L’actualité numérique des industries de santé

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    La télémédecine ne convainc qu'à moitié les patients diabétiques

    PARIS (TICpharma) - Seuls 54% des patients diabétiques de type 1 et 2, traités par insuline ou non, sont favorables au développement de la téléconsultation, montre une étude Harris Interactive pour Roche Diabetes Care France (filiale du groupe Roche), dont les résultats ont été dévoilés le 13 novembre.

    Menée à l'occasion de la journée mondiale du diabète du 14 novembre, cette étude a été réalisée du 20 septembre au 1er octobre auprès de 2.581 personnes, dont 556 patients diabétiques de type 1 et 2 avec et sans insulino-dépendance.

    Elle revient sur les freins au déploiement de la télésurveillance chez les patients diabétiques, évoquant notamment un "un défaut d'information".

    "Malgré l'intérêt dont la télémédecine fait l'objet depuis plusieurs années et sa centralité dans les débats, elle reste méconnue et suscite des interrogations voire, parfois, de la méfiance [...], alors même qu'elle semble un outil particulièrement adapté au suivi de la pathologie", a déploré Roche Diabetes Care France dans un communiqué.

    Un peu plus d'un an après l'entrée en vigueur du remboursement de droit commun des actes de téléconsultations et son lancement en France le 15 septembre 2018, 91% des patients diabétiques interrogés "ont déjà entendu parler de la télémédecine" mais seuls 41% d'entre eux estiment être "bien informés".

    Dans la pratique aussi, seuls 28% des diabétiques de type 1 ont déjà téléconsulté. Ils ne sont plus que 19% chez les patients diabétiques de type 2 sous insuline et 4% pour les patients de type 2 non traités par insuline.

    Les chiffres sont à peu près identiques s'agissant de la télésurveillance: 23% des diabétiques type 1 sont télésurveillés dans le cadre de leur pathologie. Ils ne sont plus que 17% pour les type 2 insulino-dépendants et 4% pour les type 2 non-insulinés.

    De façon plus générale, les intentions en faveur de la télémédecine ne démontrent pas un fort engouement pour l'avenir.

    Si 54% des patients diabétiques -tout type confondu- se disent "favorables" au développement de la téléconsultation, seuls 48% d'entre eux l'envisagent pour eux-mêmes.

    Outre le manque d'information concernant la télémédecine, une méfiance solide quant à ses apports concrets persiste et les médecins sont en première ligne pour faire avancer la pratique.

    "Il y a une méconnaissance sur le sujet car la télémédecine n'est pas encore suffisamment développée. Les patients ne connaissent que la relation directe avec leur médecin, c'est pour cela que c'est à l'équipe médicale de proposer cette alternative et de rassurer les patients", a expliqué le Dr Frédérique Olivier, cheffe du service diabétologie, endocrinologie, maladies métaboliques et nutrition du centre hospitalier de Cahors, invitée à partager son expérience lors d'une conférence de presse le 13 novembre.

    Si une personne interrogée sur deux dit être d'accord avec le fait que la téléconsultation est un support idéal pour le suivi des maladies chroniques, elle n'y voit pour autant pas une "évolution positive" de la médecine.

    Le regard se fait plus critique au sein de la population la moins bien informée. Un large panel parmi les personnes sondées reconnaît qu'il s'agit là d'un bon remède aux déserts médicaux (8 sur 10) mais elles sont aussi nombreuses à déplorer une "perte de contact humain", menant dans l'imaginaire collectif à une déshumanisation des soins.

    Des diabétiques type 1 moins réticents

    Dans le cadre d'une projection, il est ressorti que la télémédecine pourrait demain être plus facilement adoptée par les patients diabétiques de type 1.

    Ceux-ci étant soumis à une grande rigueur dans le cadre du suivi de leur maladie, ils sont 63% à envisager la télémédecine, 67% à penser que la téléconsultation améliore la qualité de vie des patients et 55% y voient même un vecteur d'amélioration de la qualité et de l’efficacité des soins.

