L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2019: "La santé est devenue le premier secteur d'activité pour la French Tech"

    PARIS (TICpharma) - A la veille de l'ouverture du Consumer Electronics Show (CES) aux Etats-Unis, Jérôme Leleu, président d'Interaction Healthcare et coordinateur général du collectif "Smart santé" de la délégation francophone à Las Vegas, souligne auprès de TICpharma la dynamique de la French Tech en santé, tout en pointant les difficultés rencontrées par certaines start-up pour lever des fonds.

    Les sites d'information du groupe APM international couvriront le Consumer Electronics Show (CES) qui se tiendra du 8 au 11 janvier 2019 à Las Vegas. Suivez l'actu santé de l'évènement sur nos sites spécialisés et sur nos comptes twitter TICsanté et TICpharma.

    TICpharma.com: Quelle place occupe le secteur de la santé d'année en année au CES?

    Jérôme Leleu: Le CES a évolué vers un salon qui reste profondément grand public mais qui s'est beaucoup professionnalisé, avec l'émergence progressive de la sphère BtoB. C'est la raison pour laquelle SimforHealth [département de simulation numérique en santé de Interaction Healthcare, ndlr] était présent lors des deux dernières éditions, notamment aux côtés d'HTC Vive l'an dernier, avec qui nous avons passé un partenariat pour utiliser leur casque de réalité virtuelle dans la formation des professionnels de santé. La santé est bien une tendance forte du CES, qui a vu se développer en son sein l'équivalent d'un congrès médical, avec le Digital Health Summit. On retrouve cette tendance dans la dynamique des start-up de la French Tech, qui sont chaque année plus nombreuses à être présentes à Las Vegas. En 2018, les Health Tech était déjà le deuxième secteur le plus représenté dans la délégation française, après les start-up de la smart home [maison intelligente]. Pour l’édition 2019, avec plus de 66 sociétés déjà identifiées, la santé est devenue le premier secteur d’activité pour l’écosystème de la French Tech.

    Vous avez été désigné coordinateur général du collectif "Smart santé" du village francophone au CES 2019. Quel est l'objectif de ce collectif?

    J.L.: Il s'agit de représenter toutes les start-up du domaine de la santé, au sein du village francophone du CES, qui réunit des jeunes pousses de pays francophones. Une cinquantaine de start-up de la santé digitale pourront présenter leurs activités au village dans le cadre d'un concours de pitch. Nous proposerons aux visiteurs de suivre un parcours thématique santé au sein du CES, pour aller à la rencontre des principaux acteurs du domaine, mais aussi s'ouvrir aux perspectives offertes dans d'autres secteurs comme la smart home et la smart city [ville intelligente]. Nous organisons aussi une soirée d'ouverture du village francophone, avec plusieurs décideurs et représentants de réseaux d'affaires.

    Comment faire la part entre les innovations qui relèvent du secteur médical, et la prolifération d'applications mobiles et d'objets connectés répondant davantage à des questions de bien-être?

    J.L.: Il est vrai que le domaine de la santé est de plus en plus dispersé sur le CES. Au-delà des innovations qui peuvent être utilisées par des professionnels de santé, on a assisté à l'explosion de la fitness tech et de la sleep tech, des objets connectés pour le suivi de pathologies chroniques comme le diabète, mais aussi des innovations en cosmétique, avec des miroirs qui permettent de détecter certaines pathologies en dermatologie par exemple, ou même dans l'automobile, pour surveiller l'état de fatigue d'un conducteur. C'est une tendance que j'espère voir confirmée, car elle permet de s'ouvrir à d'autres acteurs, et d'apporter à d'autres domaines d'activité la rigueur du développement de technologies dans le médical.

    Quelles sont les technologies qui auront le vent en poupe cette année?

    J.L.: On assiste à une présence plus forte des thérapies digitales, ou "digital therapeutics", avec la présence d'importants industriels du médicament qui développent des stratégies dites "beyond the pill" [au-delà du médicament]. La santé mentale et l'apport des technologies dans les troubles neurologiques et cognitifs était aussi un sujet émergent l'an dernier, que j'espère voir se confirmer en 2019. Sur les technologies elles-mêmes, la réalité virtuelle et augmentée reste une tendance majeure, aux côtés des outils d'intelligence artificielle (IA) et du deep learning [apprentissage profond], dont il sera de plus en plus question dans tous les travaux autour de la génomique notamment. Les objets connectés font aussi l'ADN du CES, même si certains s'interrogent sur une possible explosion de la "bulle" de l'IoT [internet of things].

    Quel est l'intérêt de se rendre au CES alors que la réalité technologique des structures et professionnels de santé en France semble encore assez éloignée des innovations présentées à Las Vegas?

    J.L.: Le CES reste le plus grand congrès des technologies dans le monde. Il est important d'y être pour anticiper les innovations qui pourraient s'intégrer à moyen ou long terme dans notre système de santé. Il y a bien sûr un côté assez éloigné du quotidien, mais le métier des équipes de Interaction Healthcare consiste aussi à se projeter dans l'avenir, et à comprendre comment on peut s'approprier ces nouvelles technologies, pour les mettre au service des patients et des professionnels de santé. C'est aussi un moyen de motiver ses équipes, de rencontrer de futurs partenaires, et de rendre visible à l'international l'excellent travail qui peut être fait en France sur la santé connectée. SimforHealth a notamment pu engager une collaboration avec Stanford Medicine pour le développement de la simulation numérique en santé, grâce à notre nomination comme l'une des quatre innovations en e-santé du CES 2017.

    De quoi les start-up françaises de la santé ont-elles besoin aujourd'hui pour se développer?

    J.L.: Le premier obstacle rencontré par les jeunes entreprises innovantes est la difficulté à lever des fonds importants dans le domaine de la santé connectée. Je ne parle pas de fonds d'amorçage ou de levées de quelques centaines de milliers d'euros, mais bien de tours de financement à plusieurs millions d'euros, pour permettre un large développement et renforcer la structuration financière des start-up afin de pouvoir "changer d’échelle". La deuxième difficulté est d'accélérer la diffusion des technologies grâce à des partenariats passés avec des structures de santé, pour trouver des terrains d'expérimentation et travailler à l'intégration d'un outil dans un parcours de soins. La constitution d'une équipe qui allie des compétences techniques et médicales peut aussi être un défi, d'autant que l'arrivée de nouveaux outils dans le secteur de la santé nécessite de s'inscrire dans une démarche de pédagogie, de formation et d'accompagnement des patients et des professionnels de santé. Il faut aussi penser à évaluer scientifiquement son produit ou service, au risque de pâtir d'une image de gadget auprès des professionnels.

    Raphael Moreaux
    raphael.moreaux@apmnews.com

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