L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Etudes

    Les applis mobiles visant le grand public peu fiables pour évaluer le risque de cancer cutané

    LONDRES (TICpharma) - Les applications mobiles destinées au grand public pour détecter les cancers cutanés et évaluer les lésions suspectes ne sont pas suffisamment fiables et la procédure réglementaire de marquage CE ne permet pas d'apporter une protection adéquate aux consommateurs, selon une étude britannique de revue de la littérature publiée le 10 février dans The British Medical Journal (BMJ).

    Les cancers cutanés figurent parmi les cancers les plus fréquents dans le monde et leur incidence augmente. Leur détection précoce, en particulier des mélanomes, favorise un meilleur pronostic. Plusieurs technologies existent pour aider les médecins généralistes et les dermatologues à réduire le délai au diagnostic et notamment des applications mobiles proposées au grand public, indiquent Karoline Freeman de l'université de Birmingham (Royaume-Uni) et ses collègues.

    Ces applis disponibles notamment sur smartphone proposent d'aider les particuliers à surveiller des lésions suspectes pour décider s'il faut ou non les faire examiner par un médecin. Un algorithme intégré dans l'appli peut analyser des photographies de ces lésions pour les classer en risque faible ou élevé de cancer et formuler des conseils.

    Les applis qui reposent sur ce type d'algorithme et ont des allégations médicales sont désormais considérées comme des dispositifs médicaux qui doivent obtenir le marquage CE des autorités. Deux ont été autorisées en Europe, SkinVision et SkinScan, cette dernière étant aussi disponible en Australie et en Nouvelle-Zélande, poursuivent les chercheurs.

    Mais aux Etats-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) n'en a autorisé aucune et la Federal Trade Commission (FTC) a condamné à une amende deux sociétés pour avoir présenté leur appli MelApp et MoleDetective de façon trompeuse comme analysant de manière précise le risque de mélanome. Ces deux applis ne sont plus disponibles.

    Pour apprécier les résultats et la validité des études qui ont évalué l'exactitude des applis utilisant un algorithme pour apprécier le risque de cancer lié à des lésions cutanées suspectes, les chercheurs ont réalisé une revue systématique de la littérature.

    Ils ont pu analyser les données de neuf études portant sur six applis différentes (les quatre citées précédemment et deux autres qui ne semblent plus disponibles): six études ont comparé la précision diagnostique de l'algorithme intégré pour un total de 725 lésions aux références diagnostiques par histologie et les trois autres, les recommandations proposées à partir de l'algorithme par rapport à celles d'un expert pour un total de 407 lésions.

    Ces études étaient de petite taille et de faible qualité méthodologique, avec une sélection des patients inclus, un taux élevé d'images non analysables et des résultats incomplets avec l'histologie ou l'expert. En outre, l'acquisition et la sélection des images étaient plus souvent faites par le clinicien que le patient. Globalement, les conditions dans lesquelles ont été réalisées ces études sont éloignées de la "vraie vie".

    Concernant les deux applis autorisées en Europe, les chercheurs n'ont trouvé qu'une seule étude pour SkinScan, avec une spécificité de 100% mais une sensibilité nulle pour la détection des mélanomes, et deux pour SkinVision, avec une sensibilité de 80% et une spécificité de 78%, pour la détection des lésions malignes ou prémalignes. Mais la concordance des résultats de cette appli avec les recommandations d'experts était faible.

    Cette étude montre que les données sont de faible qualité, ne permettant pas de recommander l'usage de ces applis mobiles pour aider les particuliers à évaluer le risque de cancer de lésions suspectes, et que la procédure réglementaire actuelle n'apporte pas une protection adéquate, concluent les chercheurs.

    Dans un éditorial, Jessica Morley et ses collègues de l'université d'Oxford observent que "l'autorisation officielle donne aux consommateurs l'impression que ces applis ont été évaluées comme étant efficaces et sûres". Alors que ces dispositifs de classe I sont considérés à faible risque, "des défauts dans ces applis de diagnostic peuvent avoir des implications graves": psychologiques, en générant de l'anxiété (une 'cyberchondrie'), et physiques, par mauvais diagnostic ou surdiagnostic".

    Pour les médecins, le recours à ces applis par le grand public peut générer un surcroît de travail, un impact sur leurs responsabilités éthiques ou légales concernant le tri et l'adressage des patients, le diagnostic et le choix thérapeutique. Pour le système de santé, les conséquences peuvent être un usage inapproprié des ressources, mais aussi une perte de crédibilité pour ces nouvelles technologies en général, poursuivent-ils.

    Ils appellent les autorités à dire clairement ce qu'elles réglementent ou, à défaut, informer les consommateurs qu'elles n'ont pas réalisé d'évaluation pour éviter de les rassurer faussement.

    (The BMJ, édition en ligne du 10 février)

    Luu Ly Do Quang

    À suivre

    Publication d'une étude sur l'usage en vie réelle du jeu vidéo médical OdySight

    Etudes

    Les outils d'Apple pourraient s'avérer utiles pour détecter la maladie d'Alzheimer débutante

    INDIANAPOLIS (TICpharma) - Les données collectées par l'iPhone, la montre connectée Apple Watch, l'iPad et l'outil de suivi du sommeil Beddit sleep monitor d'Apple pourraient permettre de différencier les cas de troubles cognitifs légers (MCI) des formes débutantes de la maladie d'Alzheimer, selon les résultats exploratoires d'une étude présentés le 8 août.

    0 932

    Etudes

    Intérêt d'une appli de stimulation musicale dans la maladie de Parkinson

    OSLO (TICpharma) - Une application mobile de stimulation musicale a permis d'améliorer la marche chez des patients atteints d'une maladie de Parkinson et semble réduire le risque de chutes, selon les résultats d'une étude pilote européenne présentés début juillet au congrès de l'European Academy of Neurology (EAN) à Oslo.

    0 1077

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    2 + 3 =