surtout d'éviter d'utiliser des applications dont le niveau de sécurité est insuffisant, et qui peuvent constituer des portes d'entrées vers le systèmes d'information (SI) de l'ANSM et donc l'exposer à de graves cyber-attaques.

    Si des attaques ont bien lieu régulièrement, elles sont maîtrisées car le réseau est "hyper sécurisé" et sa protection est aussi pilotée au niveau ministériel, a déclaré Dominique Martin.

    Virginie Bagouet
    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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