L’actualité numérique des industries de santé

    L’actualité numérique des industries de santé

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    IA, blockchain, RGPD, Health Data Hub... tout ce qu'il ne fallait pas manquer en 2018

    PARIS (TICpharma) - Boom de l'intelligence artificielle (IA), développement de la blockchain en santé, révolution réglementaire en matière de protection des données, lancement du Health Data Hub... l'essor de l'e-santé s'est poursuivi en 2018, avec de plus en plus d'initiatives de la part des institutionnels, des start-up et des industriels.

    Avant de revenir sur les temps forts de l'année écoulée, l'ensemble de la rédaction de TICpharma tient à vous souhaiter une excellente année 2019, et vous assure de continuer à vous informer avec la rigueur et l'indépendance qui caractérisent le groupe d'information APM International.

    Place à présent à un récapitulatif des actualités qui ont marqué 2018.

    • 2018, année de la révolution cybersécurité

    L'année s'est révélée chargée sur le plan réglementaire pour les industries de santé, qui ont dû se conformer à deux lois de transposition de la réglementation européenne.

    La question de la sécurité des systèmes d’information a notamment été posée par la directive européenne 2016/1148 du 6 juillet 2016, dite directive NIS (Network and Information Security), transposée dans le droit français le 9 mai 2018.

    Pour rappel, la transposition de ce texte s’inscrit dans le prolongement du dispositif de cybersécurité des opérateurs d’importance vitale (OIV) introduit par le législateur français en 2013.

    La France a également transposé le nouveau cadre européen en matière de protection des données, composé du règlement européen 2016/679 sur la protection des données (RGPD), applicable à compter du 25 mai 2018 et introduit dans la loi dite "Cnil 2".

    Défini comme une "continuité" par la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et qualifié de "vraie bonne nouvelle" par Paula Forteza, députée LREM rapporteure du projet de loi "Cnil 2", le RGPD prévoit plusieurs nouvelles obligations qui s'appliquent à tous les acteurs traitant des données de santé.

    • Le gouvernement déploie son arsenal en e-santé...

    En 2018, les pouvoirs publics ne se sont pas contentés de renforcer la réglementation relative à la cybersécurité. L'e-santé a également pris une place importante dans les plans et autres "volets de transformation numérique" de la santé initiés par le gouvernement.

    En premier lieu, le plan "Ma santé 2022", présenté le 18 septembre par l'exécutif, comprend la création d'un espace numérique personnel de santé pour les patients, le développement d'un "bouquet de services" digitaux pour les professionnels ou encore un "pilotage national" de l'e-santé renforcé.

    Le 19 novembre, la ministre des solidarités et de la santé, Agnès Buzyn, a désigné Dominique Pon, directeur général de la clinique Pasteur de Toulouse, et Laura Létourneau, cheffe de l'unité "Internet ouvert" à l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep), pour piloter le chantier numérique de la stratégie "Ma santé 2022".

    Par ailleurs, après 14 ans d'errance, 2018 aura été l'année du déploiement du très attendu dossier médical partagé (DMP). Si ce "carnet de santé numérique" concerne moins les industriels, il n'en demeure pas moins "la première brique de l'espace numérique personnel de santé" imaginé par le gouvernement dans le cadre de "Ma santé 2022".

    Autre grand projet numérique initié l'année dernière: le Health Data Hub. Le 12 septembre, lors de la remise des conclusions du rapport de préfiguration de ce futur "laboratoire national des données de santé", Agnès Buzyn a confié le pilotage du projet à Jean-Marc Aubert, directeur de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Une première version du hub est attendue pour juin 2019.

    • ... mais la gouvernance en e-santé se cherche toujours

    Si les projets semblent se multiplier, la question (centrale) de la gouvernance de l'e-santé n'a, elle, toujours pas été tranchée.

    Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir cru. En mars, le gouvernement annonçait qu'une "mission e-santé" allait être installée "courant avril" auprès du ministère de la santé.

    Quelques semaines après cette première annonce, c'est finalement "l'été 2018" qui a été retenu comme date approximative pour dévoiler le nom du pilote national en e-santé et fer de lance de la stratégie tricolore dans la "course au numérique en santé". Encore raté.

    2019 sera-t-elle l'année de la gouvernance?

    • Le boom de l'IA en santé

    Incontestablement, le secteur a assisté en 2018 à l'émergence fulgurante de l'IA en santé. Le 29 mars d'abord, le président de la République, Emmanuel Macron, a dévoilé un plan national faisant la part belle au secteur de la santé, et dont le budget de 1,5 milliard d’euros doit permettre de faire de la France "un champion" dans le domaine.

    Le ministre de l'économie et des finances, Bruno Le Maire, a ensuite annoncé en juillet que le fonds pour l'innovation et l'industrie, doté de 10 milliards d'euros, avait prévu d'investir 30 millions sur trois ans dans l'amélioration des diagnostics médicaux par l'IA et 30 millions supplémentaires dans la fiabilisation des systèmes d'IA.

    Pour mener à bien ces chantiers, c'est Bertrand Pailhès, expert en télécommunications et ancien des cabinets de la Hollandie, qui a été nommé coordonnateur national de la stratégie nationale d'IA.

