L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2020: les industriels plaident en choeur pour le "déverrouillage" des données de santé

    LAS VEGAS (TICpharma) - Face à l'explosion des données sur la santé, l’arrivée de la 5G et le boom de l'intelligence artificielle (IA), "la santé traditionnelle doit être redéfinie et les données de santé libérées pendant la prochaine décennie", ont martelé le 7 janvier plusieurs industriels réunis à l'occasion du Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas.

    "Comment repenser le système de santé pour faire en sorte qu'il s'aligne aux innovations technologiques qui le transforment? C’est le point de départ clé de notre réflexion en 2020", a expliqué le Dr David Rhew, directeur médical monde (ou chief medical officer -CMO) de Microsoft.

    Il a ouvert en début de semaine la 10e édition du Digital Health Summit. Véritable salon dans le salon, il accueille pendant deux jours conférenciers industriels, professionnels de santé et start-up pour débattre des enjeux de demain en matière de numérique en santé.

    A cette occasion, Pamela Spence, responsable monde "santé" du cabinet de consultants EY (ex-Ernst and Young), a interrogé trois représentants de l’industrie sur "LA" priorité en santé numérique pour cette nouvelle décennie: l'ouverture des données.

    Donald Jones, président de la société d’investissements Cardiff Ocean Group, le Dr Ron Park, vice-président et responsable des soins de santé personnalisés de Genentech (groupe Roche), et le Dr David Rhew ont martelé leur croyance en "une société en meilleure santé grâce aux nouvelles technologies".

    "Les soins de santé ne sont pas seulement la relation médecin-patient à l’hôpital ou au cabinet, il se passe bien des choses en arrière-boutique. Grâce aux données qu’ils possèdent et créent eux-mêmes, les patients n’ont plus à se déplacer chez le médecin au moindre problème, ces données nous en avons besoin aujourd’hui pour redéfinir le système de santé et son financement", a souligné Donald Jones, rappelant l’importance de personnaliser les soins pour faire faire des économies aux pouvoirs publics.

    Un point de vue partagé du côté de Genentech par Ron Park, qui a rassuré: la relation patient-médecin sera maintenue, même si elle se réinvente. "Aujourd’hui on peut vous ‘réparer’ et vous garder en bonne santé grâce à vos données mais le lien patient-médecin est important. On ne peut pas traiter le cancer avec une application mobile grand public, on va voir un oncologue mais vos données de santé vont l’aider à poser un diagnostic."

    Un domaine "mûr pour l'exploration"

    Les industries de santé ont fait face à une succession de bouleversements ces 10 dernières années qui ont, aussi, vu naître une médecine dite des "4P" (prédictive, préventive, personnalisée, participative). En toile de fond: un marché des objets connectés, des logiciels et services numériques pour la santé dont les perspectives sont sans cesse réévaluées à la hausse.

    Mais le développement de cette médecine ne sera rendu possible qu'après "le déverrouillage des données de santé" dans la décennie 2020, ont insisté les représentants de l'industrie présents à Las Vegas.

    "Nous avons trébuché de nombreuses fois alors qu’en réalité, c'est au domicile des patients que les choses se passent et c’est pour cela que nous militons pour que le législateur [américain, ndlr] édicte des normes favorisant l’ouverture d’API [interfaces de programmation, ndlr] pour accéder et recueillir les données des patients à partir d’objets connectés ou d’applications, avec leur autorisation et en leur donnant l’accès", a expliqué le CMO de Microsoft.

    "Si vous y pensez du point de vue du consommateur, c’est génial, vous pourrez accéder à vos informations de santé n'importe où et à tout moment, quel que soit l'appareil ou le format. C'est dans cette direction que nous devons aller", a-t-il complété.

    "C'est un domaine qui est vraiment mûr pour l'exploration pourvu qu’on renforce l’interopérabilité des données de santé qui n'est pas encore optimale", a-t-il ajouté. Frein majeur au développement de l'e-santé et l'amélioration du système de santé, l'interopérabilité des systèmes d'information pose encore problème dans le secteur de la santé, partout dans le monde.

    "Avec l’explosion des données génomiques et cliniques, notamment grâce à la recherche, le constat est simple: nous n’avons jamais eu autant de données de santé dans l’Histoire. Nous avons tout pour comprendre l’homme et ses maladies et même prédire sa mort, mais l’accès à ces données est difficile", a déploré Ron Park.

    Donald Jones a également regretté que ces données ne soient "plus facilement accessibles" alors même qu’elles "ont un impact direct sur les coûts de santé pour les patients en premier lieu", a-t-il rappelé, notamment aux Etats-Unis où le coût de soins primaires peut rapidement atteindre des dizaines de milliers de dollars.

    Comptant sur "la réglementation" pour "libérer les données", le directeur médical de Microsoft a néanmoins "remarqué" que cette dernière ouvrait "plus facilement la voie aux petites entreprises qu’aux grandes". Optimiste, il s’est dit persuadé qu’une "évolution de la réglementation va arriver".

    Intervenant également lors du Digital Health Summit, Amy Abernethy, vice-commissaire à la Food and Drug Administration (FDA), a fait part des efforts que le gendarme américain des produits de santé compte engager en 2020 pour une meilleure régulation des données de santé.

    Elle a annoncé une concertation publique en mars destinée à "recueillir les contributions de toutes les parties prenantes" (acteurs de santé, industriels, patients...).

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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