L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2020: la délégation "Smart santé" se met en ordre de bataille pour Las Vegas

    PARIS (TICpharma) - Présence sur le salon, innovations "patients-centrées", services pour les professionnels de santé... à la veille de l'ouverture du Consumer Electronics Show (CES) 2020, Tristan Piron, chef de file du collectif "Smart santé" du village francophone distille ses derniers conseils pour faire briller sa délégation à Las Vegas.

    Les sites d'information du groupe APM international couvriront le Consumer Electronics Show (CES), qui se tiendra du 7 au 10 janvier 2020 à Las Vegas. Pendant toute cette période, suivez l'actu santé de l'événement sur APMnews et sur nos sites spécialisés et leurs comptes Twitter TICsanté et TICpharma.

    Incontournable dans les allées du CES, le village francophone regroupant tout l'écosystème tricolore à Las Vegas comptera, cette année encore, une délégation "Smart health" (ou "Smart santé"). Chargée de mettre un coup de projecteur sur les entreprises françaises du giron de la santé, elle organisera des visites thématiques pendant le salon.

    Village francophone/SmartHealth/Tristan Piron

    Cette délégation est coordonnée par Tristan Piron, directeur adjoint des systèmes d'information du groupement hospitalier de territoire (GHT) de Vendée, qui a partagé avec TICpharma ses dernières recommandations, conseils et prévisions à destination de l'écosystème de santé avant de s'envoler pour Las Vegas.

    TICpharma: Parlons d'abord de vous. Qui êtes-vous et pourquoi avez-vous accepté cette mission avec la délégation "Smart santé"?

    Tristan Piron: Je suis directeur adjoint des services informatiques (DSI) du groupement hospitalier de territoires (GHT) de Vendée, en charge des pôles cybersécurité/RGPD, projets et innovations.

    Le CES me fait changer et progresser, non pas sur mes pratiques managériales ou techniques opérationnelles en informatique, mais dans ma perception et vision globale du monde des informaticiens. Il m'aide à orienter toujours plus les services et produits vers les usages de l’utilisateur, de les anticiper sur un territoire ou dans un métier.

    J'y suis déjà allé plusieurs fois, et les deux premières années, en 2016 et 2017, c'était la découverte de ce show avec les délégations régionales et surtout le programme "French IoT" du Groupe La Poste (son ancien employeur, ndlr) qui m’ont fait prendre conscience et ressentir les forces et enjeux à l’international. Puis ce salon est devenu un véritable enjeu personnel qui me permet, par exemple, d’appuyer l’évolution pour une plus grande mixité et une présence renforcée des femmes dans le numérique.

    J'ai accepté de mener la délégation "Smart santé" car je crois fondamentalement au progrès et à l’innovation maîtrisés. Ce sont des enjeux importants qui, dans une logique de frugalité, doivent trouver un équilibre entre amélioration du quotidien des patients et professionnels de santé et une diminution des coûts pour le système de santé.

    Quel message adressez-vous aux start-up de santé à la veille du CES 2020?

    T.P.: Innovez, bousculez, inspirez! Le domaine de la santé est une réelle opportunité dans notre pays comme à l’international.

    Du schéma français de la maison e-santé de la loi Ma santé 2022 aux transformations numériques opérées dans des milieux moins régulés comme aux Etats-Unis, la réussite est au rendez-vous si vous répondez à une problématique précise et que vous intégrez la complexité des métiers connexes.

    Justement, quel est le profil des start-up de santé qui se rendent à Las Vegas?

    T.P.: Une start-up qui se rend au CES Las Vegas est là pour présenter une innovation commercialisable sous trois mois.

    Au-delà de la réponse à une problématique précise, ces start-up doivent s'inscrire dans un mouvement général de changement global d’environnement et prendre en considération que les cultures changent: nous passons d’un monde "hospital centric" ("hôpital centré", ndlr) à un monde "patient centric" ("patient-centré", ndlr). Si l’innovation portée se concentre sur la réponse au patient, la cible est la bonne. Toutefois, pour que l’approche soit complète, il faut tenir compte de la complexité de l’environnement, de la réglementation locale et des acteurs parfois multiples.

