L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

    Etudes

    Cardiologie: l'adhésion des patients hypertendus aux objets connectés mesurée par une étude

    PARIS (TICpharma) - Les résultats préliminaires à cinq mois d'une étude de suivi observationnel de patients hypertendus par les objets connectés (étude Sophoc) présentés au congrès eCardiology de Berlin montrent que 63% des patients utilisent encore un bracelet traqueur d'activité et 60% un tensiomètre connecté.

    Initiée en décembre 2015 par l'Union de formation et d'évaluation en médecine cardiovasculaire (UFCV), filiale de formation du Syndicat national des spécialistes des maladies du coeur et des vaisseaux (SNSMCV), l'étude Sophoc vise à évaluer l'acceptabilité des objets connectés de suivi de l'hypertension ainsi qu'à leurs apports dans la prise en charge de la pathologie.

    Elle a recruté 50 patients choisis dans toute la France par 12 cardiologues libéraux. Les patients ont un âge moyen de 56 ans et 35% d'entre eux ne connaissaient pas les objets connectés avant de participer à l'étude. Près de 8% n'avaient jamais utilisé de smartphone ou de tablette auparavant.

    Chaque patient a été doté d'un traqueur d'activité fourni par la société Withings et d'un tensiomètre connecté de la même marque, acheté par les cardiologues.

    Les médecins ont installé sur le téléphone des patients l'application "Health Mate" de Withings afin d'enregistrer et de pouvoir suivre à distance les données concernant leur tension et leur activité. Les données collectées sont la date de naissance, le sexe, la tension artérielle, le nombre de pas réalisés au quotidien par le patient et son poids.

    Les patients ont reçu chaque semaine un message sur leur application mobile encourageant la prise en charge globale de l'hypertension artérielle avec le rappel des mesures hygiéno-diététiques. Une visite à six mois, puis à un an, est prévue chez le cardiologue, et la liberté d'utiliser ou non les objets connectés est laissée au patient.

    "Nous avons voulu coller au maximum aux conditions de vie réelle des patients et donc les laisser maîtres de l'utilisation des objets et respecter le calendrier habituel des visites chez le spécialiste", a expliqué à TICsanté/TICpharma le Dr Elisabeth Pouchelon, en charge de l'étude.

    Les résultats à cinq mois ont été présentés au congrès international eCardiology de Berlin organisé les 27 et 28 octobre derniers. Ils font apparaître une progression du nombre de pas moyen par jour de 4.467 à 5.785 (+30%) et une légère baisse de la tension systolique moyenne, passant de 136 à 134 mmHg.

    "Deux patients ont arrêté d'utiliser les objets connectés car ils ont trouvé l'expérience trop stressante", a indiqué le Dr Pouchelon.

    L'UFCV réfléchit à l'intérêt d'inclure davantage de patients à l'étude pour obtenir des résultats statistiquement plus solides, ou à poursuivre l'expérience au-delà d'un an.

    "Si nous arrivons en fin d'étude à au moins un patient sur deux qui utilise encore ces objets connectés, nous aurons réussi à montrer leur acceptabilité", a estimé le Dr Pouchelon.

    Quant à l'apport pour la prise en charge des patients, la cardiologue relève que des progrès en termes d'activité physique et de tension, "même faibles", pourraient avoir un impact sur la santé publique alors que l'hypertension "touche environ 20% de la population".

    "Peu de personnes peuvent bénéficier d'un coaching très serré, et les programmes d'éducation thérapeutique nécessitent d'importantes ressources financières et humaines", a-t-elle observé, jugeant que "les objets connectés ne coûtent pas si cher".

    Elle a tenu à souligner "l'indépendance totale de l'étude" vis-à-vis de la société Withings qui n'a fourni aucun financement et a laissé aux cardiologues "une liberté totale sur le protocole d'étude et la gestion des données".

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

    À suivre

    Pfizer mise sur Watson (IBM) pour accélérer la recherche en immuno-oncologie

    Innovations

    CES 2019: les start-up d'e-santé françaises font le plein de récompenses

    LAS VEGAS (Nevada) (TICpharma) - Alors que le Consumer Electronics Show (CES) ouvre ses portes à Las Vegas, 11 start-up françaises d'e-santé vont pouvoir briller grâce à leurs "Innovation Awards" décrochés en novembre 2018, à l'issue d'une sélection récompensant les innovations les plus marquantes de cette grand-messe de la tech.

    1 758

    Innovations

    CES 2019: "La santé est devenue le premier secteur d'activité pour la French Tech"

    PARIS (TICpharma) - A la veille de l'ouverture du Consumer Electronics Show (CES) aux Etats-Unis, Jérôme Leleu, président d'Interaction Healthcare et coordinateur général du collectif "Smart santé" de la délégation francophone à Las Vegas, souligne auprès de TICpharma la dynamique de la French Tech en santé, tout en pointant les difficultés rencontrées par certaines start-up pour lever des fonds.

    0 604

    Vos réactions

    Anti-spam : Veuillez saisir le résultat de ce calcul S.V.P
    9 + 1 =