    Une autre stratégie nationale, focalisée sur la recherche en IA, a été présentée en novembre par la ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation, Frédérique Vidal, et par le secrétaire d'Etat chargé du numérique, Mounir Mahjoubi, afin de mieux coordonner l'écosystème français.

    La Haute autorité de santé (HAS), elle, s'est montrée favorable à l'adoption de "bonnes pratiques de développement" des outils d'IA, voire à la création d'un "cadre normatif". L'avis n°129 du Comité consultatif national d'éthique (CCNE) a quant à lui tenu compte des différents débats qui ont eu lieu au cours des états généraux de la bioéthique, dont une partie ont porté sur l'IA.

    Si la France ne veut pas manquer le virage de l'IA, à l'échelle continentale, les initiatives se multiplient aussi. La Commission européenne a ainsi présenté le 25 avril une série de mesures visant à faire du Vieux-Continent un leader en la matière.

    A l'international, la Food and Drug Administration (FDA) américaine a donné en avril son feu vert à la mise sur le marché d'un premier dispositif médical utilisant l'IA, en l'occurrence pour dépister, à partir d'une photo, une déficience visuelle causée par le diabète: la rétinopathie diabétique.

    En attendant de voir si l'IA fera encore l'actualité en 2019, l'éthique des algorithmes qui la composent reste, elle, à définir.

    • L'essor de la blockchain en santé

    La technologie de blockchain (ou chaîne de blocs), qui permet d’assurer l’intégrité des données cryptées et stockées sur divers serveurs, a séduit le monde de la santé en 2018 et les industriels ont été nombreux à s'en emparer.

    Le laboratoire Pierre Fabre et la société BotDesign  ont ainsi décidé de s'allier dans un consortium de blockchain en santé articulé autour du consentement du patient. La start-up Embleema, pionnière du sujet, a, elle, lancé un consortium pour collecter les données en vie réelle des patients et renforcer la pharmacovigilance.

    Un autre projet, emmené par la start-up Owkin, a vu le jour pour accélérer la recherche, tandis que les laboratoires Roche et MSD ont annoncé plancher sur un futur écosystème "autour de la blockchain et des données patients".

    Si cette technologie convainc de plus en plus d'acteurs de la santé, elle pose néanmoins des questions en termes de conformité avec le RGPD, au vu du "verrouillage" des données qu'elle offre. Un débat pour 2019?

    • Les industriels poursuivent leur digitalisation

    Les industriels sont de plus en plus conscients de la nécessité de digitaliser leurs activités. Pour Pierre Fabre, cela passe notamment par l'IA, comme l'a expliqué son chief digital officer (CDO) à TICpharma au début de l'année 2018.

    Roche Pharma France a de son côté annoncé en 2018 avoir mis à disposition des oncologues la plateforme informatique Clinical Intelligence Study, qui permet de générer des visualisations de données sur les essais cliniques en cours à travers le monde dans le cancer du poumon.

    Pas en reste, Sanofi Genzyme s'est engagé à développer trois outils numériques afin de diminuer l'errance diagnostique des patients atteints de maladies rares, parmi 14 solutions technologiques identifiées dans un livre blanc publié par un collectif d'acteurs initié par le laboratoire en partenariat avec Orange Healthcare.

    Enfin, nous pouvons également citer l'allemand Boehringer Ingelheim, qui s'est lancé en 2018 dans plusieurs investissements en vue de réaliser sa "transformation digitale".

    • Les start-up misent aussi sur l'e-santé

    Tout au long de l'année dernière, TICpharma vous a proposé des focus sur des start-up d'e-santé: DrData, Koovea, Team8, MirambeauAppCare, Ad Scientiam ou encore Med-eShare.

    • Nokia Health est mort, vive Withings!

    S'il y a bien une start-up qui mérite son coup de projecteur, c'est Withings.

    En effet, 2018 a été l'année du retour à l'expéditeur pour cette société française, après deux années passées dans le giron du fabricant d'équipements de réseaux mobiles finlandais Nokia.

    Vendue 170 millions d'euros à Nokia en 2016, la jeune pousse aurait été "surévaluée" de 130 millions d'euros. Et même si le prix de son rachat par son fondateur, Eric Carreel, n'a pas été dévoilé, l'entrepreneur français a réalisé le casse du siècle en rachetant la pépite tricolore.

    • L'e-santé en fête à la Paris Healthcare Week et à Viva Technology

    L'IA, ses technologies multiples et leurs utilisations dans le système de santé ont été analysées par plusieurs représentants du secteur, start-up ou grands groupes, lors du salon Healthcare IT (HIT) organisé dans le cadre de la Paris Healthcare Week, du 29 au 31 mai.

    Même tonalité du côté du salon Viva Technology, où les acteurs de la santé connectée ont eu une place de choix aux côtés des géants mondiaux de la tech lors de la troisième édition de ce salon international, organisée à Paris du 24 au 26 mai.

    • La santé connectée prend ses quartiers à Las Vegas

    Enfin, focus sur la grand-messe du numérique, le Consumer Electronic Show (CES), dont l'édition 2019 se prépare et sera couverte, depuis Las Vegas, par la rédaction de TICpharma.

    Le cru 2018 du salon a été marqué par une forte présence des start-up d'e-santé et par un cortège d'innovations dans le secteur.

    Thématique phare en 2018, la réalité virtuelle ou augmentée (VR/AR) devrait être de retour sur les étals de l'événement cette année.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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