L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    L'informatique et la donnée parmi les "innovations de rupture" du système de santé (étude LIR/EY)

    PARIS (TICpharma) - Les dispositifs médicaux connectés et les outils informatiques représentent près de la moitié des 315 innovations qui vont impacter le système de santé "d'ici trois à cinq ans", identifiées dans une étude de l'association LIR (Laboratoires internationaux de recherche) et du cabinet de conseil EY présentée le 29 novembre.

    Le LIR a mis en avant le caractère "original" de ce "panorama" d'innovations qui dépasse le seul domaine des molécules et concerne également les dispositifs médicaux et les outils informatiques.

    Pour réaliser l'étude, EY a analysé une base de données comportant 58 sources (pipeline des industriels, littérature scientifique, articles de presse, rapports du Consumer Electronics Show -CES- de Las Vegas, etc.).

    Il a relevé 142 molécules, 104 dispositifs médicaux (DM) et appareils connectés, 46 outils informatiques, 18 "procédés techniques" et cinq innovations organisationnelles présentés dans une base de données mise en ligne sur le site du LIR et ouverte aux contributions.

    Les produits de diagnostic et de traitement concentrent 68% des innovations (215), loin devant le "suivi des patients" (près de 15%, avec 46 innovations), "l'accès aux soins et la prise en charge" (environ 8%, avec 25 innovations). Viennent ensuite les innovations en R&D (13) et le "contrôle et la valorisation des données patients" (6).

    Un classement par aire thérapeutique montre que l'oncologie est la discipline qui concentre le plus de produits innovants (28,5%), devant les maladies cardiovasculaires (9,8%) et l'endocrinologie (6%). Les domaines les moins concernés sont la psychiatrie, l'urologie, la dermatologie, l'hépatologie, l'hématologie, qui rassemblent au total 11 innovations.

    Concernant le positionnement de ces innovations dans le parcours de soins, les produits visant Ă  "Ă©radiquer la maladie" sont les plus nombreux (118, soit 37,4%).

    Le panorama du LIR et d'EY a évalué chaque innovation en lui attribuant un score en fonction de sa probabilité d'émergence sur le marché français, de la taille des populations concernées, et du potentiel impact en termes de soins et de changement des pratiques.

    Il en ressort 35 innovations dites "de rupture". Dans le domaine informatique, l'étude mentionne par exemple le logiciel d'aide à la décision médicale développé par la start-up Nurea dans les maladies cardiovasculaires, la bioimpression 4D de tissu hépatique (projet mené par Servier et la start-up Poietis), le pancréas artificiel de Diabeloop dans le traitement du diabète de type 1, la montre connectée de mesure de la glycémie en continu de PKVitality ou encore la plateforme de serious game de Genious Healthcare.

    Les algorithmes d'intelligence artificielle (IA) sont très présents, avec le dépistage automatisé de la rétinopathie diabétique, et le machine learning pour la prédiction de la maladie d'Alzheimer, des complications en soins intensifs, ou de la réponse thérapeutique à une radiochimie pré-opératoire.

    La robotique est aussi bien représentée, avec différents exosquelettes, un pied biomécanique reproduisant le mouvement naturel (start-up Exoneo), et un prototype de gant contrôlé par le coude et le bras pour redonner de l'autonomie aux patients paralysés de la main (Neofect).

    Des outils de traitement de données difficile à classer

    L'essentiel des autres innovations sont "simplement incrémentales" et 91 n'ont pas pu faire l'objet d'une notation "faute de pouvoir les évaluer sur tous les critères", a relevé le LIR.

    Il s'agit notamment des outils "autour de la donnée" comme les "technologies de production de traitement personnalisé" à partir de cellules souches ou des cellules d'un patient, les outils de suivi de maladies chroniques à domicile, les plateformes de screening de nouvelles molécules ou les dispositifs de suivi et visualisation des essais cliniques, a cité le cabinet EY à titre d'exemples.

    Commentant les résultats de l'étude, le président du LIR (également président de Roche Pharma France), Jean-François Brochard, a souligné le caractère inédit et "disruptif" de la vague d'innovations à venir "en nombre et en nature". Il a notamment relevé la complémentarité de plus en plus forte entre des médicaments, des dispositifs médicaux et des outils informatiques.

    Dans le dépistage et le traitement du cancer, il a anticipé l'arrivée de "tests génomiques réalisés de manière routinière, couplés à une lecture de lame analysée par intelligence artificielle et groupés avec des données de patients similaires" afin de renseigner les équipes de soins sur la meilleure stratégique thérapeutique.

    "Passer du Guide Michelin Ă  Trip Advisor" dans l'Ă©valuation

    Un des enjeux liés à l'arrivée de ces innovations est la capacité du pays à les accueillir et à les évaluer, a poursuivi le président du LIR.

    Il a estimé qu'il fallait "passer du guide Michelin à TripAdvisor" dans l'évaluation, c’est-à-dire " d'un système où trois experts décident de façon assez silotée" à "une évaluation qui capte la valeur de façon systémique et dynamique".

    "Il faut installer un système d'évaluation par la donnée qui soit ambitieux" si l'on veut que l'innovation devienne des progrès thérapeutiques dans la vie quotidienne, a-t-il insisté. Il a salué en ce sens les "ambitions" du Health Data Hub tout en déclarant que le dispositif "semble un peu sous-dimensionné".

    Egalement présent pour la présentation de l'étude du LIR, le président du Leem (Les entreprises du médicament) et de Novartis France, Frédéric Collet, a rejoint les constats de Jean-François Brochard. Il a pointé le besoin de "partager" une "photo commune" des innovations à venir, rappelant que la mise en place d'un horizon scanning, structure d'identification et d'analyse des innovations à venir, fait partie des mesures inscrites sur la feuille de route du Conseil stratégique des industries de santé (Csis), tout comme la réforme de l'évaluation, qui peine cependant à avancer.

    Il a alerté sur l'importance de "préparer" l'arrivée des progrès thérapeutiques, jugeant que le système actuel est "obsolète" pour procéder à l'évaluation de dispositifs associant un médicament, un dispositif médical et un outil informatique. Il faut "apporter les conditions claires de la façon dont l'innovation sera évaluée" en veillant à ce que ces modalités soient "acceptables, connues et justifiables pour l'ensemble des acteurs".

    Il a défendu l'idée d'un "Grenelle" ou d’"états généraux'" sur la réforme de l'évaluation. "Si l'on continue à aller de micro-mesure en micro-mesure, il n'y a pas de raison que ça change", a-t-il prévenu.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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