L’actualité numérique des industries de santé

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    Comment le Digital Pharma Lab veut devenir le premier accélérateur de la pharmatech en Europe

    PARIS (TICpharma) - Créé en juin 2019, le Digital Pharma Lab veut "faire le lien entre les start-up de la pharmatech et les laboratoires pharmaceutiques pour accélérer l'innovation digitale dans le secteur et faire rayonner l'écosystème pharmatech en Europe", a expliqué à TICpharma Pascal Bécache, cofondateur de la structure.

    "Aujourd'hui nous avons plus de 70 start-up de la pharmatech en phase d'accélération de croissance et 17 licornes (valorisées à plus d'un milliard de dollars, ndlr) dans le secteur. Ces 17 licornes ont aujourd'hui un chiffre d'affaires quatre fois supérieur à celui des start-up des autres domaines. C'est le bon moment pour faire évoluer le modèle économique de ces pharmatech, notamment en Europe", a indiqué Pascal Bécache.

    "Il n'y a aucun accélérateur de pharmatech en Europe, or il y a des besoins. Les investisseurs sont généralement présents lors de la phase d'amorçage des start-up mais dès qu'il s'agit de financements en séries A ou B et de montages financiers difficiles, cela devient compliqué. Les start-up finissent par partir", a-t-il déploré.

    Pour répondre à cette problématique, Pascal Bécache et Didier Tranchier, son complice de la société de conseil D2A, ont lancé en juin 2019 le Digital Pharma Lab.

    La première promotion de l'accélérateur sera officiellement présentée le 9 décembre dans les locaux de la banque publique d'investissement Bpifrance, en compagnie des start-up accélérées, des industriels et du réseau EIT Health France, partenaire du programme. Les jeunes pousses sélectionnées seront accélérées jusqu'au 15 avril 2020.

    Concrètement, le Digital Pharma Lab va "connecter les start-up de la pharmatech et les laboratoires pharmaceutiques entre eux, animer la collaboration et favoriser la création de nouveaux business".

    Les partenaires industriels auront la mission de valider la démarche scientifique et de contribuer au déploiement des projets grâce à des investissements ou des contrats de collaboration après le programme.

    Les partenaires financiers -invités à découvrir les candidats de la première saison du Digital Pharma Lab à la fin de leur période d'accélération- pourront financer des projets, accompagner des levées de fonds et accélérer le "passage à l'échelle" pour soutenir la croissance des start-up.

    "Nous identifions les besoins des laboratoires, en fonction de ceux-ci nous leur faisons rencontrer des start-up qui y répondent. Les laboratoires pharmaceutiques peuvent aussi nous charger de trouver une start-up spécialisée dans un domaine", a expliqué Pascal Bécache.

    "La sélection se fait en deux demi-journées car il faut aller vite et les start-up ont été pré-sélectionnées. Après cela, il y a une période 'd'alignement' pendant un mois où les binômes (jeune pousse et industriel) se réunissent une demi-journée par semaine pour travailler, rechercher un business et mettre en place une gouvernance. Puis, la start-up passe en phase d'accélération pendant trois mois. A ce moment-là, le binôme travaille aux solutions innovantes et crée une preuve de concept ou un prototype", a-t-il détaillé.

    "L'objectif est d'aider les start-up de la pharmatech à se développer mais aussi de faire entrer l'innovation dans les laboratoires pharmaceutiques et leur faire adopter de nouvelles méthodes de travail, plus agiles."

    Neuf start-up dans les starting-blocks

    En attendant leur intronisation officielle, le 9 décembre, neuf jeunes pousses ont déjà été sélectionnées, ainsi que "cinq à sept laboratoires", a indiqué à TICpharma Pascal Bécache.

    "Nous les avons dénicher dans les incubateurs d'e-santé existants, lors de hackathon ou concours -que nous suivons attentivement- et certaines sont venues à nous par elles-mêmes."

    Les neuf start-up sont:

    • Lucine

    Start-up bordelaise créée par Maryne Cotty-Eslous, membre du Conseil national du numérique (CNNum) et représentante du groupe d'expertise "santé et numérique" de l'instance, Lucine développe un dispositif médical qui permet de mesurer et de soulager la douleur chronique, grâce aux nouvelles technologies.

    • Apodis Pharma

    La start-up basée dans l'Indre-et-Loire développe une application destinée à accompagner tous les acteurs de la chaîne du médicament pour fluidifier les échanges entre eux et éviter les pénuries.