    Les start-up ne doivent pas perdre de vue que, s’il existe des verticales métiers simples en médecine ou dans le domaine de l’assurance ou la mutuelle, c’est une chaîne de valeur parfois complexe. Un hôpital, par exemple, a divers métiers, au-delà des activités médicales, comme l'hébergement, la restauration ou la recherche.

    Combien de start-up de santé seront accompagnées par la délégation "Smart santé" cette année? Comment ont-elles été sélectionnées

    T.P.: Nous avons eu une cinquantaine de start-up pré-sélectionnées dès l'été 2019. Nous avons finalement retenu 25 candidats et, après analyse de leurs profils et innovations par un jury international externe (qui ne sera pas présent au CES), nous avons choisi 15 start-up en santé que nous emmènerons avec nous à Las Vegas.

    Pour candidater, il fallait s’inscrire dans une démarche volontariste dès l'été et se déclarer auprès des organisateurs du village francophone et leurs coordinateurs thématiques (qui sont 25 cette année).

    Nous avons pu compter sur les clusters des chambres du commerce et de l'industrie (CCI), les pôles de compétitivité, les incubateurs et les accélérateurs régionaux pour cette sélection (comme Atlanpole Biotherapie, TechCare Paris, BioValley France etc.). Ils sont un complément nécessaire à la contribution de Bpifrance, Business France ou la French Healthcare, qui développent un réseau de start-up ou d'entreprises.

    Mon souhait est que les continents de l’hémisphère sud ayant de fortes communautés francophones participent aussi. Nous allons étudier une stratégie pour diversifier notre présence dans divers pays avec d’autres rendez-vous.

    Avez-vous déjà vu émerger de premières tendances en santé pour cette édition?

    T.P.: Il est encore un peu tôt pour dessiner des tendances générales pour le CES, surtout pour la santé. Les présentations et démonstrations se font toujours plus précises et centrées sur le cœur du métier du soin et de la médecine.

    Les acteurs de la santé ne peuvent pas être présents partout et tout le temps. Je sais que je ne verrai pas certaine structures innovantes comme Eurekam et sa solution DrugCam (système de contrôle vidéo de la fabrication des chimiothérapies), qui a fait le choix légitime du congrès ASHP au lieu du au CES.

    Je m’attends néanmoins à ce que le mobile soit de plus en plus présent et les appareils de santé numériques alimentés par l'intelligence artificielle (IA) seront encore très répandus lors de cette édition 2020. Nous devrions voir émerger de multiples services et matériels médicaux pour les praticiens aussi, qui bénéficiaient jusqu'alors d'une présence anecdotique sur le salon.

    Le sujet de la protection des données personnelles semble occuper une place importante dans le programme du Digital Health Summit, comment sera-t-il abordé?

    T.P.: Je suis impatient de voir le positionnement des GAFAM, ici-même sur leur territoire natif, vis-à-vis des critiques et attaques qu’ils ont subi cette année concernant leur gestion des données à caractère personnel.

    La question de la réglementation est importante. Elle touche désormais jusqu'à la Chine, où des notables du régime s’insurgent sur le contrôle vidéo systématique, ou les Etats-Unis, dont certains Etats ont adopté des règlement de type RGPD (règlement général européen relatif à la protection des données personnelles, ndlr).

    En Europe l’adoption du RGPD avait fait réagir unanimement l’écosystème de la transformation numérique américain, jusqu’à l'organisateur du CES, Gary Shapiro, pour qui la réglementation est un frein au business! Maîtriser la donnée et son flux, c’est affiner la réponse aux besoins et anticiper les cas d’usage et donc innover.

    Comment allez-vous accompagner ces start-up sur place?

    T.P.: Dans le cadre du village francophone, nous accueillons avant tout des partenaires: grands groupes, financeurs ou entreprises expertes pour planifier et échanger de manière transverses sur les problématiques du numérique. La communauté se réunit toujours autour de l’innovation avec les start-up des délégations.

    Ce sont ces échanges qui donnent lieu à des projections de rencontres à l’international. Ces rencontres sont complétées par des pitch pour présenter le modèle d’affaires des jeunes pousses. Des financeurs seront présents.

    Le lien est ensuite maintenu avec les start-up, notamment si des contrats ont été conclus (achat, financement, tests ou études) ou si elles sont passées en phase d'hyper-croissance. Pour autant, nous ne substituons pas aux accélérateurs ou incubateurs en France.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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