L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2019: Chronolife mise sur un tee-shirt connecté pour optimiser le suivi de l'insuffisance cardiaque

    PARIS (TICpharma) - La start-up Chronolife développe un tee-shirt connecté intégrant un algorithme "qui effectue des mesures multiparamétriques des constantes vitales pour aider au diagnostic et à l'observance des patients insuffisants cardiaques", a expliqué à TICpharma son directeur général, Laurent Vandebrouck, qui ira présenter sa technologie au Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas en janvier prochain.

    Les sites d'information du groupe APM international couvriront le Consumer Electronics Show (CES), qui se tiendra du 8 au 11 janvier 2019 à Las Vegas. D'ici là, TICpharma.com vous présentera chaque mercredi une start-up française du domaine de la santé et du numérique qui fera le voyage aux Etats-Unis pour présenter ses innovations.

    Créée en 2015, la start-up conçoit une solution de suivi à distance qui comprend un tee-shirt connecté et une application. C'est ce dispositif médical wearable (dont on peut se vêtir, nldr) qui sera présenté à Las Vegas.

    Composé de six capteurs pouvant analyser la respiration thoracique et abdominale, la température ou émettre un électrocardiogramme (ECG), le tee-shirt est doté d'intelligence artificielle (IA) et propose une analyse intégrée en temps réel permettant de poser un diagnostic, tout en prédisant la détérioration future de la santé du porteur du dispositif.

    Le tee-shirt connecté et ses capteurs (crédits: Chronolife)

    Les informations émises sont alors envoyées par Bluetooth sur une plateforme cloud hébergée par l'entreprise Claranet et sont consultables via une application mobile disponible sur PlayStore (Android) ou AppStore (Apple), ou via une interface web.

    "Grâce à notre technologie d'IA et nos algorithmes, nous pouvons comparer les flux de données et avoir une vision complète de l'état de santé du patient. Si les données émises ne sont pas conformes à des paramètres standards pré-établis au regard d'un modèle, l'application émet une alerte et l'envoie au médecin", a expliqué Laurent Vandebrouck.

    Le porteur du tee-shirt peut aussi, via l'application, accéder à certaines informations mais "pas toutes", pour ne pas "générer plus de stress chez le patient et altérer encore son état de santé", a précisé le directeur général de la start-up.

    Le vêtement connecté s'adresse d'abord aux patients souffrant de maladies chroniques telles que l'insuffisance cardiaque et l'épilepsie, et peut permettre de les surveiller depuis "le confort de leur foyer", après une hospitalisation.

    Lavable en machine "avec tous ses capteurs et sa batterie", le tee-shirt est pensé pour "faciliter la vie des patients". "Cela concerne notamment une majorité de patients de plus de 65 ans", a pointé le directeur général de la société.

    Pour que le dispositif soit vendu et porté dans le cadre d'un suivi prédictif des patients atteints d'insuffisance cardiaque, il lui faudra encore passer l'étape de l'étude clinique prévue pour janvier prochain en France, en Allemagne et au Danemark auprès de "plus de 500 patients".

    "Cette version du tee-shirt sera mise sur le marché à l'été 2020. Elle sera proposée au monde hospitalier et aux professionnels de santé pour un suivi à distance et à domicile de leurs patients atteints d'insuffisance cardiaque", a indiqué Laurent Vandebrouck.

    En attendant, c'est la fonction monitoring (surveillance) qui sera présentée à Las Vegas et ouverte à la commercialisation "à l'été 2019".

    Cette version intéresse notamment l'industrie pharmaceutique, qui peut grâce à elle "collecter des données de vie réelle pour améliorer l'observance grâce à un reporting continu", mais aussi les assureurs, "qui peuvent se concentrer sur les patients à risque et proposer des solutions de coaching adaptées".

    A terme, Chronolife entend proposer son tee-shirt connecté aux patients suivis pour apnée du sommeil, pour prévenir la mort subite du nourrisson et pour accompagner "les travailleurs soumis à des conditions extrêmes".

    Un business model défini

    Avant le CES, Chronolife a esquissé les prémices d'un business model qui se confirmera avec le lancement commercial de son tee-shirt.

    "Nous sommes une medtech et un opérateur de services. Nous ne travaillons donc pas directement avec le patient mais avec des clients qui le fournissent: industriels de la pharmacie, assureurs et, plus tard, établissements de santé", a expliqué Laurent Vandebrouck.

    La start-up vend ses tee-shirts et leur technologie aux clients au prix de 145 euros par pièce.

    Elle travaille actuellement à un nouveau design "sans couture" avec son fabricant, l'industriel français Franaud. "Sans couture, le coût de fabrication du tee-shirt sera moins onéreux et le vêtement sera plus élastique. Cela permettra aussi de réduire le nombre de tailles disponibles à trois ou quatre, contre huit actuellement", a souligné le directeur général.

    Outre le prix du tee-shirt, Chronolife réfléchit à un abonnement mensuel "pouvant aller de 12 à 30 euros" pour l'accès à l'application, le traitement des données par les équipes de la start-up, le stockage des données, l'accès à une interface web et le système d'alerte au médecin.

    "Là encore, nous proposerons cet abonnement à nos clients, qui le mettront à disposition des patients et refactureront selon les services souscrits: monitoring 24 heures/24 ou prise de mesures à horaire fixe, notamment. De facto, la masse de données est différente et son traitement aussi."

    "Si un médecin traitant souhaite proposer notre tee-shirt à ses patients et accéder au système d'alerte, il pourra passer par nos clients prestataires de service dont la liste est en cours d'élaboration. Il s'agit de clients spécialisés dans le maintien à domicile des patients mais cela ne se fera pas directement auprès de Chronolife", a indiqué Laurent Vandebrouck.

    Une levée de fonds attendue "au début de l'année 2019"

    Nommé à la direction générale de Chronolife en novembre dernier, Laurent Vandebrouck a expliqué que la phase d'amorçage de l'entreprise au sein d'iBionext était terminée. Elle reste toutefois hébergée au sein de cet accélérateur de start-up parisien (voir dépêche du 21 juillet 2017).

    "Nous nous apprêtons à lancer une deuxième levée de fonds", a indiqué le dirigeant. "L'objectif est de lever de quoi atteindre la profitabilité pour couvrir tous nos projets et le lancement commercial du tee-shirt", a-t-il complété, sans dévoiler le montant souhaité.

    La future levée de fonds interviendra "au début de l'année 2019".

    En attendant de démarrer la phase commerciale et de lever la somme nécessaire à la poursuite des projets évoqués, la start-up de 18 salariés entend profiter de l'événement international qu'est le CES pour "se faire connaître" et "prendre la température" du marché nord-amércain.

    "Nous allons préparer notre demande d'approbation américaine pour la version monitoring du tee-shirt. A terme, nous mènerons des études cliniques là-bas pour la version prédiction destinée aux insuffisants cardiaques, mais nous nous concentrons d'abord sur un lancement européen", a assuré Laurent Vandebrouck.

    Wassinia Zirar
    Wassinia.Zirar@apmnews.com

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    Vos réactions

    • s

      snowarrior

      Bonjour,
      je trouve qu'il y a un certain mélanges des genres dans le ciblage de cette veste, ou elle a un intérêt médical, ou elle ne sert que de dispositif de surveillance pour les assureurs ? particulièrement pas convaincant cette approche et j'en ferai part à mes collègues cardiologues.

      14/12/2018 à 11:36

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