    • Epigene Labs

    Présente à Paris et Boston, la jeune pousse développe une plateforme pour la conception de médicaments axée sur la génomique pour l'oncologie de précision.

    • Yuni

    La start-up parisienne intègre des modèles prédictifs et des outils d'intelligence artificielle (IA) pour prédire l'évolution du système de santé et personnaliser les parcours de soins des patients.

    • MyBrain Technologies

    Basée à Paris, myBrain Technologies est une entreprise qui développe et commercialise des solutions destinées à accompagner l'utilisateur dans la gestion de son stress et de son anxiété par un dispositif de neurofeedback​.

    • Hathor

    La société franco-suisse est spécialisée dans le logiciel ultra-sécurisé pour la gestion des données patients. Déjà présente sur le marché japonais et taïwanais, elle cherche désormais à se faire connaître en Europe.

    • Diam Park

    La start-up développe une plateforme qui regroupe les données mondiales des médicaments destinés à soigner la maladie de Parkinson et passe en revue les réponses aux traitements selon les profils des patients.

    • Invenis

    Installée à Paris, la jeune pousse édite un logiciel d'analyse de données qui permet aux équipes métiers (des laboratoires, par exemple) de faire des analyses prédictives sur toutes leurs données.

    • Sêmeia

    La start-up propose une suite logicielle de suivi des patients en mode Saas (Software as a service) pour analyser en temps réel des données patient et identifier l'intervention la plus adaptée.

    "Nous finalisons les discussions avec les laboratoires pharmaceutiques participant au programme. Pour l'heure, je peux vous confirmer la présence de Biogen et d'Otsuka", a précisé le cofondateur du Digital Pharma Lab.

    "L’accélération se fait principalement dans les locaux des start-up et éventuellement des labos", a-t-il souligné. Le Digital Pharma Lab est, lui, hébergé au sein du Schoolab Saint-Lazare, à Paris.

    Un modèle économique et une gouvernance dessinés

    Pour son modèle économique, le Digital Pharma Lab a décliné deux modes de rémunération.

    "Les start-up et les laboratoires pharmaceutiques partenaires paient une adhésion au programme. Elle est de quelques milliers d'euros pour les start-up et de quelques dizaines de milliers d'euros pour les laboratoires. Par ailleurs, nous prélevons une commission de 10% si une collaboration est nouée entre la jeune pousse et le laboratoire ou si une start-up lève des fonds à l'issue du programme", a détaillé Pascal Bécache.

    En attendant ses premières retombées économiques, l'accélérateur "dessine sa gouvernance". Pascal Bécache et Didier Tranchier, ses cofondateurs et coprésidents, se sont déjà entourés d'une équipe opérationnelle.

    Ainsi, Thierry Picard, ex-directeur digital de Pierre Fabre, a été nommé directeur général du Digital Pharma Lab et Vincent Galand, par ailleurs responsable des opérations de la société de blockchain en santé Embleema, est, lui, chargé du développement des innovations et du business de l'accélérateur.

    Un comité stratégique a également été installé.

    Il est composé de Marion Cassiau, directrice innovation & programme healtech de Bpifrance; Claude Evin, avocat et ancien ministre de la santé; Isabelle Zablit, administratrice du Syntec Numérique; Patrick Olivier, directeur général d'Ivbar et membre du conseil d'administration du Healthcare Data Institute, Dr Benoît Lamblin, chirurgien ORL, expert e-santé et médecin-référent de l'association française des hébergeurs agréés de données de santé (HADS); Anaïs Delicourt, directrice des opérations d'EIT Health France; et Nicolas Martelli, pharmacien de l'hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP, Paris) et enseignant à la faculté de pharmacie Paris-Sud.

    Ce comité est notamment chargé d'établir une charte de collaboration des binômes start-up/industriel et de veiller à son respect.

    En attendant le lancement de la première promotion, le Digital Pharma Lab poursuit ses recherches de start-up et laboratoires pharmaceutiques susceptibles de correspondre pour les prochaines sessions.

    "Nous ne nous mettons aucune limite quant au nombre de participants au programme d'accélération. Si des besoins sont exprimés par des laboratoires et que des start-up de la pharmatech peuvent y répondre, nous les mettons en contact", a conclu Pascal Bécache.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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