L’actualité numérique des industries de santé

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    CES 2019: PrediSurge, la start-up qui promeut l'usage du "in silico" en santé

    SAINT-ETIENNE (TICpharma) - La start-up stéphanoise PrediSurge développe un logiciel permettant de "simuler numériquement l'effet d'une endoprothèse aortique posée par chirurgie et prédire son efficacité", a expliqué à TICpharma son cofondateur, le Pr Jean-Noël Albertini, qui ira promouvoir cette technologie au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas en janvier prochain.

    Les sites d'information du groupe APM international couvriront le Consumer Electronic Show (CES), qui se tiendra du 8 au 12 janvier 2019 à Las Vegas. D'ici là, et à compter de cette semaine, TICpharma.com vous présentera chaque mercredi une start-up française du domaine de la santé et du numérique qui fera le voyage aux Etats-Unis pour présenter ses innovations.

    Professeur de cardiologie au CHU de Saint-Etienne depuis une vingtaine d'années, le Pr Jean-Noël Albertini réalise quotidiennement des opérations pour anévrisme de l'aorte thoracique en chirurgie cardiaque.

    La rupture d'anévrisme tue chaque année près de 15.000 personnes mais avant d'atteindre la rupture, l'anévrisme aortique peut être prédit et évité grâce à la chirurgie.

    Seulement, pour concevoir l'endoprothèse aortique et la poser, le chirurgien a besoin de mesures précises, difficiles à réaliser sans "ouvrir le patient".

    "Actuellement, nous dimensionnons les prothèses en réalisant des mesures sur le scanner et nous n'avons pas grand-chose à part notre imagination et notre expérience pour prédire le comportement de la prothèse à l'intérieur de l'aorte", a déploré le Pr Albertini.

    Alors pour palier le manque de visibilité pré-opératoire, le chirurgien a imaginé la création d'un "jumeau numérique de l'aorte". Et avec trois associés (Alban Molle, banquier d'affaires, David Perrin, ingénieur des Mines, et Stéphane Avril, professeur aux Mines-Télécom Saint-Etienne), il a lancé PrediSurge en mai 2017.

    La start-up a pour objectif de mettre au point un logiciel "qui permet à partir des prothèses aortiques et des images des scanners d'aortes de faire de la simulation", a expliqué le professeur cardiologue.

    C'est cette technologie que la petite société se prépare à promouvoir au CES de Las Vegas -la grand-messe de la tech- en janvier. "L'occasion de rencontrer de nouveaux investisseurs et de faire connaître PrediSurge aux autres participants", a commenté le Pr Albertini.

    Concrètement, la technique de simulation numérique, également appelée in silico, est sollicitée pour "voir la prothèse et son comportement dans l'aorte", permettant "donc de la dimensionner, de la modifier avant l'intervention pour avoir le moins de difficultés possible pendant l'opération".

    La simulation numérique peut donc être utilisée avant l'intervention pour aider le médecin dans sa décision, lorsqu'il envisage de mettre en place une endoprothèse aortique, mais elle peut aussi être utilisée pendant l'intervention pour aider à la pose.

    "Avec la simulation, nous pouvons faire fusionner les données d'imagerie du patient et faire comme une carte 3D de l'aorte et de l'endoprothèse. Cela faciliterait l'intervention. C'est encore en phase de travail mais nous voyons le potentiel que cela représente", a détaillé le Pr Albertini.

    (Crédits: Mines Saint-Etienne/PrediSurge)

    "Aujourd'hui, on fait des tests avec des modèles plastiques ou silicones mais cela prend du temps et représente un coût. L'idée serait -d'ici quelques années- d'utiliser et d'enrichir une base de données de modèles de prothèses aortiques pour faire du testing simulé."

    Pour leur logiciel, les quatre associés de PrediSurge privilégient pour l'instant le mode SaaS (software as a service ou logiciel en tant que service) mais n'excluent pas d'évoluer vers un logiciel interfaçable avec les PC des professionnels de santé.

    "A la commercialisation, nous allons vendre une prestation que nous réaliserons de 'A à Z'. Nous travaillons patient par patient", a expliqué Jean-Noël Albertini.

    Si PrediSurge propose une solution "globale", c'est parce que la start-up travaille aussi avec "un industriel" -dont le nom est gardé secret- qui est en charge de la production des endoprothèses.

    Publication des résultats d'une étude "à la fin du 1er trimestre 2019"

    En attendant la commercialisation de sa solution, la start-up a mis en place une étude avec les centres de chirurgie vasculaire de Saint-Etienne, Lyon, Bordeaux et Metz mais aussi un centre en Autriche et un autre aux Pays-Bas. "L'étude sera publiée dans quelques mois, d'ici à la fin du 1er trimestre 2019, mais nous commençons à avoir des résultats assez satisfaisants", a précisé le Pr Albertini.

    Dans les établissements de santé, la prochaine étape pourrait être de proposer la solution PrediSurge directement aux services de cardiologie mais "pour qu'un établissement de santé utilise cette technologie, il faut qu'il puisse voir le logiciel remboursé comme un dispositif médical et cela nécessite plusieurs étapes et un budget", a-t-il expliqué.

    Si le prix de la solution n'a pas été fixé, la question du financement "est importante" pour PrediSurge, dont les développements sont "longs", donc coûteux. "C'est pour cela que nous nous sommes alliés à un industriel: il y trouve son compte et a plus de moyens que nous."

    Pour son lancement, PrediSurge a compté sur les fonds propres de ses fondateurs, de quelques investisseurs issus des entourages familiaux ou professionnels, de business angels, d'avocats d'affaires et de deux amis travaillant dans un fonds d'investissement.

    PrediSurge a aussi levé des fonds auprès d'institutions comme la banque publique d'investissement Bpifrance et la métropole de Saint-Etienne.

    "Au total, nous avons récolté quelques centaines de milliers d'euros", a indiqué Jean-Noël Albertini, qui n'a pas souhaité divulgué le montant de la levée.

    La start-up prévoit de réaliser "prochainement" une levée de fonds pour poursuivre le développement de son logiciel de simulation et envisager plusieurs recrutements. Elle compte actuellement cinq salariés (ingénieurs en R&D et développeurs) et d'ici au début de l'année 2019, le Pr Albertini espère qu'ils seront "une petite dizaine".

    Wassinia Zirar

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