L’actualité numérique des industries de santé

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    Offisanté et Cegedim créent des outils de suivi des ruptures de médicaments

    PARIS (TICpharma) - La société spécialisée dans l'exploitation de données d'officine Offisanté et l'éditeur Cegedim ont lancé deux outils distincts des ruptures de médicaments début mars.

    Offisanté, société d'exploitation de données de 6.500 officines, a développé un "observatoire des ruptures et tensions" d'approvisionnement des médicaments, qu'elle propose gratuitement aux officines, aux professionnels de santé et au grand public, et qu'elle complète par des services payants à destination des laboratoires pharmaceutiques.

    La société propose depuis deux ans aux pharmaciens un site communautaire qui leur permet de rechercher en temps réel des produits sur lesquels ils observent des tensions d'approvisionnement.

    "En une recherche, ils trouvent les pharmacies proches de la leur qui ont le produit recherché par le patient et peuvent ainsi l'orienter", a expliqué Maurice Belais, président et fondateur d'Offisanté, lors d'une interview à APMnews (site du groupe APM International dont fait partie TICpharma) réalisée en amont du lancement.

    La base de données, baptisée Vigirupture, est alimentée par les officines elles-mêmes, qui renseignent leurs produits en stock et manquants, et bénéficient en échange gratuitement de ce service. Chaque année, 10 milliards de tickets de caisses sont ainsi traités.

    Selon la société, 150.000 connexions sont enregistrées chaque jour sur le site et 2.000 patients sont dépannés. Offisanté affirme être régulièrement sollicitée par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pour extraire des données.

    "Nous avons recensé dans la base Vigirupture, alimentée par un tiers des officines françaises, environ 2.500 médicaments avec des tensions d'approvisionnement très fortes et moyennement fortes, tandis que l'ANSM en a identifié 868", a indiqué Maurice Belais. "En général, le chiffre varie entre 2.300 et 2.600", a complété le fondateur, qui n'a pas analysé la durée de ces ruptures, ni leurs causes.

    A partir de ces mêmes données, Offisanté a développé un outil permettant, en recherchant par médicament, par molécule ou par laboratoire, de visualiser les tensions d'approvisionnement en cours, leur historique et leur évolution, et la répartition géographique. "Une cartographie permet de repérer les officines et zones où un médicament est en tension", a détaillé Maurice Belais.

    Cette partie du site est accessible gratuitement, après création d'un compte, et s'adresse "aux officines, aux professionnels de santé, aux associations de patients, aux journalistes, au grand public...", a listé Maurice Belais.

    Parallèlement, un panel de services payants, dont le prix n'a pas été dévoilé, est proposé aux laboratoires.

    "L'industriel est en aveugle complet sur la disposition et la disponibilité des produits", a constaté le dirigeant. La partie monétisée propose un indice de tension par produit, des données sur le marché de la molécule, des extrapolations, des informations sur les parts de marché d'un produit et une géolocalisation précise la demande, par officine. "Quand un laboratoire réceptionne des produits qui étaient sous tension et doit les remettre sur le marché, il peut consulter notre outil qui liste automatiquement le nombre de clients à servir en urgence et ainsi réapprovisionner le marché de façon ciblée", a détaillé Maurice Bélais.

    Les laboratoires peuvent également proposer des services de dépannage aux officines à la recherche d'un médicament, via un bandeau publicitaire. "Ce service passe par les dépositaires, c'est une solution de dépannage qui ne vise pas à remplacer les grossistes-répartiteurs", a souligné le fondateur d'Offisanté.

    Il affirme avoir déjà signé avec quelques laboratoires. "Nous l'avons présenté en amont à quelques clients parmi ceux qui connaissent le plus de tension sur leurs produits", a-t-il indiqué.

    En France, le nombre de signalements de rupture de stocks a été multiplié par 20 en dix ans selon l'ANSM, et l'épidémie de coronavirus, accroît déjà ces tensions.

    Le baromètre "GERS Rupture"

    Cegedim a pour sa part annoncé fin février la mise à disposition, par sa filiale GERS Data, d'un "baromètre dynamique de suivi des médicaments remboursables disponibles sur le marché", intitulé "GERS Rupture".

    L'outil fournit "un état des lieux précis sur le taux de rupture et de disponibilité des médicaments remboursables avec ou sans équivalent", a indiqué l'éditeur spécialisé dans les outils informatiques de santé dans un communiqué.

    La notion de "sans équivalent" est issue de la base de données Claude Bernard (BCB) "afin de factualiser le risque de santé publique", a-t-il poursuivi.

    La BCB est la première base agréée par la Haute autorité de santé (HAS). Elle est utilisée par 80% des officines en France, note-t-on.

    Le baromètre "intègre aussi, de façon instantanée, l'ancienneté des ruptures dès une semaine", a ajouté Cegedim.

    Les éléments présentés proviennent des chiffres d'entrée en pharmacie ("sell-in") issues des données du GERS sur la totalité des officines françaises, et des chiffres de sortie ("sell-out") enregistrés par le GERS auprès d'un panel stratifié de 10.632 pharmacies de ville.

    L'outil s'adresse à l'ensemble des acteurs de santé.

    Les chiffres globaux hebdomadaires sont proposés gratuitement sur demande par mail au directeur général adjoint du GERS, David Syr. L'accès à des informations plus détaillées et à des analyses plus fines est payant, a précisé à TICpharma une porte-parole de Cegedim.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com
    Marion-Jeanne Lefebvre

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