L’actualité numérique des industries de santé

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    Etudes

    Addictions: les applications mobiles doivent être mieux évaluées (rapport européen)

    LISBONNE (TICpharma) - Il est nécessaire de mieux évaluer scientifiquement les applications mobiles proposées comme outils d'aide à la prévention, à la réduction des risques et des dommages et au traitement pour les personnes présentant des troubles de l'usage, recommande l'Office européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans un rapport.

    Ce court rapport de 20 pages (disponible en anglais) propose un état des lieux sur la disponibilité des applications pour smartphone dans le domaine des addictions, dans un contexte européen et mondial, indique l'OEDT dans une lettre d'information diffusée début janvier.

    Les applications mobiles en santé se développent rapidement, offrant des opportunités dans l'amélioration de l'accès aux soins et de la qualité des soins, notamment dans le domaine des addictions. Cependant, qu'elles soient destinées aux usagers ou aux professionnels de santé, cet usage en est encore à ses débuts et est mal documenté en Europe, observe l'agence européenne.

    Avec cette étude, elle réalise une première exploration du sujet et liste plusieurs défis à relever à la fois pour les développeurs, les décideurs et les utilisateurs.

    L'OEDT a identifié un total de 67 applications mobiles pour les addictions dans les trois principaux magasins d'application en ligne. La majorité de ces apps provient des Etats-Unis et d'Europe (deux développées en France) et sont en anglais. Elles sont principalement développées par des associations ou des chercheurs qui travaillent dans le domaine des addictions.

    Elles se répartissent en trois principaux groupes, selon leurs finalités: la diffusion d'information sur les drogues et leurs effets sur la santé ainsi que des conseils de réduction des risques; une mesure de la consommation et des outils d'autosupport ou communautaires pour réduire cette consommation, favoriser l'abstinence ou prévenir la récidive; l'amélioration des compétences des professionnels de santé.

    La plupart des apps contiennent des informations sur les comportements à risque associés à l'usage de drogues en général ou dans des contextes particuliers (dans un cadre festif par exemple). Certaines apps ciblent spécifiquement une drogue en particulier, comme le cannabis ou la cocaïne.

    L'OEDT souligne, sur le plan de la qualité, que la majorité de ces apps n'est pas soumise à un contrôle et qu'elles ne reposent pas nécessairement sur des données scientifiques. Le risque est de provoquer des dommages, de manière non intentionnelle, en particulier chez des utilisateurs très jeunes.

    Il faudrait prévoir un contrôle parental pour les utilisateurs mineurs, un contrôle qualité minimal et un examen minimum du contenu en vue d'une certification, ajoute l'agence européenne.

    Elle fait toutefois observer que les standards européens doivent être actualisés pour intégrer l'e-santé et les apps mobiles et qu'une procédure réglementaire d'évaluation de l'innocuité, de l'efficacité et du caractère éthique pourrait être utile avant un usage clinique ou la diffusion au grand public.

    L'OEDT estime par ailleurs qu'il faudrait développer d'autres applications pour certaines cibles actuellement sous-représentées, comme les personnes qui pratiquent le chemsex (pratiques sexuelles sous l'emprise de drogues) ou les consommateurs de drogues injectables. Elle recommande aussi que des apps comprennent notamment des informations sur l'usage de la naloxone, antidote en cas de surdose d'opioïdes.

    Des applications pour améliorer la formation des professionnels dans le domaine des addictions serait aussi utiles.

    Par ailleurs, les approches thérapeutiques différentes notamment entre les Etats-Unis et l'Europe soulèvent la question de la transposition des apps d'un pays à l'autre.

    Enfin, l'OEDT souligne l'importance de la protection des données avec les applications de santé.

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    Luu Ly Do Quang

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