L’actualité numérique des industries de santé

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    Epigene Labs mise sur l’intelligence "augmentée" pour analyser les données génomiques en oncologie

    PARIS (TICpharma) - Créée en janvier 2019, la start-up Epigene Labs développe une plateforme dotée d'intelligence "augmentée" pour l'agrégation et l'analyse de données génomiques en oncologie pour "dégager des biomarqueurs et prioriser de nouvelles cibles de médicaments anticancéreux", a expliqué à TICpharma Akpéli Nordor, son cofondateur et président.

    L’histoire d’Epigene Labs commence au printemps 2018, sur le campus de la prestigieuse université américaine de Harvard (Massachusetts) où Akpéli Nordor, pharmacien et docteur en biologie interdisciplinaire, et Arthur de Garidel, business developer "au profil plus gestionnaire", complètent leurs cursus universitaires respectifs.

    Aux Etats-Unis, Akpéli Nordor est frappé par l'impact des approches informatiques en biologie dans l'analyse des données du génome et se confronte aux difficultés des chercheurs dans son activité quotidienne.

    "L’ensemble des données génomiques -à la fois publiques et propriétaires- croît au rythme exponentiel de 20% par an, ce qui représente un défi difficile pour les scientifiques des cancers, tout comme une immense opportunité pour la découverte de médicaments pour le bénéfice des patients atteints de cancers", a expliqué Akpéli Nordor.

    Les deux trentenaires décident d'y répondre en alliant leurs forces en janvier 2019 et créent Epigene Labs.

    "Notre produit est une plateforme qui n’utilise pas l’intelligence artificielle (IA) mais de l’intelligence augmentée, c’est-à-dire de l’IA combinée à de l’expertise scientifique, en l’occurrence en oncologie", a souligné le cofondateur de la start-up.

    "En matière de génomique, nous disposons d’énormément de mesures par patient mais de très peu de patients, c’est à l’inverse d’autres industries. Nous ne pouvons donc pas nous permettre de mal classifier un patient car cela représenterait une perte scientifique et en termes d’éthique. Nous estimons qu’il faut utiliser les données remises par un patient au meilleur escient possible", a-t-il expliqué.

    Sur la plateforme et en fonction des questions scientifiques posées, les chercheurs d'Epigene Labs peuvent pré-sélectionner des jeux de données, les standardiser, puis les fusionner.

    "Avant de les fusionner, il faut garantir un maximum de traçabilité de chaque action et de la manière dont nous allons transformer la donnée. Une fois cette étape respectée, nous pouvons alors constituer des cohortes virtuelles de patients et développer des outils d'analyse de ces cohortes. Les algorithmes sont différents selon la demande qui est formulée par le partenaire: diagnostic, thérapeutique, immunothérapie...", a détaillé Akpéli Nordor.

    Des partenariats en discussion

    Chez Epigene Labs, les "partenaires" sont de deux types: académiques pour le volet "scientifique" et des partenaires industriels, "cœur de [leur] cible commerciale et qui sont ceux qui développent, fabriquent et commercialisent le médicament".

    "Souvent, nos partenaires disposent déjà des données et de la capacité de les analyser mais il est important de pouvoir confronter ces données à d'autres, en les testant. C'est un premier besoin. D'un point de vue plus concret, nos partenaires s'intéressent généralement à un type de cancer très précis et à une famille de gènes pour lesquels ils sont très bons pour fabriquer des molécules capables de les moduler", a souligné le cofondateur d'Epigene Labs.

    La technologie développée par la jeune pousse combine ainsi des approches sémantiques et d’apprentissage artificiel pour l’agrégation et l’analyse de données massives et répondre précisément à la question scientifique formulée.

    Si la start-up a fait le choix de concentrer ses efforts initiaux sur des données transcriptomiques (données d'expression des gènes) dans les cancers féminins, l’entreprise escompte "rapidement" étendre ses activités à des données "multi-omiques" et à de nombreux autres types de cancers.

    Pour rappel, les données multi-omiques font référence à de multiples modalités de mesure de la structure, de l’expression et de régulation des gènes grâce au séquençage à haut débit.

    Pour l'heure, la société conduit "une preuve de concept" (POC) avec un grand laboratoire européen et elle est également en "discussions avancées" au sujet de deux autres partenariats avec un centre de lutte contre le cancer (CLCC) européen et un centre de recherche de premier plan en Californie.

    "Une partie de notre modèle est de nous développer en partenariat", a expliqué Akpéli Nordor.

    Pour cela, avec son associé, ils ont décidé d'occuper deux continents: Akpéli Nordor porte le volet R&D de la start-up à Paris et Arthur de Garidel développe les partenariats industriels depuis Boston.

    Un modèle économique en "co-création de valeur"

    Epigene Labs, qui a récemment bouclé une levée de fonds de 1,4 million d’euros en amorçage, conduite par le fonds Daphni, bénéficie notamment du soutien de Cancer Campus (Villejuif) et est résidente à Station F (Paris) et incubée à Agoranov (Paris).

    Lauréate du programme "Realize" pour les start-up françaises dans le domaine de l'oncologie, initié par AstraZeneca, Epigene Labs a également rejoint le Digital Pharma Lab (Paris), un accélérateur spécialisé dans la pharmatech. Aux Etats-Unis, la start-up est incubée au sein du Harvard Innovation Labs depuis sa création.

    Outre ces programmes d'accompagnement, Epigene Labs a façonné son modèle économique en optant pour "la co-création de valeur", a expliqué Akpéli Nordor. Cela consiste à placer les clients/partenaires au centre du processus de création de valeur pour gagner en compétitivité et stimuler l'innovation.

    "Pour nos partenaires académiques, il s'agit d'un portefeuille de propriété intellectuelle commun -avec, si nécessaire, une avance de frais de notre part- et pour nos associés industriels, nous avons choisi un 'paiement au succès', c'est-à-dire un premier paiement comptant et une rémunération jalonnée, brique par brique, pour aligner nos motivations", a-t-il expliqué.

    Dans ses cibles industrielles, la start-up ne vise pas principalement les "grands groupes" mais les "biotech de petite Ă  moyenne taille".

    Dans "trois à cinq ans", Epigene Labs se verrait bien lancer une filiale biotech "pour développer [ses] candidats médicaments en co-création ou en création propre", a confié Akpéli Nordor.

    D'ici-là, la jeune pousse de six salariés veut profiter de sa dernière levée de fonds pour renforcer ses équipes et améliorer sa plateforme.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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