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    Etudes

    Parkinson: les actimètres portables utiles pour adapter le traitement médicamenteux

    HONG KONG (TICpharma) - Les actimètres portables permettent de mesurer au quotidien les symptômes moteurs des patients parkinsoniens et d'adapter le traitement médicamenteux pour qu'il soit plus efficace, ce qui semble réduire les coûts de prise en charge, ont suggéré plusieurs études présentées au congrès de l'International Parkinson and Movement Disorder Society (MDS), qui s'est tenu début octobre à Hong Kong.

    Les actimètres sont des appareils se présentant souvent sous la forme d'une montre ou d'un bracelet qui mesurent et enregistrent les mouvements. Ils sont développés dans la maladie de Parkinson pour évaluer les symptômes en vie réelle dans un objectif d'optimisation thérapeutique mais leur bénéfice clinique reste à démontrer, rappelle-t-on.

    Plusieurs études présentées au congrès MDS ont suggéré l'intérêt de ces appareils dans la prise en charge des patients parkinsoniens, notamment pour un suivi à distance et avec un potentiel effet bénéfique sur les coûts associés.

    Le Dr Stuart Isaacson du Movement Disorders Center à Boca Raton (Floride) et ses collègues rapportent les résultats d'une étude pilote multicentrique, en ouvert, évaluant l'impact du dispositif Kinesia 360 (Great Lakes NeuroTechnologies) pour la prise en charge des patients débutant un traitement par rotigotine en patchs transdermiques (Neupro, UCB Pharma).

    Dans cette étude financée par UCB, 39 patients avec des symptômes moteurs mal contrôlés ont été randomisés entre le port de l'actimètre et l'absence du système avant l'initiation de la rotigotine, selon le résumé de la communication.

    Après 3 mois, une amélioration des activités de la vie quotidienne significativement plus importante était observée chez les patients suivis par actimètre, avec une baisse de 2,1 points sur le score UPDRS II contre -0,5 point dans le groupe contrôle. Une amélioration des troubles moteurs était également observée, avec une baisse de respectivement 5,3 points vs -1 point, soit une différence cliniquement mais pas statistiquement significative.

    La dose moyenne de rotigotine était plus élevée chez les patients suivis par actimètre à la fin de l'étude, avec 4,8 mg/j vs 3,9 mg/j dans le groupe contrôle, avec une hausse de la posologie en cours d'étude également plus importante (+2,9 mg/j vs +1,9 mg/j), et des adaptations posologiques plus nombreuses (2,8 vs 1,8 en moyenne).

    Ces résultats suggèrent que le suivi à distance des patients à domicile a permis des ajustements posologiques plus fréquents et une dose plus élevée de rotigotine. Ce serait le reflet d'une évaluation plus minutieuse des patients et cela a conduit à de meilleurs scores UPDRS, commentent les chercheurs.

    Cette étude étant exploratoire, les effets encourageants observés doivent encore être confirmés dans d'autres essais. Mais ils suggèrent que le suivi objectif et en continu des symptômes moteurs de la maladie de Parkinson, associé à la prise en charge habituelle, pourrait optimiser la prise de décision et améliorer l'évolution des patients, notamment ceux qui débutent un traitement par rotigotine, concluent-ils.

    Dans une étude suédoise observationnelle, Dongni Johansson de l'université de Göteborg et ses collègues ont suivi 28 patients ambulatoires et évalué l'ajustement posologique que leur traitement par lévodopa en fonction de leurs symptômes moteurs enregistrés à l'aide de l'actimètre portable Parkinson KinetiGraph (PKG, Global Kinetics Corporation).

    Les patients inclus étaient initialement sous doses stables de lévodopa, avec des intervalles d'administration de 4 heures ou moins. Les doses en journées ont été changées par une association faiblement dosée de lévodopa à 5 mg + carbidopa 1,25 mg, délivrée par un dispositif doseur avec des rappels programmables. Après deux semaines, les doses étaient ajustées en fonction des enregistrements relevés sur l'actimètre et d'un entretien avec le patient.

    La dose quotidienne de lévodopa a été augmentée de 15% (112 mg) et l'intervalle d'administration a été réduit de 12% (22 min). Après l'ajustement posologique, les scores UPDRS II et III, la qualité de vie spécifique PDQ-8 et les détériorations motrices de fin de doses ont été améliorées, rapportent les chercheurs dans le résumé de leur communication mais sans communiquer les données chiffrées.

