L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Acteurs

    NetR, la start-up qui veut qualifier les données de santé pour la R&D (vidéo)

    PARIS (TICpharma) - Fondée au début de l'année 2019, la start-up NetR développe une plateforme "dédiée à l'indexation, la structuration et la qualification de données de santé, notamment pour des usages de R&D", a expliqué à TICpharma Marie-Pauline Talabard, cofondatrice et directrice générale de la jeune pousse.

    La plateforme de NetR est destinée à structurer les données de santé "directement dans les hôpitaux et les cliniques", afin de les mettre à disposition d'industriels, d'hôpitaux ou de chercheurs "sous forme de data sets (ou jeux de données) qualifiés", a détaillé la patronne de la société, que TICpharma a pu rencontrer pour un entretien vidéo (voir ci-dessous).

    Quand cette jeune ingénieure et interne en radiologie décide de fonder NetR en février 2019 -avec Baptiste Gentholz, entrepreneur-, elle souhaite d'abord répondre à une nécessité.

    "Nous essayons de résoudre le problème de l'accès aux données de santé. J'ai eu ce problème en tant que médecin lorsque j'ai voulu faire de la recherche clinique. Accéder aux données à l'hôpital, c'est un problème aujourd'hui pour les médecins, les industriels, pour tous...", a-t-elle expliqué.

    "Il fallait agir pour favoriser l'accès aux données et promouvoir la recherche à l'hôpital et dans les industries. La donnée est au carrefour de la recherche et c'est impossible d'y échapper, donc il fallait trouver une solution en accord avec le RGPD [règlement général européen relatif à la protection des données, ndlr], la Cnil [Commission nationale de l'informatique et des libertés], le système de santé français et européen et l'écosystème de santé."

    La start-up, qui est accompagnée par iPeps, l'incubateur de l'Institut du cerveau et de la moelle épinière (ICM), et est hébergée à Station F, à Paris, travaille "essentiellement" sur des données issues de l'imagerie médicale.

    Concrètement, NetR indexe "la totalité des archives d'un hôpital ou d'une clinique en travaillant directement depuis l'établissement de santé". A partir de ce travail d'indexation, il peut alors former des jeux de données disponibles pour les sociétés de medtech, les établissements de santé, les étudiants et les universitaires.

    Chaque offre est spécifique aux besoins du client. Ainsi, pour les entreprises du monde médical (notamment celles qui développent un dispositif médical), la start-up propose de "collecter une base de données spécifique d'images médicales ou de données cliniques" pour développer leurs produits, former leurs algorithmes d'intelligence artificielle (IA), valider des modèles cliniques, obtenir un marquage CE ou effectuer une surveillance post-commercialisation.

    Quand NetR parle aux établissements de santé, la jeune société met en avant "l'expertise" que peuvent apporter des données qualifiées, notamment dans le cadre de la recherche clinique et universitaire ou de partenariats avec des industriels.

    Aux étudiants et universitaires, la société propose un accès à des ensembles de données médicales anonymisées. Ces ensembles "spécialement préparés pour l'IA" pourront servir dans le cadre de recherches ou pour préparer un hackathon.

    Une marketplace de la donnée

    Concernant le modèle économique de NetR, les dirigeants de la start-up ont opté pour une plateforme de vente en ligne.

    "Notre modèle repose sur une marketplace (ou place de marché), avec les hôpitaux et cliniques qui sont les fournisseurs de données et les entreprises du dispositif médical qui sont les clients. Nous touchons une commission de 30% à chaque transaction entre nos clients", a expliqué Marie-Pauline Talabard

    La tarification des services proposés, elle, varie "en fonction des besoins des clients", a-t-elle précisé.

    "Aujourd'hui, nous traitons essentiellement des données qui viennent de l'imagerie médicale dont le prix de valorisation ne dépasse jamais celui établi par la sécurité sociale. Après, nous déterminons les prix en fonction de la rareté de la pathologie pour laquelle les données sont extraites et de la complexité du travail de traitement que nous effectuons pour qualifier et valoriser ces données", a détaillé la cofondatrice de NetR.

    "Le marché de l'e-santé est très complexe et déjà consolidé avec de gros acteurs en place depuis longtemps. Parvenir à apporter une innovation et à changer les codes établis dans ce marché est très compliqué", a-t-elle complété. "Il faut composer avec plein d'acteurs différents: les patients, les hôpitaux, les médecins et les industries existantes de santé. On a parfois du mal à intégrer ce marché et nos cycles de ventes sont plus longs... Mais même s'il est complexe, c'est un marché passionnant."

    En attendant, la jeune pousse s'est financée à partir de fonds propres et a réinvesti les bénéfices de ses premières ventes, sans recourir à des financements extérieurs type levées de fonds ou emprunts (méthode dite du "bootstrap").

    Une levée de fonds est néanmoins prévue "pour 2020". D'ici-là, NetR compte sur les revenus générés par sa marketplace et les transactions entre ses clients ("des industriels et trois établissements partenaires") pour poursuivre ses développements.

    Des recrutements sont également prévus. La jeune pousse, qui compte actuellement trois salariés, souhaite recruter des développeurs et ainsi porter ses effectifs à cinq salariés "à la fin de l'année".

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

    À suivre

    Microsoft et AstraZeneca ouvrent un accélérateur de start-up spécialisées dans l'IA et la santé

    Acteurs

    Partager ses données, un "changement culturel majeur" pour la pharma (Emmanuelle Quilès)

    PARIS (TICpharma) - La présidente de Janssen France (groupe Johnson & Johnson -J&J), Emmanuelle Quilès, a souligné dans un entretien accordé à TICpharma le "changement culturel majeur" que constitue le partage de données entre laboratoires pharmaceutiques dans le cadre de projets exploitant les technologies d'intelligence artificielle (IA).

    0 330

    Innovations

    CES 2019: les chatbots de WeFight s'étendent à la migraine, l'asthme et la dépression

    PARIS (TICpharma) - Après avoir développé Vik sein, un chatbot (ou agent conversationnel) qui répond aux questions des patientes atteintes d'un cancer du sein, la start-up WeFight annoncera en janvier au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas la sortie d'une version anglaise de l'outil, et son extension prochaine à d'autres pathologies comme la migraine, l'asthme et la dépression, a annoncé à TICpharma son directeur, Benoît Brouard.

    0 577

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    1 + 2 =