L’actualité numérique des industries de santé

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    Innovations

    L'accélérateur d'Ipsen veut s'inscrire dans une stratégie numérique de long terme

    PARIS (TICpharma) – Plus qu'un simple concours organisé sur un week-end, le "Net patient accelerator" d'Ipsen apporte un accompagnement sur la durée à quatre projets de solutions digitales et s'inscrit dans une stratégie numérique, détaillée à TICpharma par ses dirigeants.

    L'évènement organisé par Ipsen a débuté à la façon d'un hackathon traditionnel: les 9 et 10 avril derniers, 24 équipes de hackers et startupers ont participé à un week-end "proof of concept" (POC) au cours duquel ils ont développé des solutions digitales visant à améliorer la qualité de vie, le suivi et la prise en charge des patients atteints de tumeurs neuro-endocrines (TNE).

    L'objectif poursuivi par le laboratoire, qui commercialise Somatuline dans cette indication, est de "mettre en place des solutions innovantes en rassemblant tous les acteurs, associations de patients, professionnels de santé, développeurs et salariés d'Ipsen" et de confirmer sa position de leader dans le traitement de ce type de pathologies, a expliqué à TICpharma Jacques Maydat, directeur de la business unit onco-endocrinologie d'Ipsen, à l'origine du "Net patient Accelerator".

    Après une présentation des prototypes développés pendant le week-end face à un jury composé d'acteurs de l'écosystème, quatre équipes ont été sélectionnées pour profiter de deux mois d'incubation au sein du "Net patient accelerator".

    "En général, les laboratoires qui organisent ce type d'évènement s'arrêtent au stade du week-end de développement qui permet de faire du bruit dans les médias et sur les réseaux sociaux. Notre ambition était de conduire ces projets le plus loin possible en leur proposant d'intégrer un accélérateur où ils bénéficient d'un coaching important", a fait valoir Jacques Maydat.

    Des conseils d'ordre scientifique, médical, juridique, financier et technique sont prodigués aux porteurs de projets pour lesquels des locaux ont été mis à disposition par la société BeMyApp, également organisatrice de l'évènement.

    Les équipes du concours ont par ailleurs profité d'un lien continu avec l'association des patients porteurs de tumeurs endocrines (APTED) et des professionnels de santé endocrinologues et gastro-entérologues.

    "Ça a été un énorme enrichissement", a témoigné auprès de TICpharma Pierre-Antoine Bastian, président de la start-up MyRobotics, accompagnée par Ipsen dans la conception d'un électrogustomètre connecté permettant de mesurer les troubles du goût lié aux effets secondaires de médicaments anticancéreux.

    "Nous n'avions aucune idée de la méthode à suivre pour sortir un objet connecté dans l'univers médical. L'accélérateur nous a beaucoup aidés sur la partie juridique et sur le business development", a précisé cet ingénieur en informatique électronique de 27 ans ayant auparavant collaboré avec de grandes groupes comme EDF, la SNCF ou Areva.

    "Incubateur virtuel"

    Après la phase d'accélération, Ipsen a réuni en juin plusieurs investisseurs du secteur pour un "Demo day" au cours duquel les porteurs de projets ont présenté le fruit de leur travail. "Cela a permis de les confronter aux feedbacks des investisseurs sur la fiabilité du projet, sa maturité et son potentiel pour l'avenir", a souligné Jacques Maydat.

    A terme, Ipsen s'engage à participer au financement de deux projets sous la forme de crowdfunding pour un montant de 5.000 euros par projet.

    Mais les perspectives de collaboration avec le laboratoire ne s'arrêtent pas là pour les développeurs récompensés. La directrice de la transformation numérique d'Ipsen, Malika Mir, a fait part de son intention d'ouvrir "une forme d'incubateur virtuel".

    "Contrairement à d'autres entreprises qui ont des locaux physiques pour abriter les projets, nous voulons rapprocher les innovateurs des lieux où se trouve la compétence qu'ils recherchent et trouver des moyens de partager avec eux autre chose que des moyens financiers", a-t-elle défendu.

    Ces partenariats "à durée bien définie" peuvent porter sur un apport de compétence, une mise en relation avec le réseau d'Ipsen (scientifiques, médecins, experts techniques et technologies), du mentoring international ou une mise à disposition d'infrastructures informatiques, a cité Malika Mir à titre d'exemple.

    Quel intérêt pour le laboratoire? "Se rapprocher de l'écosystème développeurs IT et start-up car nous sommes conscients qu'en tant que grande entreprise, nous n'avons pas toujours leur agilité et leur créativité", explique la directrice.

    Anticiper de futurs partenariats

    Si chaque porteur de projet conserve la propriété intellectuelle sur sa solution, les candidats sélectionnés pourraient à terme apporter une forte valeur ajoutée au travail d'Ipsen.

    Un éventuel partenariat commercial a déjà été évoqué avec la start-up MyRobotics pour l'utilisation de son électrogustomètre dans les protocoles de test du laboratoire.

    "Nous offrons une variable de toxicité du médicament qui n'a jamais été mesurée aujourd'hui et peut permettre à Ipsen de mettre en avant leur produit vis-à-vis de certains concurrents et fournir des arguments pour obtenir une autorisation de mise sur le marché", a confié Pierre-Antoine Bastian, indiquant que des discussions devraient s'ouvrir à ce sujet au premier trimestre 2017, date à laquelle sa start-up espère obtenir le marquage CE pour son électrogustomètre.