    Si 59% des patients diabétiques de type 1 considèrent que la télésurveillance leur permettrait d’être plus sereins concernant leur maladie, l'étude révèle néanmoins quelques doutes quant à cette prise en charge. Ainsi, si les diabétiques de type 1 paraissent les plus enclins à user de la télémédecine à l'avenir -l'étude ne précise pas d'horizon fixe-, 64% estiment "être moins bien pris en charge" avec la téléconsultation.

    Pour le Dr Olivier, l'une des solutions pour lever ces freins est "la formation et l'information des patients". Un point de vue partagé par Frédéric Jacquey, président de Roche Diabetes Care France, qui appelle aussi à "préserver la relation patient-médecin".

    "Les outils connectés dont nous disposons aujourd'hui peuvent changer la vie des patients chroniques et enrichir leurs échanges avec les professionnels de santé qui les entourent. Et pour cela, les médecins sont les meilleurs ambassadeurs", a-t-il souligné.

    Les objets connectés comme fer de lance

    Les diabétiques de type 1 sont justement les plus équipés (44%) en objets ou dispositifs de santé connectés (pompes à insuline et stylos injecteurs d’insuline) et 78% d'entre eux pensent que ces outils seraient plus intéressants si les données stockées pouvaient être transmises à leur médecin et 68% pensent qu’ils permettent d’être plus rigoureux dans le suivi de la maladie.

    Il est intéressant de noter que près de 75% des répondants affirment que les médecins ne parlent pas ou ne recommandent pas les objets ou dispositifs connectés. Pourtant, parmi les patients diabétiques, 77% souhaiteraient que ces objets connectés pour le suivi de leur pathologie entrent dans un circuit labellisé par la sécurité sociale.

    Pour rappel, Roche Diabetes Care -qui commercialise notamment la marque Accu-Chek pour l'autosurveillance glycémique et l'insulinothérapie par pompe- fait partie des fournisseurs de solutions techniques retenus par la direction générale de l'offre de soins (DGOS) dans le cadre du programme Etapes (Expérimentations de financement de la télémédecine pour l'amélioration des parcours en santé).

    Deux ans après le début des expérimentations, la DGOS compte 1.000 patients télésurveillés dans la pathologie diabète.

    Pour le Pr Olivier Dupuy, chef de service de diabétologie et endocrinologie du groupe hospitalier Paris Saint-Joseph (AP-HP), "le programme Etapes n'est pas le mieux adapté aux personnes diabétiques".

    "Nous [diabétologues, ndlr] sommes mal à l'aise avec Etapes parce que nous sommes loin du succès que connaissent nos confrères cardiologues. La difficulté se trouve ailleurs; il faut dégager plus de temps car nous ne suivons pas la réaction à l'implantation d'un pacemaker mais nous accompagnons des patients avec des mécanismes psychologiques et humains difficiles", a-t-il pointé.

    "Il faudrait redéfinir ce programme pour les patients diabétiques", a-t-il préconisé.

    De son côté, Roche Diabetes Care a lancé ses expérimentations dans le cadre d'Etapes "il y a un mois", a détaillé son président.

    "Nous sommes déjà présents dans une dizaine de centre hospitaliers. Nous allons également équiper des libéraux avec nos solutions Gluci-Chek et nous comptons déjà 5 patients inclus dans le programme", a-t-il fait savoir.

    L'application Gluci-Chek permet de calculer des glucides avec visualisation des portions dans l'assiette pour le patient. Elle offre aussi une fonctionnalité "journal d'auto-surveillance glycémique" et une visualisation graphique des résultats glycémiques pour le professionnel de santé.

    L'avenir "passera par la population de demain dont l'appétence pour les objets numériques est déjà forte", veut croire le responsable de la filiale de Roche.

    En effet, 59% des personnes diabétiques utilisant des lecteurs de glycémie, stylos injecteurs, pompes à insuline, montres et tensiomètres ont entre 18 et 44 ans et sont donc plus "connectés" que leurs aînés atteints de la même maladie chronique. De quoi espérer une adhésion plus forte aux objets connectés de santé et à la télémédecine à l'avenir.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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