    Ces résultats suggèrent que le recours à un actimètre pour suivre les symptômes moteurs et un dispositif doseur pour une adaptation posologique du traitement semble améliorer les troubles moteurs et la qualité de vie à court terme.

    Une équipe australienne rapporte également des données suggérant que la mesure objective au quotidien des symptômes moteurs permet d'améliorer la prise en charge et l'évolution clinique des patients.

    La mesure objective des symptômes profite à une majorité de patients

    Le Pr Malcolm Horne du Florey Institute of Neuroscience and Mental Health à Parkville (Australie) et ses collègues rappellent que l'ajustement thérapeutique dépend des objectifs fixés. Pour cette étude, 103 patients ont été évalués et, selon l'analyse des données motrices relevées avec l'appareil PKG faite par quatre neurologues expérimentés, 78% étaient en dehors des objectifs thérapeutiques (patients non contrôlés) et une modification du traitement oral a été recommandée pour 74% d'entre eux.

    Pour ces patients, les troubles moteurs ont continué d'être mesurés par actimètre pour savoir si l'objectif thérapeutique était atteint. A la fin de l'étude, 48% des patients étaient contrôlés et, pour ces patients, le score total UPDRS et la qualité de vie étaient améliorés. Lorsque les patients étaient en dehors des objectifs, les experts déterminaient soit l'existence d'une contre-indication soit proposaient de passer à un autre traitement.

    Cette étude suggère qu'une part importante de patients semble bénéficier d'une évaluation objective de leurs symptômes à l'aide d'un actimètre portable, concluent les chercheurs.

    Le Pr Simon Jones de l'université de Cardiff (Royaume-Uni) et ses collègues ont des résultats comparables pour 70 patients rapportant des symptômes sévères ou une aggravation récente de leurs symptômes. Ils ont été équipés d'un actimètre PKG et l'analyse de leur activité à domicile a confirmé l'impression clinique des patients pour les trois quarts (76%). Pour 18%, les enregistrements ont révélé une bradykinésie ou une dyskinésie.

    Sur la base des données d'actimétrie, un changement thérapeutique a été décidé pour 34% des patients, avec notamment une adaptation posologique pour 4 patients auxquels un autre type de traitement était initialement envisagé tandis que pour 5 autres, un traitement avancé a finalement été proposé. Pour deux patients, le diagnostic a été révisé.

    Un bénéfice potentiel sur les coûts de prise en charge

    Trois études suggèrent également que le recours à un actimètre semble avoir aussi un impact en termes économiques, notamment une étude de Global Kinetics Corporation. Dans une modélisation, Peter Lynch et ses collègues estiment que l'apport de leur dispositif PKG pour le suivi des patients à domicile à l'évaluation du neurologue spécialiste des troubles du mouvement permet un gain de 0,13 année de vie ajustée sur la qualité de vie (QALY) par rapport au neurologue seul et à une économie de 962 $ par patient en raison d'un recours moindre aux ressources médicales.

    Dans une autre étude, l'équipe de Global Kinetics Corporation rapporte une estimation économique à partir des données de suivi issues d'une cohorte de 103 patients. Parmi eux, 80 n'étaient pas contrôlés; 33 d'entre eux avaient un traitement oral dont l'effet sur les troubles moteurs a été mesuré à l'aide de l'actimètre. Ils ont estimé que l'amélioration de la prise en charge a contribué à une économie de 1.719 $ par patient sur 12 mois.

    Thea Dominey de l'université de Plymouth (Royaume-Uni) et ses collègues ont fait une estimation à partir de données collectées en vie réelle auprès de 216 patients suivis à distance, 104 nouveaux patients, 107 suivis de longue date et 5 en prise en charge complexe. Dans 93% des cas, l'analyse des données d'actimétrie a permis de mettre en oeuvre des changements thérapeutiques à distance.

    La grande majorité des patients (81%) ont déclaré être satisfaits de ne pas avoir à se déplacer pour voir leur médecin. Les chercheurs ont calculé que le suivi à distance à l'aide de l'actimètre a permis de réduire les consultations de suivi de moitié, correspondant à une économie estimée de 104.000 £ (117.500 euros) pour un groupe de 250 patients.

    Quelques autres actimètres sont mentionnés dans les résumés des communications du congrès mais c'est Global Kinetics Corporation qui est n°1 de ce marché. Il rapporte dans une étude les résultats d'une base de données mondiale, avec des enregistrements de plus de 20.000 patients entre janvier 2012 et mars 2018.

    Luu Ly Do Quang

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