    Même potentiel et mêmes discussions en cours entre le laboratoire et le projet ZebrIA porté par l'équipe de Guillaume Palacios, un physicien ayant travaillé pour le CNRS et le CEA.

    Son outil d'analyse vocale couplé à une intelligence artificielle permet de mesurer la réponse d'un patient à un traitement en fonction des informations qu'il renseigne à haute voix à son smartphone (effets secondaires ressentis, symptômes, prise de médicaments, etc.).

    Actuellement testé par des volontaires de l'APTED, ZebrIA est "d'abord orientée vers les patients" mais elle suscite aussi l'intérêt de l'industrie pharmaceutique pour "comprendre comment les patients vivent leur traitement dans leur vie de tous les jours et remonter l'information à la recherche médicale pour mieux l'orienter", a défendu Guillaume Palacios.

    S'il souhaite que sa start-up "reste indépendante et maîtresse de sa technologie et de son savoir-faire", le chef de projet confirme avoir éveillé la curiosité de plusieurs laboratoires. Mais "aucun n'est entré dans un échange aussi avancé que celui qui a eu lieu avec Ipsen", a-t-il relevé.

    Axes stratégiques de développement

    Egalement accompagnés au sein du "Net patient accelerator", le projet Bress offrant une plateforme de télé-expertise pour faciliter les échanges entre médecins et la communication avec les experts des TNE et le projet Diappnose, application d'assistance au diagnostic par des questions automatisées, sont autant de solutions qui contribuent à l'action du laboratoire dans le domaine des tumeurs neuro-endocrines.

    Pour Malika Mir, ces outils doivent d'abord "améliorer la vie des patients". "On ne cherche pas forcément un retour sur investissement en espèces sonnantes et trébuchantes", a-t-elle expliqué.

    En parallèle à cette stratégie "Beyond the Pill" citée par la directrice de la transformation numérique d'Ipsen comme l'un des trois axes d'action prioritaires du laboratoire, les nouvelles technologies sont aussi utilisées par Ipsen pour "se rapprocher du patient".

    "Nous avons déployé en Angleterre la plateforme d'échange entre patients et professionnels de santé 'Know Your NETs' et nous travaillons à sa déclinaison au niveau mondial", a indiqué Malika Mir.

    Le dernier axe de cette stratégie numérique porte sur la transformation des processus internes à l'entreprise sous deux aspects: le premier consistant à "explorer davantage les données pour mettre en place une véritable approche big data", le second portant sur le solutions mises à disposition des salariés, partenaires et fournisseurs du laboratoire pour faciliter la communication au sein de l'écosystème international du laboratoire.

    Le détail des quatre projets du Net patient accelerator dévoilés le 20 septembre 

    Raphael Moreaux

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    Vos réactions

    • R

      Rédaction

      Bonjour "Vigilance Orthographe",
      Nous avons utilisé le terme d'"adhérence" afin de rester fidèle à l'étude française qui cite bien parmi ses objectifs celui d'évaluer "l'adhérence" au monitoring de l'activité physique. Elle définit la notion de patient "adhérent" par le port de la montre connectée au moins 80 jours, comme mentionné dans l'article. Il ne s'agit donc pas d'une erreur mais d'une reprise du vocabulaire employé dans l'étude.

      26/07/2017 à 11:52

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    • V

      VIGILANCE ORTHOGRAPHE

      ADHERENCE??? ne voulez vous pas dire plutôt "adhésion" ???

      26/07/2017 à 11:48

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    • B

      Bba

      J'apprends aujourd'hui (veille du 1er juin tant attendu) que le remboursement du Freestyle sera juste des 2/3 de son prix de vente, et que n'en seront remboursés que 21 par an. Qu'en est-il vraiment ?

      14/06/2017 à 10:39

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    • U

      Un patient

      En fait il faut lire : lorsque les médecins font leur travail de surveillance, les malades se portent mieux. C'est une découverte INCROYABLE !!!!

      14/06/2017 à 10:38

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    • A

      Alain

      Il faudrait que les laboratoires se mettent sérieusement au digital.
      [Une page->http://www.magicien-magie.com/alsace.html] intéréssante à lire.
      Merci.

      07/02/2017 à 11:20

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    • P

      Pascal Becache

      Je retiens 2 messages principaux de cette excellente interview :
      - tous les labos vont se lancer dans une politique digitale importante, ceux qui feront la différence seront ceux qui seront les plus innovants et les plus engagés - on va donc voir des investissements de plus en plus massifs dans les services numériques, bientôt à la hauteur des investissements sur les molécules
      - les régulateurs et les payeurs doivent travailler dur dès à présent pour imaginer des modèles qui intègrent la technologie à destination des patients, et les payeurs privés pourraient aller plus vite que les payeurs publics.

      23/12/2016 à 09:56

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    • l

      linda

      c'estde vouloir faire comprendre aux gens ce qu'est la schizophrénie mais les famille ont besoin d'aide aux soins et surtout de vrais suivies soignons les malades avant de vouloir expliqué ce qu'ils ressentent

      02/12/2016 à 09:24

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    • d

      dr tiphaine

      Belle innovation, si vraiment ils vont jusqu'aux validations cliniques ce qui semble le cas à lire la publication au JAD

      24/11/2016 à 16:50

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