L’actualité numérique des industries de santé

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    Cancer du poumon: le logiciel de télésurveillance Moovcare bientôt remboursé

    PARIS (TICpharma) - Le logiciel de télésurveillance Moovcare poumon (Sivan) devrait être accessible et remboursé d'ici la fin de l'année ou début 2020, l'outil et l'acte l'accompagnant ayant tous les deux obtenus des avis favorables de la Haute autorité de santé (HAS), a-t-on appris le 25 juin lors d'une conférence de presse organisée à l'Institut Curie.

    Le logiciel Moovcare poumon pourrait être le premier outil de télésurveillance remboursé de droit commun en France.

    Chaque semaine, Moovcare envoie un mail au patient qui l'invite à répondre à un questionnaire (sur mobile, ordinateur ou tablette) de 12 items. Un algorithme analyse les réponses en prenant en compte les réponses des précédentes semaines et, si un risque de récidive ou de complications est détecté, une alerte est transmise au médecin spécialiste référent.

    "Cette détection précoce des rechutes permet au médecin de réagir plus rapidement, d'adapter la prise en charge à l'évolution clinique du patient", précise la société Sivan, dans un communiqué.

    Le dispositif médical de classe I marqué CE a obtenu en avril un avis favorable à son remboursement de la Commission nationale d'évaluation des dispositifs médicaux et des technologies de santé (Cnedimts) de la HAS.

    La Cnedimts s'est notamment appuyée sur l'essai comparatif de phase III piloté par le concepteur de l'outil, Fabrice Denis de l'Institut interrégional de cancérologie Jean-Bernard du Mans, présenté au congrès de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO) en 2016. L'essai, sélectionné pour être présenté en conférence de presse du grand congrès américain, a montré un allongement de la survie globale de 7 mois des patients bénéficiant de ce suivi (19 mois versus 12 mois). A un an, les trois quarts des patients utilisant Moovcare étaient vivants, versus 49% dans le groupe contrôle.

    La Cnedimts a attribué au dispositif une note d'amélioration du service attendu (ASA) de niveau III (modéré) par rapport à la prise en charge conventionnelle seule, à savoir le suivi par imagerie et par consultation médicale en face à face. Elle a jugé que son service attendu (SA) était "suffisant" en raison de son "intérêt thérapeutique" et de son "intérêt de santé publique" étant donné la gravité de la pathologie et son incidence.

    Actuellement, l'industriel négocie son prix avec le Comité économique des produits de santé (CEPS). "Il devrait être élaboré d'ici fin 2019", a précisé le président-fondateur de la société, Sivan Daniel Israël, lors de la conférence de presse organisée à l'Institut Curie.

    Il n'existe pas d'acte correspondant à la télésurveillance médicale du patient utilisant l'application Moovcare poumon. Or, compte tenu de l'organisation qui doit nécessairement être mise en place au sein de chaque centre pour garantir la bonne gestion des alertes, sans acte, le déploiement de cet outil resterait marginal.

    L'application a été mise à disposition d'une cinquantaine de patients alors que la population cible potentielle s'élève à 35.000 patients par an.

    Actuellement, plusieurs actes de télésurveillance sont expérimentés dans cinq pathologies dans le cadre du programme Etapes (Expérimentations de financement de la télémédecine pour l'amélioration des parcours en santé) qui court de 2018 à 2022.

    Ce n'est pas dans ce cadre expérimental que Moovcare s'inscrit, mais "dans le droit commun", a précisé à APMnews (site d'information du groupe APM international dont fait partie TICpharma) la société Sivan.

    Moovcare ayant obtenu un ASA de niveau III, la Caisse nationale de l'assurance maladie (Cnam) a six mois pour définir le prix de l'acte associé, a expliqué à APMnews le Dr Denis. Un décret de 2015, pris en application de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2014, prévoit en effet une procédure de tarification accélérée pour les actes nécessaires à l'utilisation d'un dispositif médical innovant.

    Cette procédure s'adresse aux dispositifs pour lesquels la HAS a prononcé une ASA majeure, importante ou modérée (I à III) et l'acte doit être inscrit dans les six mois suivant l'avis sur l'amélioration du service attendu.

    L'avis de la Cnedimts sur Moovcare a été rendu le 9 avril et le collège de la HAS a donné un avis favorable à l'inscription sur la liste des actes et prestations de la "télésurveillance médicale des rechutes et complications du patient atteint de cancer du poumon par le système Moovcare poumon" le 17 avril. L'acte devrait ainsi être inscrit au remboursement en octobre.

    Cela permet à Sivan de présenter Moovcare comme "la première solution de télémédecine à avoir accès au remboursement".

    En attendant son lancement national, le dispositif a été mis à disposition d'une cinquantaine de patients. Une dizaine de centres l'utilisent en France parmi lesquels l'Institut Curie qui a conclu un partenariat avec Sivan.

    "L'amélioration de la survie est un argument très fort" pour recueillir l'adhésion des patients, a fait valoir le Dr Alain Livartowski, pneumologue, responsable des projets e-santé et du développement de l'application myCurie.fr au sein de l'institut. En tant que médecin, il se dit "plus tranquille" de garder "un lien clinique" avec ses patients. "On voudrait que tous les patients aient accès au portail Mycurie avec une application propre à chaque cancer", a-t-il commenté.

    L'application Moovcare s'adresse à une large proportion des patients atteints de cancer du poumon. Elle nécessite une connexion internet et il est actuellement estimé qu'environ 30% de patients atteints de cancer du poumon n'en ont pas. A terme, on peut considérer que 50% des patients atteints de cancer du poumon puissent en bénéficier, estime le Dr Denis.

    L'application est adaptée au suivi post-chirurgical, post-chimiothérapie d'induction, aux patients qui sont sous traitement par chimiothérapie d'entretien ou immunothérapie, a-t-il précisé. Elle n'est pas appropriée pour les patients sous chimiothérapie lourde, les effets indésirables risquant alors de "polluer la détection de la récidive", a expliqué l'oncologue. Dans les essais, les patients étaient sous traitement d'entretien.

    Avis de la Cnedimts du 9 avril
    Avis du collège de la HAS du 17 avril

    Virginie Bagouet

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